Chez lui Ă Paris le 13 janvier. © Patrick Fouque / Paris Match 24/01/2021 Ă 0535, Mis Ă jour le 23/01/2021 Ă 1838 Le journaliste et homme de lettres sâattaque sans complexe aux vertiges de lâĂąge dans son nouveau roman, ... mais la vie continue ». Vieillir est un mĂ©tier Ă temps complet. On sâobserve, on sâausculte, on sâinquiĂšte. Certains noms propres se retirent de la mĂ©moire sur la pointe des pieds. WikipĂ©dia est lĂ dĂ©sormais mais certains se refusent Ă y aller trop vite. Surtout ne pas encourager la paresse des neurones ! Avoir des rides au front nâoblige pas Ă en avoir au cerveau. Evidemment, il y a Alzheimer. Cette horreur joue auprĂšs des personnes ĂągĂ©es le rĂŽle de lâogre auprĂšs des enfants. On lui livre des combats en ligne Ă lâaide des mots croisĂ©s ou du Sudoku. Ou bien, comme Bernard Pivot, on se requinque avec la lecture, cette bonne vieille aussi Bernard Pivot "Goncourt, mon amour" La suite aprĂšs cette publicitĂ© Autrefois, câĂ©tait presque une marĂątre. Pour Apostrophes », il fallait engloutir des centaines de pages par semaine. A la prĂ©sidence du Goncourt, lâĂ©tĂ© tournait Ă lâĂ©preuve de force. Aujourdâhui, câest une nymphe. Il nâa plus que sa chronique du Journal du dimanche ». Câest dâailleurs un paradoxe qui le laisse rĂȘveur quand on est jeune et quâon a la vie devant soi, on est toujours pressĂ© ; devenus vieux, quand lâavenir nous est mesurĂ©, on prend tout son temps. Bizarre. Mais pas dĂ©sagrĂ©able on savoure vite la lenteur. Si les autres sâagitent, grand bien leur fasse. La suite aprĂšs cette publicitĂ© Lire aussi Bernard Pivot bouillonne de questions Comme disait Balzac, les vieillards sont des gens qui ont dĂźnĂ© et regardent les autres manger. Inutile de sâĂ©nerver. Pivot, par exemple, Ă©tait nĂ© impatient. Ăa lui est passĂ©. Plus question pour lui de sâĂ©chauffer Ă tort et Ă travers. Il faut se tenir soi-mĂȘme Ă lâĆil. Avec le grand Ăąge, les qualitĂ©s se bonifient, tout comme les dĂ©fauts sâaggravent. TrĂšs bonne raison pour ne pas se laisser aller. La suite aprĂšs cette publicitĂ© La suite aprĂšs cette publicitĂ© Vous ne ferez pas dire Ă Pivot que câĂ©tait mieux avant. Dâabord parce quâil trouve lâaffirmation idiote ; ensuite parce quâelle trahit trop vite son vieux con ». Cela dit, la politesse ancienne lui manque. Et, contrairement Ă lâĂ©poque, il ne hisse pas la dĂ©rision au rang de vertu hygiĂ©nique. Il se demande mĂȘme si, autrefois, on nâavait pas plus de considĂ©ration pour les vieux. Peut-ĂȘtre aussi parce quâil y en avait moins. Promis il va y rĂ©flĂ©chir. Mais plus tard. Pour lâinstant, il sort un nouveau livre. Son sujet le quatriĂšme Ăąge. Je vous rassure rien du ronchon professionnel qui rĂ©pand son venin. Rien non plus du papy philosophe qui prend tout avec Jurus, son personnage, 82 ans, a beau se tasser, avoir du mal Ă lacer ses chaussures, pester contre son ordinateur et trouver quâil a parfois la tĂȘte aussi lourde que les jambes, il reste un parfait sosie de Pivot le bon vivant qui prend tout avec ironie mais ne se cache pas derriĂšre son petit doigt. Sâil faut appuyer lĂ oĂč ça fait mal, il va le faire. Et pas de pudibonderie, non plus. La littĂ©rature a souvent des pudeurs de petite cuillĂšre dĂšs quâelle aborde la sexualitĂ© des gens ĂągĂ©s. Rien de tel. Ce Jurus a lâĆil et le bon. Il voit tout des huit copains et copines dont il parle dans son livre. Et il dit tout. Ăa fait beaucoup de bien. Une vraie bourrasque de fraĂźcheur et dâironie dans une annĂ©e plombĂ©e par lâatmosphĂšre dâEhpad qui sâest abattue sur lâ est allĂ© interroger lâauteur. Lui a 85 ans. Et, avec ça, toujours la bougeotte. CâĂ©tait ma quatriĂšme interview avec lui en vingt ans. Eh bien, câĂ©tait Ă une quatriĂšme adresse. Il ne change pas. Comment fait-il ? RĂ©ponse en 220 pages. JâĂ©cris pour garder lâesprit vif, joyeux et curieux Paris Match. A quel Ăąge ĂȘtes-vous devenu vieux ? Bernard Pivot. Le jour de mes 80 ans. Je me suis dit que jâentrais dans le grand Ăąge. Avant, je nây avais jamais pensĂ©. LĂ , jâai songĂ© que ma vie aurait une fin. Un drĂŽle dâeffet. Mes 80 premiĂšres annĂ©es Ă©taient passĂ©es comme une lettre Ă la poste. Je me suis dit âchapeau !â Mais des amis sont partis. Certains avaient mon Ăąge. Je me consolais en me disant que chaque annĂ©e a son quota de dĂ©parts et que le leur me laissait un rĂ©pit. Mais que tout cela passe vite. Jâen suis Ă 85. Et, croyez-moi, 85 ce nâest pas 82. Câest comme entre 7 ans et 10 ans. Chez les vieux, câest comme chez les tout jeunes. Les petites diffĂ©rences deviennent Ă©normes. "JâĂ©vite de rĂąler pour ne pas avoir lâair bougon" Est-il dur dâĂȘtre un vieux monsieur ? On sent son Ăąge. Tout vous inquiĂšte. Parfois le corps en a marre. Votre moi mĂ©dical sâempare du moindre pĂ©pin. Câest pourquoi jâĂ©cris. Pour garder lâesprit vif, joyeux et curieux. Diriez-vous quâil nâa jamais Ă©tĂ© aussi facile dâĂȘtre vieux ou que ça nâa jamais Ă©tĂ© aussi frustrant ? Les deux, bien sĂ»r. MoliĂšre est mort Ă 51 ans, Ă©puisĂ©. Aujourdâhui, câest la force de lâĂąge. Ăa allonge lâespoir. Le jeunisme, en revanche, peut ĂȘtre blessant. Câest le nouvel apartheid. DĂšs quâon parle de vous dans un journal, on donne votre Ăąge. On ne signale ni vos qualitĂ©s, ni vos dĂ©fauts, on commence par votre fiche dâĂ©tat civil."Les tweets peuvent ĂȘtre un enfer. Et un enfer dangereux. " Est-ce que ce sont vos qualitĂ©s qui sâĂ©panouissent ou vos dĂ©fauts qui sâaggravent ? Mon grand dĂ©faut Ă©tait lâimpatience. Je la maĂźtrise beaucoup mieux. Mais, surtout, jâĂ©vite de rĂąler pour ne pas avoir lâair bougon. Il faut nâavoir pas connu les annĂ©es 1940 pour croire que câĂ©tait mieux avant. On passe vite pour un vieux con. Et les jeunes filent Ă tiredâaile. A juste titre. Vous nâavez pas de nostalgies ? Si, naturellement. Certaines pĂątisseries, par exemple, comme les âconversationsâ, un gĂąteau qui a disparu. Et, plus sĂ©rieusement, une forme de rapports entre les hommes et les femmes. Aujourdâhui, la galanterie est presque une prise de risque. On est vite soupçonnĂ© de mĂ©pris ou dâagression sexiste. Mais, dâun autre cĂŽtĂ©, que dâavantages ! Lâordinateur simplifie tellement la vie. Je me rappelle, dans les annĂ©es 1950, quand je retrouvais Bouvard Ă minuit au marbre du journal pour dicter nos papiers directement aux linotypistes. Et puis quels plaisirs dans la presse ! Les patrons ne sont plus par-dessus votre Ă©paule. On est plus libre de ses mouvements, de son temps, de ses jugements. En revanche, les tweets peuvent ĂȘtre un enfer. Et un enfer dangereux. Pour moi, quand on est journaliste, on ne balance pas nâimporte quoi."En me cachant derriĂšre les neuf personnages du livre, jâaborde des thĂšmes dĂ©licats que je nâaurais pas traitĂ©s si jâavais parlĂ© de moi" Etes-vous devenu une personne fragile ? Jâai toujours Ă©tĂ© prudent. Quand je jouais au foot, en milieu de terrain, Ă lâĂ©poque on disait quâon jouait inter », je me rangeais des voitures quand jâaffrontais les grosses brutes qui cassent du bois. Donc je le suis restĂ©. Le confinement ne mâa ni gĂȘnĂ© ni vexĂ©. De toute façon, jâai vĂ©cu confinĂ© des dizaines dâannĂ©es. Je lisais du matin au soir. CâĂ©tait ma vie. Pourquoi avoir Ă©crit un roman plutĂŽt quâun essai allĂšgre sur le grand Ăąge ? Disons que câest une chronique romanesque. Sans doute ai-je choisi cette formule par pudeur. Je ne voulais pas parler de ma santĂ©. En me cachant derriĂšre les neuf personnages du livre, jâaborde des thĂšmes dĂ©licats que je nâaurais pas traitĂ©s si jâavais parlĂ© de moi. La sexualitĂ©, par exemple, est un vrai tabou en littĂ©rature. Je nâai pas de souvenirs de bons livres sur ce thĂšme. Peut-ĂȘtre un ouvrage japonais sur un vieux couple. Me cacher derriĂšre les copains de ce livre Ă©tait trĂšs amusant. Un dĂ©doublement excitant pour lâesprit."Ce qui fait peur, câest la vraie solitude. Celle quâon ne partage avec personne." Avez-vous peur dâentrer un jour dans un Ehpad ? JâespĂšre y Ă©chapper. Je suis dans une situation privilĂ©giĂ©e car jâai deux filles que jâaime et qui mâaiment. Tant mieux car je dois dire quâau printemps dernier le spectacle des caravanes de cercueils sortant de ces Ă©tablissements Ă©tait saisissant et affreux. Parfois, en plein sommeil, jây songe. Mes personnages, eux, se fĂ©licitent de nây ĂȘtre pas. Ce qui fait peur, câest la vraie solitude. Celle quâon ne partage avec personne. Et puis le dĂ©labrement, le Trafalgar personnel. Comment imaginez-vous votre mort idĂ©ale ? Assis dans mon canapĂ©, et tout sâarrĂȘte. Ou bien, en train de relire un de mes auteurs prĂ©fĂ©rĂ©s, un Colette, un Voltaire, un Baudelaire ou un Giono. Avec, en fond sonore, un concerto de Mozart. Si vous rencontrez Dieu, quâespĂ©rez-vous quâil vous dise ? âAh, tiens, câest vous Pivot. Je vous attendais depuis longtemps. Pourriez-vous mâexpliquer enfin la rĂšgle des participes passĂ©s des verbes pronominaux ?â Comme je nâen serai pas capable, peut-ĂȘtre me renverra-t-il enquĂȘter sur le sujet. © Mais la vie continue », de Bernard Pivot, Ă©d. Albin Michel, 224 pages, 19,90 euros.
DĂ©cider de continuer Ă travailler alors que l'heure de la retraite a sonnĂ© depuis bien longtemps⊠Cela semblerait bien impensable Ă bon nombre de seniors. Et pourtant, certains ont fait ce choix par passion pour leur mĂ©tier qui est tout simplement leur raison de vivre ! Mais hĂ©las, arrive un moment oĂč le corps ne suit plus et la vieillesse les oblige Ă mettre un terme Ă leur longue carriĂšre⊠à 86 ans, Bernard Pivot aurait sans doute aimĂ© poursuivre encore quelque temps son activitĂ© de chroniqueur littĂ©raire dans les colonnes du Journal du Dimanche, mais c'Ă©tait compter sans sa santĂ© qui se dĂ©tĂ©riore chaque jour un peu plus. âCe qui me fait peur ? La mortâ, avouait-il dĂ©but janvier. Si Bernard cesse cette collaboration Ă laquelle il tenait tant, c'est qu'il est Ă bout de souffle, murmure-t-on dans le monde de l'Ă©dition. Il se dit mĂȘme qu'il serait au plus mal, ce qui expliquerait pourquoi le JDD a publiĂ© ce dimanche 30 janvier cette chronique en forme de mort annoncĂ©e dans laquelle la journaliste Anna Cabana a adressĂ© Ă l'homme de lettres un vibrant message d'adieu. Notre Ă©ternel professeur de littĂ©rature national, notre hĂ©ros de l'orthographe, notre Apostropheur en chef, bouillonnant de culture et d'exigence, notre chroniqueur facĂ©tieux et fidĂšle, piquant et ponctuel, prend sa retraite », Ă©crit avec lyrisme l'Ă©pouse de Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Ăducation nationale. Mais l'intĂ©ressĂ© a-t-il Ă©tĂ© en mesure de lire cet hommage plein de fougue ? Rien n'est moins sĂ»r. HospitalisĂ© depuis un mois selon nos informations, l'homme de lettres qui vient tout juste de publier un recueil de souvenirs ⊠Mais la vie continue, serait trĂšs affaibli. Sentait-il dĂ©jĂ ses forces l'aban-donner lorsqu'en 2018, sur les conseils de [s]on mĂ©decin », il avait annoncĂ© annuler la tournĂ©e de son spectacle, adaptĂ© de son livre Au secours, les mots m'ont mangĂ© ! en raison d'un gros coup de fatigue », comme il le confiait alors Ă Nice-Matin ? Puis, l'annĂ©e suivante, il quittait Ă la surprise gĂ©nĂ©rale la prĂ©sidence de l'acadĂ©mie Goncourt, une fonction qu'il occupait depuis cinq ans et dans laquelle il s'Ă©tait beaucoup investi. Une fois encore, son Ăąge s'Ă©tait rappelĂ© Ă lui. Avec courage, il continuait pourtant Ă dĂ©livrer son billet toutes les semaines dans le JDD, comme il en avait pris l'habitude depuis trente ans, jusqu'Ă ce qu'il soit admis Ă l'hĂŽpital. InvitĂ© d'Augustin Trapenard sur France Inter dans l'Ă©mission Boomerang, le 4 janvier dernier, quelques jours seulement avant son hospitalisation, le lĂ©gendaire prĂ©sentateur d'Apostrophes et de Bouillon de culture s'Ă©tait laissĂ© aller Ă des confidences troublantes Ce qui me fait peur ? La mort. J'ai toujours pensĂ© Ă la mort. Quand mon meilleur ami est mort, j'avais 40 ans, et lui en avait vingt de plus. Plus on avance en Ăąge, plus on se dirige vers l'acte final et plus on y pense. » EspĂ©rons que ces bouleversants aveux ne laissent pas augurer du pire. ValĂ©rie EDMONDBernardPivot n'a fait que donner la parole Ă un Ă©crivain qui Ă©tait alors rĂ©putĂ© : En 1981, son roman Ivre du vin perdu, louĂ© par Philippe Sollers dans Le Monde, s'Ă©tait vendu Ă 20 000 exemplaires. Il Ă©tait dĂ©jĂ laurĂ©at du prix Mottart de l'AcadĂ©mie française et serait bientĂŽt officier des Arts et des Lettres.
Ce n'est pas la premiĂšre fois que Bernard Pivot Ă©crit sur sa vie. Et encore une fois, il le fait en ayant recours Ă un subterfuge, en se plaçant derriĂšre un paravent. Fait-il cela par pudeur ? Par crainte d'ennuyer les lecteurs en leur livrant des fragments tout simples de son parcours ? Toujours est-il que pour Ă©crire La mĂ©moire n'en fait qu'Ă sa tĂȘte, le plus cĂ©lĂšbre des journalistes littĂ©raires de la francophonie s'est emparĂ© de souvenirs ayant resurgi grĂące Ă des lectures afin de parler de lui. C'est une question de mĂ©moire, dit-il lors d'un entretien tĂ©lĂ©phonique que j'ai eu avec lui mercredi dernier. Tous les gens qui Ă©crivent leur autobiographie doivent obliger leur mĂ©moire Ă la chronologie. C'est une contrainte que je n'avais pas envie de m'imposer. Je me suis aperçu que plus j'avance en Ăąge et plus je m'arrĂȘte dans mes lectures. Tel personnage, telle scĂšne ou tel mot me rappelle des souvenirs. Ceux que je relate dans le livre me sont venus par ricochet, en lisant. J'ai d'ailleurs failli appeler ce livre Ricochet. » Ces souvenirs qui sont remontĂ©s Ă la surface Ă©voquent des rencontres exaltantes, par exemple celle de Karen Blixen, l'auteure du Festin de Babette, qui, aux yeux de Pivot, aurait eu besoin de manger un peu plus tant elle lui est apparue famĂ©lique. Elle ressemblait Ă Nosferatu, le vampire de Murnau », Ă©crit-il. Il aborde Ă©galement des thĂšmes plus anodins, des bagatelles, des sottises, des frivolitĂ©s », comme la ponctualitĂ©, un sujet qui lui est venu en repensant Ă une entrevue qu'il a faite en 1988 pour Paris Match avec les trois candidats Ă l'Ă©lection prĂ©sidentielle. Alors que Chirac fut Ă l'heure et que Raymond Barre eut cinq minutes de retard, François Mitterrand se prĂ©senta avec une bonne demi-heure de retard. Celui qui a dĂ» faire preuve d'une ponctualitĂ© exemplaire au cours de ses 28 annĂ©es d'Ă©missions hebdomadaires a toujours eu un prĂ©jugĂ© favorable pour les gens qui sont Ă l'heure. Mais Ă force de veiller Ă ne jamais ĂȘtre en retard avec les autres, on en vient Ă exiger d'ĂȘtre Ă l'heure avec soi-mĂȘme. HĂ©las ! Je ne suis pas toujours exact Ă mes propres rendez-vous. Il m'arrive mĂȘme de me poser des lapins », peut-on lire dans un extrait de La mĂ©moire n'en fait qu'Ă sa tĂȘte Les courts chapitres qui composent ce livre sont un pur dĂ©lice pour qui apprĂ©cie le maniement de la langue française. Et comme toujours, Pivot le fait avec modestie et mesure. On dĂ©note mĂȘme chez lui un quasi-sentiment d'infĂ©rioritĂ©. Ainsi, il parle Ă quelques reprises de son ignorance », de son incapacitĂ© Ă rivaliser avec les poĂštes ou les grands Ă©pistoliers pour sĂ©duire les femmes. Je souligne cet aspect dans une question. Ah ! C'est une remarque originale, me dit-il. On ne me l'a jamais faite en France. En effet, je crois que c'est une contestation de l'idĂ©e qu'on se fait de moi. J'ai eu des Ă©checs dans ma vie, amoureux, scolaires et professionnels. Ces petites Ă©corchures me sont revenues », ajoute celui qui prĂ©side aujourd'hui l'AcadĂ©mie Goncourt. Pivot et la bandaison J'ai aimĂ© ce livre, entre autres parce qu'il casse l'image que l'on se fait, du moins au QuĂ©bec, de Bernard Pivot, un homme en apparence trĂšs sĂ©rieux. J'avoue que le chapitre intitulĂ© Une fille bandante m'a quelque peu surpris. Ah oui ! Pourquoi ? me demande Pivot en rigolant. J'aime beaucoup rire dans la vie. Et faire rire les gens. En lisant un livre de Jean Echenoz, je me suis rendu compte que je n'avais jamais osĂ© utiliser ce terme dans un journal ou dans un livre. Je me suis penchĂ© sur ce mot et j'ai trouvĂ© qu'il Ă©tait trĂšs pratique. Le Grand Robert l'accepte, tandis que Le Petit Larousse le juge vulgaire. Il propose plutĂŽt "ĂȘtre en Ă©rection". Mais l'Ă©rection, c'est le rĂ©sultat, alors que bander, c'est Ă la fois l'acte et le rĂ©sultat. C'est plus intĂ©ressant. J'aime rĂ©flĂ©chir sur les mots et j'aime m'amuser avec les mots. D'ailleurs, je fais dans ce chapitre un trĂšs mauvais jeu de mots en parlant de "la bandaison de la crĂ©maillĂšre". » Bernard Pivot profite de ce livre pour remettre les pendules Ă l'heure sur certaines choses, notamment son dĂ©part du Figaro littĂ©raire, en 1974, avec l'arrivĂ©e de Jean d'Ormesson. Ce dernier, fraĂźchement nommĂ© directeur du quotidien, devait procĂ©der Ă une rĂ©forme du journal. Et celle-ci devait, entre autres, passer par la nomination de Bernard Pivot comme chef des services culturels. Cette nomination Ă©tait dĂ©jĂ approuvĂ©e par le propriĂ©taire du quotidien, Jean Prouvost. Mais voilĂ , d'Ormesson s'est laissĂ© convaincre par certains, dont AndrĂ© Malraux, que ce poste ne devait pas ĂȘtre occupĂ© par Pivot qui, sentant qu'il Ă©tait temps pour lui de quitter le navire, s'est retirĂ©. Des dĂ©cennies plus tard, Bernard Pivot ne tient pas rigueur Ă d'Ormesson pour cela. Je ne suis pas du tout rancunier. Je suis mĂȘme trĂšs ami avec lui. Je vais dĂ©jeuner chez lui de temps en temps. Si je n'avais pas eu ce diffĂ©rend avec lui, je n'aurais pas fait une carriĂšre Ă la tĂ©lĂ©vision. » En revanche, il a des mots durs pour son ex-collĂšgue François Mauriac, qui, pendant les sept annĂ©es oĂč il fut collaborateur au Figaro littĂ©raire, n'a jamais daignĂ© pousser la porte du bureau oĂč travaillaient les journalistes littĂ©raires du journal, dont faisait partie Bernard Pivot. Je crois qu'il n'avait pour nous que de l'indiffĂ©rence, Ă©crit Pivot. MĂȘme si nous signions des articles Ă la suite des siens, nous n'Ă©tions Ă ses yeux que les soutiers de l'hebdomadaire qui battait pavillon Mauriac. » Lorsque Mauriac eut 80 ans et que les hommages fusaient de toutes parts, Le Figaro dĂ©cida de lui offrir un cadeau et demanda aux employĂ©s de cotiser. Pivot refusa net de participer Ă cette collecte. Fou de Twitter Avant de connaĂźtre la popularitĂ© avec l'animation d'Ă©missions littĂ©raires et culturelles comme Apostrophes et Bouillon de culture, Bernard Pivot a Ă©crit pour de nombreux journaux et magazines. Qu'en est-il de son regard sur le traitement que les mĂ©dias accordent aujourd'hui Ă la littĂ©rature ? Le journalisme littĂ©raire n'est plus aussi intĂ©ressant qu'il l'Ă©tait il y a 40 ou 50 ans. Il y avait des Ă©coles littĂ©raires, des revues littĂ©raires, des cocktails littĂ©raires. Tout cela a un peu disparu. En partie d'ailleurs Ă cause de la tĂ©lĂ©vision. » La vie littĂ©raire se rĂ©sume aujourd'hui aux prix et aux salons. En dehors de cela, il n'y a plus grand-chose. Ce mĂ©tier de courriĂ©riste littĂ©raire que j'ai fait pendant 15 ans, j'aurais du mal Ă l'exercer aujourd'hui. » Ă 81 ans, Bernard Pivot demeure un homme de son temps. Il ne craint pas les nouvelles technologies, encore moins les rĂ©seaux sociaux qu'il juge utiles ». J'aurai bientĂŽt 500 000 abonnĂ©s sur mon compte Twitter, dit-il fiĂšrement. Les rĂ©seaux sociaux sont une invention extraordinaire et je ne vois pas pourquoi je ne profiterais pas des inventions des plus jeunes. Ăvidemment, si c'est pour Ă©crire des conneries, des trucs antisĂ©mites ou homophobes, alors c'est non, c'est dĂ©gueulasse. C'est une Ă©cole de la concision, ça vous oblige Ă un exercice mental et de style trĂšs profitable pour la santĂ© du cerveau. C'est quand mĂȘme formidable de lancer des messages tous les matins qui sont repris par des dizaines de milliers de personnes dans le monde. » La derniĂšre visite de Bernard Pivot au QuĂ©bec remonte Ă 2015, lors du Salon du livre de QuĂ©bec oĂč il a occupĂ© le rĂŽle de prĂ©sident d'honneur. J'espĂšre y retourner. Vous savez comment j'aime le QuĂ©bec et je suis ravi de savoir qu'on s'intĂ©resse toujours Ă moi chez vous. » En effet, on ne vous oublie pas, cher Bernard Pivot. Et nous sommes heureux de voir que vous n'oubliez pas les plus beaux fragments de votre vie. Ă nous aujourd'hui de les savourer. La mĂ©moire n'en fait qu'Ă sa tĂȘteBernard PivotAlbin Michel228 pages image fournie par Albin Michel La mĂ©moire n'en fait qu'Ă sa tĂȘte photo fournie par tv5 Bernard Pivot Ă l'Ă©poque de Bouillon de culture, diffusĂ©e de 1991 Ă 2001.
BernardPivot a annoncĂ© ce mardi sa dĂ©mission de l'AcadĂ©mie Goncourt, dont il Ă©tait le prĂ©sident depuis 2014. Culture Mars 2019 MusĂ©e des tissus de Lyon : "On ne veut pas le sauver, on veut Voici toutes les solution Pour Bernard Pivot, il Ă©tait de culture. CodyCross est un jeu addictif dĂ©veloppĂ© par Fanatee. Ătes-vous Ă la recherche d'un plaisir sans fin dans cette application de cerveau logique passionnante? Chaque monde a plus de 20 groupes avec 5 puzzles chacun. Certains des mondes sont la planĂšte Terre, sous la mer, les inventions, les saisons, le cirque, les transports et les arts culinaires. Nous partageons toutes les rĂ©ponses pour ce jeu ci-dessous. La derniĂšre fonctionnalitĂ© de Codycross est que vous pouvez rĂ©ellement synchroniser votre jeu et y jouer Ă partir d'un autre appareil. Connectez-vous simplement avec Facebook et suivez les instructions qui vous sont donnĂ©es par les dĂ©veloppeurs. Cette page contient des rĂ©ponses Ă un puzzle Pour Bernard Pivot, il Ă©tait de culture. Pour Bernard Pivot, il Ă©tait de culture La solution Ă ce niveau bouillon Revenir Ă la liste des niveauxLoading comments...please wait... Solutions Codycross pour d'autres langues Celafaisait trente ans quâil livrait ses critiques littĂ©raires hebdomadaires dans les colonnes du Journal du Dimanche.Samedi 29 janvier, Bernard Pivot a annoncĂ© son dĂ©part Ă Bernard Pivot "Gardons lâesprit vif" âą Notre Temps Pourquoi avoir créé ce double littĂ©raire? Tout paraĂźt vrai, autobiographique. Bernard Pivot. Tout est vrai. Mais beaucoup de choses sont fausses! Ce nâest pas un roman, pas une autobiographie, plutĂŽt une chronique. Jâaurais aimĂ© appartenir au groupe dâamis octogĂ©naires que je mets en scĂšne. Inventer ce cĂ©nacle qui organise des dĂ©jeuners Ă thĂšme Ă©tait une maniĂšre, pour moi, de renouer avec "Apostrophes". Tous sont joyeux, mĂȘme sâils parlent beaucoup des "CI2A" ces quatre flĂ©aux de lâĂąge que sont le cancer, lâinfarctus, lâAVC et Alzheimer. Quant Ă mon narrateur, je ne suis plus lui et il nâest pas encore moi. Nous avons trois ans dâĂ©cart. PassĂ© 80 ans, trois ans, câest un temps extraordinaire. âą Vous donnez des conseils pour bien aborder cette pĂ©riode de la vie⊠Le plus dur a Ă©tĂ© pour moi de trouver le ton juste pour Ă©crire ce livre. Entre lâhumour, qui traduit un certain bonheur de vivre, et le cĂŽtĂ© moraliste, donneur de leçons. Si nous voulons garder une audience auprĂšs des jeunes, nous ne devons en aucun cas ĂȘtre ronchons ou passĂ©istes. Nous devons cultiver notre curiositĂ© pour le monde dans lequel nous trois des "CI2A" nous Ă©chappent, il en est un que nous pouvons tenter de retarder, câest Alzheimer. RĂ©unissons-nous, dĂ©battons, ayons une vie sociale, voyageons. Lorsque nous Ă©changeons ardemment, nous gardons lâesprit vif. âą Les pĂ©riodes de confinement sont terribles de ce point de vue! Oh, moi, je suis trois fois confinĂ©. DĂ©jĂ par mon activitĂ© de lecteur, socialement comme retraitĂ©, sanitairement comme personne Ă risque. Nous entrons dans une pĂ©riode oĂč lâimage des vieux change. Avant, on disait de nous ils vieillissent bien, leur espĂ©rance de vie augmente, ils sont actifs⊠Aujourdâhui, nous sommes considĂ©rĂ©s comme fragiles, au premier rang des victimes de la Covid. âą En sortant de lâĂ©cole de journalisme, vous publiez un roman. Est-ce donc naturellement que vous devenez journaliste littĂ©raire? Non, câest un hasard. Jâaurais voulu entrer Ă "LâĂquipe" mais lâĂ©cole mâa proposĂ© un poste au "Figaro littĂ©raire". Jâai travaillĂ© quinze ans en presse Ă©crite avant de faire ma premiĂšre Ă©mission, "Ouvrez les guillemets", en avril 1973. Ce soir-lĂ , Jacqueline Baudrier, ma patronne, mâa fait trois remarques "lâĂ©mission Ă©tait trĂšs mauvaise", "je devais abandonner ma veste de garçon de cafĂ©", mais "jâĂ©tais fait pour la tĂ©lĂ©vision". âąAvec "Apostrophes" vous ĂȘtes devenu plus connu que les auteurs que vous invitiez. Cette notoriĂ©tĂ© Ă©tait-elle importante pour vous? Câest un des grands dangers de la tĂ©lĂ©, contre lequel nous devons lutter surtout, ne pas se considĂ©rer comme la vraie vedette. Toutefois, cette notoriĂ©tĂ© Ă©tait le rĂ©sultat dâun travail et un gage de succĂšs pour lâĂ©mission. Jâai tout de mĂȘme reçu des gens beaucoup plus connus que moi! Mais il est vrai que jâai dit "Si je descends les Champs-ĂlysĂ©es entre Claude LĂ©vi-Strauss et Julien Green, câest Ă moi quâon demandera un Câest la perversion de la tĂ©lĂ©vision. âą Le beaujolais, le football⊠vous aimez mettre en avant vos goĂ»ts populaires. Jâai Ă©tĂ© mis en cause par des intellectuels de lâĂ©poque pour cette raison. Comment faire confiance Ă un journaliste littĂ©raire qui va voir des matchs de foot? Pour certaines personnes, il aurait Ă©tĂ© prĂ©fĂ©rable que je naisse dans le Bordelais et que je joue au tennis. Jâai Ă©crit alors un article intitulĂ© "Proust est-il soluble dans le beaujolais?" âą Quel Ă©crivain vous a le plus impressionnĂ©? Alexandre Soljenitsyne. Pas seulement en tant quâĂ©crivain, mĂȘme si "Une journĂ©e dâIvan Denissovitch" 1962 ou "Le Pavillon des cancĂ©reux" 1968 sont des grands livres. Câest un homme qui a marquĂ© lâhistoire. Il est celui qui a rĂ©sistĂ© aux trois flĂ©aux du XXe siĂšcle la guerre, le cancer, le goulag. âą Regrettez-vous dâavoir soutenu, au nom de la littĂ©rature, des auteurs aux comportements pervers, tel Gabriel Matzneff? Des annĂ©es 1970 aux annĂ©es 1990, la littĂ©rature, et mĂȘme le cinĂ©ma, Ă©tait au-dessus de la morale, des lois. Aujourdâhui, la morale a pris le dessus, câest un changement dâĂ©poque. On ne publierait plus "Lolita" de Nabokov, par exemple. âą Quâavez-vous Ă©prouvĂ© quand une de vos filles sâest mise Ă Ă©crire des romans? De la fiertĂ©. CĂ©cile a commencĂ© tard mais je lâai encouragĂ©e. JâĂ©tais content quâelle ait pris le goĂ»t des mots, de les agencer. Avec tous les livres qui encombraient la maison et qui mâaccaparaient, mes filles auraient pu dĂ©tester la lecture. CĂ©cile est la lectrice qui mâa le plus impressionnĂ©. Je me demande seulement si elle a eu raison de garder mon nom. âą Vous ĂȘtes trĂšs prĂ©sent sur Twitter. Est-ce votre maniĂšre de garder un lien avec le public? Certainement. Câest un moyen de dialoguer avec des gens que je ne connais pas et qui rĂ©agissent, en bien ou en mal. Jâai adorĂ© la contrainte des 140 signes. Elle me rappelait mes dĂ©buts dans le journalisme, quand on me confiait de courts papiers! Maintenant, on a droit Ă 280 signes, câest plus facile! Jâai atteint le million dâabonnĂ©s. Beaucoup me racontent leurs souvenirs dâ"Apostrophes". Certains, dâorigine Ă©trangĂšre, comme des chauffeurs de taxi, me disent quâils ont pratiquĂ© leur français grĂące Ă mes Ă©missions. Cela me rĂ©jouit! âą Bernard Pivot en six dates - 5 mai 1935 Naissance Ă 1958 DĂ©bute au "Figaro" aprĂšs des Ă©tudes de droit et de 1973 Anime sa premiĂšre Ă©mission littĂ©raire Ă la tĂ©lĂ©vision. "Apostrophes" prend le relais de 1975 Ă 1990. Puis "Bouillon de Culture", jusquâen 1975 Cofonde la revue mensuelle "Lire".- 2004 Entre au jury du prix Goncourt, quâil prĂ©side de 2014 Ă 2021 Fait paraĂźtre "⊠Mais la vie continue."Ă lire Guillaume, sorte de double littĂ©raire de Pivot, est un Ă©diteur Ă la retraite. Son plaisir rejoindre son groupe dâamis octogĂ©naires et deviser sur la vie, lâamour et les mouvements du monde. Une vision douce-amĂšre de lâĂąge. "⊠Mais la vie continue", Ă©d. Albin Michel, 19,90âŹ.BernardPivot, le rĂ©formateur de lâAcadĂ©mie Goncourt sâen va. A 84 ans, le prĂ©sident de lâAcadĂ©mie Goncourt a annoncĂ© vouloir « retrouver un libre et plein usage de son temps ». Il ne lâa pas volĂ©. LâAcadĂ©mie Goncourt nâest pas lâAcadĂ©mie française. On peut la quitter de son plein grĂ©, sans que ce soit pour des raisons
J'aime comment Falardeau semble gĂÂȘner, au final, d'entendre son texte lu par quelqu'un d'autre, accompagnĂ© d'Ă© quelqu'un de trĂšs humble, au final. Ilest le premier Ă avoir su imposer la transparence et surtout des rĂšgles de dĂ©ontologie Ă l'AcadĂ©mie Goncourt.C'est ce qu'explique l'Ă©crivain Pierre Assouline, membre du ĂgĂ© de 84 ans, l'ancien prĂ©sentateur de l'Ă©mission littĂ©raire "Apostrophes", veut pouvoir profiter "des Ă©tĂ©s qu'il lui reste" sans avoir Ă lire "entre 50 et 60 romans".Bernard Pivot s'est retirĂ© lundi 2 dĂ©cembre de l'AcadĂ©mie Goncourt, sociĂ©tĂ© littĂ©raire dont il Ă©tait membre depuis 15 ans et prĂ©sident depuis 2014. Il explique mardi sur franceinfo que c'est Ă cause de son Ăąge "canonique" de 84 ans, rappelant que ses fonctions Ă l'AcadĂ©mie Goncourt exigeaient qu'il lise "entre 50 et 60 romans en deux ou trois mois". "Jâai envie de reprendre une gestion libre, tranquille de mon temps, notamment pendant lâĂ©tĂ© ⊠je n'ai plus beaucoup d'Ă©tĂ©s devant moi", a-t-il ajoutĂ© pour expliquer ce choix qu'il juge "un peu Ă©goĂŻste". franceinfo Pourquoi avez-vous dĂ©cidĂ© de vous retirer de l'AcadĂ©mie Goncourt ? Bernard Pivot La raison tient dans un chiffre 84. 84 ans, câest mon Ăąge, et il est prudent, quand on arrive Ă un Ăąge aussi canonique, de laisser sa place Ă plus jeune et de se retirer alors quâon est encore assez lucide pour en prendre la dĂ©cision. Câest sans doute un petit pincement au cĆur ? Oui, parce que 15 ans Ă lâAcadĂ©mie Goncourt, câest 15 annĂ©es de plaisir, de beaucoup de conversations, de beaucoup dâĂ©changes littĂ©raires avec mes camarades de lâAcadĂ©mie Goncourt qui nâĂ©taient pas les mĂȘmes quâil y a 15 ans. LâAcadĂ©mie Ă©volue au fil des annĂ©es. De celle dans laquelle je suis entrĂ©e il y a 15 ans, il ne reste plus que deux membres, Didier Decoin et Françoise Chandernagor. Les autres sont des nouveaux, donc le renouvellement de lâAcadĂ©mie, câest sa vivacitĂ©, son intĂ©rĂȘt. Câest comme "Apostrophes", je suis parti au bout de 15 ans, câest une dĂ©cision personnelle d'arrĂȘter mes Ă©missions littĂ©raires. Je peux regretter. Je peux aussi regretter de ne plus ĂȘtre jeune, de ne plus avoir la vie devant soi, ce sont des regrets continuels. Mais je pense avoir fait du bon travail avec lâAcadĂ©mie Goncourt, enfin, jâai fait ce que jâai pu ! Et donc je pars serein et content ! Et non pas avec de lâaigreur, de la mĂ©lancolie ou de la tristesse. Est-ce que vous allez moins lire Ă lâavenir ? Je lirai moins en juin, juillet et aoĂ»t, ça câest sĂ»r ! Je lisais entre 50 et 60 romans en deux ou trois mois, lĂ câest fini ! Câest lâune des raisons [de son dĂ©part NDLR]. Jâai envie de reprendre une gestion libre, tranquille de mon temps, notamment pendant lâĂ©tĂ©. Je nâai plus beaucoup dâĂ©tĂ©s devant moi, Ă 84 ans. Et lĂ câest un choix un peu Ă©goĂŻste de dire "Pour les derniĂšres annĂ©es quâil me reste, privilĂ©gier mon plaisir de vivre, dâexister, dâavoir des relations avec mes proches, de profiter du soleil, de la mer, plutĂŽt que de continuer Ă lire mes jeunes confrĂšres". Vous lirez sans doute moins, mais peut-ĂȘtre twitterez-vous davantage ? Non je ne pense pas, il nây a pas de raison que je twitte davantage, non pas du tout. Comment permettre Ă chacun de mieux s'informer ? Participez Ă la consultation initiĂ©e dans le cadre du projet europĂ©en De facto sur la plateforme Franceinfo en est le partenaire| ĐáŸÎ±áĐ” ΞгΞÖŐ§ŃΔ ĐŒŐĄ | Đá”ÖáŐ„áŐžÖŃĐŸ Ń Ő§Ő»Î± | ÔŒ ŐčáŸÖ ŃÖŃÖĐ°ĐŒ |
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