Egyptis a Greek word meaning “Black.” The Egyptians of the Bible were Negroid. The Bible says both Egyptians and Ethiopians are descendants of Ham.
PrĂ©histoire Nubie MĂ©roĂ© Egypte pharaonique Ethiopie Ghana Mali Mossi Songhai Zimbabwe Engaruka Nok IfĂ© Benin Yoruba Kongo UnitĂ© culturelle Langues Sciences - Techniques Accueil / Home Les civilisations africaines 1. Historiographie RĂ©fĂ©rences sur l'historiographie c'est-Ă -dire sur la maniĂšre d'Ă©crire l'histoire Henri-IrĂ©nĂ©e Marrou, De la connaissance historique, Paris, Editions du Seuil, Collection Points, 1954. Histoire GĂ©nĂ©rale de l'Afrique, Volume I, MĂ©thodologie et prĂ©histoire africaine, Paris, UNESCO/NEA, 1980, voir premiers chapitres Joseph Ki-Zerbo, "Introduction gĂ©nĂ©rale", Fage, "L'Ă©volution de l'historiographie de l'Afrique", Boubou Hama et J. Ki-Zerbo, "Place de l'histoire dans la sociĂ©tĂ© africaine". ThĂ©ophile Obenga, Pour une nouvelle histoire, Paris, PrĂ©sence Africaine, 1980. AgnĂšs Chauveau, Philippe TĂ©tart sous la responsabilitĂ© de, ouvrage collectif, Becker, S. Bertstein, R. Frank, J. Le Goff, P. Milza, R. RĂ©mond, Rioux, Sirinelli, Questions Ă  l'histoire des temps prĂ©sents, Paris, Editions Complexe, 1992. Jean Maurice BiziĂšre, Pierre VayssiĂšre, Histoire et historiens - AntiquitĂ©, Moyen-Âge, France moderne et contemporaine, Paris, Hachette, collection CarrĂ© Histoire, 1995. ThĂ©ophile Obenga, Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx - Contribution Ă  l'historiographie mondiale, Paris, PrĂ©sence Africaine, 1996. 2. MĂ©thodologie Dendrochronologie Histoire, dĂ©finition Connaissance scientifiquement Ă©laborĂ©e du passĂ© » cf. Marrou, De la connaissance historique, Paris, Editions du Seuil, 1954, p. 31 et T. Obenga, Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx, Paris, PrĂ©sence Africaine, Concepts historiques », 1996, pp. 357-381 Fernand Braudel, Grammaire des civilisations, Paris, Flammarion, 1993 ThĂ©ophile Obenga, "Sources et techniques spĂ©cifiques de l'histoire africaine - Aperçu gĂ©nĂ©ral", Histoire GĂ©nĂ©rale de l'Afrique, Volume I, MĂ©thodologie et prĂ©histoire africaine Cheikh Anta Diop, AntĂ©rioritĂ© des civilisations nĂšgres - Mythe ou vĂ©ritĂ© historique ?, Paris, PrĂ©sence Africaine, 1967. Cheikh Anta Diop,"Introduction Ă  l'Ă©tude des migrations en Afrique centrale et occidentale. Identification du berceau nilotique du peuple sĂ©nĂ©galais", in Bulletin de l'IFAN, sĂ©rie B, Tome XXXV, n° 4, 1973, pp. 769-792. Parmi les caractĂ©ristiques de la dĂ©marche scientifique inaugurĂ©e par Cheikh Anta Diop dans le domaine de l'histoire africaine on notera en particulier - l'introduction du temps historique dans l'Ă©tude des sociĂ©tĂ©s africaines. - l'approche pluridisciplinaire L'analyse des faits linguistiques, L'ethnonymie, la toponymie, la tradition orale, L'analyse des phases d'Ă©volution politico-sociales des sociĂ©tĂ©s L'Ă©tablissement des corrĂ©lations entre des Ă©vĂ©nements intĂ©rieurs et extĂ©rieurs, L'utilisation et l'interprĂ©tation des faits archĂ©ologiques, les sources Ă©crites internes et externes, Le recours aux sciences exactes . la gĂ©ologie, . la palĂ©ontologie, . l’archĂ©ologie, . la palĂ©obotanique, la palynologie, . les datations et les analyses physico-chimiques, . . la biologie molĂ©culaire, gĂ©nĂ©tique, ... 3. Les sources archĂ©ologiques Exemples . Les nĂ©cropoles implantation, squelettes, objets divers fournissent des informations sur la population, les rites, la structure de la sociĂ©tĂ©, la conception du monde, les relations extĂ©rieures, 
 . L’habitat tracĂ©s des agglomĂ©rations, objets divers fournissent des informations sur l'occupation du sol, la dĂ©mographie, l'organisation politico-sociale, ... . Les sites technologiques cĂ©ramique, mĂ©tallurgie, verres, tissus, pharmacopĂ©e, outils 
 fournissent des informations sur le dĂ©veloppement technologique et scientifique . Les monuments Sites de mĂ©tallurgie du fer de l'Afrique ancienne 4. Les sources Ă©crites de l'antiquitĂ© africaine La Pierre de Palerme», VĂšme dynastie, Ancien Empire, 2498-2345 av. notre Ăšre Les sources Ă©crites internes . les documents Ă©crits de l'Egypte ancienne et de Nubie, par exemple - Le calendrier d’ÉlĂ©phantine 1450 av. - Le plafond astronomique de la tombe de Snenmout 1500av. - La pierre de Palerme, VĂšme dynastie, Ancien Empire, 2498-2345 av. notre Ăšre - La table royale d’Abydos, Salle des AncĂȘtres. Le pharaon Sethi Ier avec son fils RamsĂšs II. - L’histoire de l’Egypte de Manethon 30 dynasties ou familles rĂ©gnantes de 3100 av. unification de l’Egypte par le pharaon MĂ©nĂšs Ă  –343 annĂ©e de la mort du dernier pharaon autochtone, NectanEbo II. ManEthon a vĂ©cu sous le rĂšgne de PtolEmEe Ier de 305 Ă  282 av. Liste des souverains de la 1Ăšre dynastie Ă©gyptienne Narmer, Hor-Aha, Mer-Neith Les textes mĂ©roĂŻtiques les plus anciens connus dĂ©couverts Ă  Naga remontent au rĂšgne de SHANAKDAKHETE, reine de l'Empire de Koush capitale MĂ©roĂ© en 170 av. . les documents Ă©crits de l'Ethiopie Les sources Ă©crites externes . les documents Ă©crits de la MĂ©sopotamie . les documents Ă©crits des auteurs Grecs et Latins HĂ©rodote, Platon, Aristote, Strabon, ... Extrait du texte grec d'HĂ©rodote, Livre II, Euterpe §104 5. Les sources Ă©crites de l'histoire africaine prĂ©coloniale Manuscrit de Tombouctou, 17Ăšme siĂšcle Les sources Ă©crites internes Mahmoud Khati Ta’rikh al Fattash, 16Ăšme, 17Ăšme siĂšcles Es-Sa’adi Ta’rikh al Soudan, 17Ăšme siĂšcle Ahmed Baba Le dictionnaire biographique des lettrĂ©s du Soudan occidental, 17Ăšme siĂšcle, Ibn Fartuwa vie Ă  l’époque du MaĂŻ Idriss, 16Ăšme siĂšcle, Chroniques Hawsa, La chronique de Kilwa 1530, Kitab al Zandj, Kitab al Ghunja, 18Ăšme siĂšcle Ghana actuel Les sources du Nil carte d’Idrissi, 12Ăšme siĂšcle Les sources Ă©crites externes Ya’kub Mentionne Gao, Ghana, Zandj, 9Ăšme siĂšcle, Ma’sudi Zandj, 10Ăšme siĂšcle Al Bekri Afrique occidentale, 11Ăšme siĂšcle, Idrisi Le Livre de Roger – Roi de Sicile, 12Ăšme siĂšcle, Ibn SaĂŻd Soudan central, 13Ăšme siĂšcle, Ibn Battuta visite du Mali en 1352-1353, Al Umari, Ibn Khaldoun Muqqadima, 1332-1406 Les auteurs europĂ©ens voyageurs, marchands, navigateurs, missionnaires Alvise da Ca da Mosto 1455-57, Diego GomĂšs fin 15Ăšme siĂšcle, J. Duarte Pacheco Pereira 1506-1508, Filippo Pigafetta et Duarte Lopez 1591, P. Van der Broeck 1605, P. Balthazar Barreira 1609. Les auteurs europĂ©ens compilateurs de Zurara 1452-1453, Joao de Barros 1552, Luys del Marmol Carvajal 1573-1589, P. d’Avity 1637, O. Dapper 1668. Sources asiatiques Inde, Chine, Japon, IndonĂ©sie, 
 Sources orientales Proche Orient, Arabie, Jordanie, MĂ©sopotamie/Perse, 
 Sources amĂ©ricaines Nord et Sud ItinĂ©raires transsahariens anciens 6. Tableau synthĂ©tique de la prĂ©histoire de l'Afrique Silex taillĂ©. VallĂ©e du Nil, -200 000 ans Évolution humaine Nom de fossiles AnnĂ©es Étagement des industries lithiques industries de la pierre taillĂ©e DĂ©nominations anglaises DĂ©nominations françaises Types d’industries Homo sapiens sapiens ou homme anatomiquement moderne Idaltu Omo I 10 000 Late Stone Age NĂ©olithique Capsien Eburran 40 000 Second Intermediate PalĂ©olithique supĂ©rieur AtĂ©rien Stillbayen 160 000 200 000 Middle Stone Age PalĂ©olithique moyen MoustĂ©rien – DĂ©bitage Levallois Homo sapiens archaĂŻques L’homme de Kanjera 200 000 400 000 First Intermediate PalĂ©olithique infĂ©rieur Ă  bifaces AcheulĂ©en final Old Stone Age Homo heidelbergensis Homo erectus Ă©voluĂ© 600 000 800 000 Old Stone Age PalĂ©olithique infĂ©rieur Ă  bifaces AcheulĂ©en Homo erectus Homo ergaster Homo habilis L’adoles-cent du Turkana La femme d’OlduvaĂŻ 1 400 000 2 000 000 Earlier Stone Age PalĂ©olithique infĂ©rieur Ă  bifaces PrĂ©-acheulĂ©en PalĂ©olithique infĂ©rieur Ă  galets amĂ©nagĂ©s Oldowayen Homo rudolfensis AustralopithĂšques Lucy L’enfant de Taung 3 000 000 Earlier Stone Age PalĂ©olithique infĂ©rieur Ă  galets amĂ©nagĂ©s Oldowayen No industry Avant les AustralopithĂšques Orrorin ToumaÏ Samburu- pithecus 5 000 000 9 500 000 No industry 7. Tableau synthĂ©tique de l'histoire de l'Afrique noire jusqu'au 16Ăšme siĂšcle RĂ©gions de l'Afrique noire prĂ©coloniale Villes anciennes de l'Afrique noire prĂ©coloniale 8. La naissance de l'Ă©criture hiĂ©roglyphique 9. Evolution de la population de l'Afrique Description des villes le cas de BĂ©nin PĂ©rimĂštre 30 km ; la plus longue rue 7 km. 250 000 habitants Evolution approximative de la population de l’Afrique subsaharienne de l’an 800 Ă  l’an 2000. - de 800 Ă  1300 formation de royaumes et empires ; taux d’accroissement annuel moyen environ 0,14 %. - de 1300 Ă  1550 essor Ă©conomique, villes de 60 000 Ă  200 000 habitants, gros villages ; taux d’accroissement annuel moyen environ 0,35 %. - de 1550 Ă  1850/1870 attaques portugaises et arabes, armes Ă  feu, effets directs et indirects des traites arabes et europĂ©ennes, insĂ©curitĂ© permanente ; taux de diminution annuel moyen taux d’accroissement annuel moyen nĂ©gatif environ - 0, 4 %. - de 1870 Ă  1930 continuation des traites orientales, conquĂȘtes militaires, travaux forcĂ©s, rĂ©pressions, rĂ©quisitions ; taux de diminution annuel moyen taux d’accroissement annuel moyen nĂ©gatif environ - 0, 7 %. - de 1930 Ă  1949 action sanitaire et administrative, dĂ©but du redressement dĂ©mographique ; taux d’accroissement annuel moyen environ 0,7 %. 10. Les acquis de la recherche 11. Histoire de l'Afrique des rectificatifs qui s'imposent Retrouveztout ce que vous devez savoir sur le livre Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx de de ThĂ©ophile Obenga : rĂ©sumĂ©, couverture, notes et historien, anthropologue et politicien sĂ©nĂ©galais Cheikh Anta Diop nĂ© le 29 dĂ©cembre 1923 Ă  Thieytou SĂ©nĂ©gal - mort le 7 fĂ©vrier 1986 Ă  Dakar est un historien, anthropologue, et militant politique sĂ©nĂ©galais. L'UnitĂ© culturelle de l'Afrique noire, 1959Modifier On peut devenir pĂšre sans le concours d'une mĂšre. L'UnitĂ© culturelle de L'Afrique noire, Cheikh Anta Diop, Ă©d. PrĂ©sence africaine, 1959 ISBN 978-2-7087-0406-0, chap. 1, p. 13 La langue peut contenir certains termes dĂ©signant des plantes sans que le peuple qui la parle les cultive. L'UnitĂ© culturelle de L'Afrique noire, Cheikh Anta Diop, Ă©d. PrĂ©sence africaine, 1959 ISBN 978-2-7087-0406-0, chap. 2, p. 33 Dans le systĂšme matriacat Ă  l'Ă©tat pur on n'hĂ©rite pas de son pĂšre ; on hĂ©rite de son oncle maternel et on Ă©pouse sa fille afin que celle-ci ne soit pas tout Ă  fait dĂ©shĂ©ritĂ©e. L'UnitĂ© culturelle de L'Afrique noire, Cheikh Anta Diop, Ă©d. PrĂ©sence africaine, 1959 ISBN 978-2-7087-0406-0, chap. 2, p. 35 Si l'on veut qu'un problĂšme des sciences humaines soit insoluble, il suffit de le poser Ă  partir de l'ocĂ©an. L'UnitĂ© culturelle de L'Afrique noire, Cheikh Anta Diop, Ă©d. PrĂ©sence africaine, 1959 ISBN 978-2-7087-0406-0, chap. 2, p. 37 On est ce qu'est sa mĂšre, on n'est qu'Ă  moitiĂ© ce qu'est son pĂšre. L'UnitĂ© culturelle de L'Afrique noire, Cheikh Anta Diop, Ă©d. PrĂ©sence africaine, 1959 ISBN 978-2-7087-0406-0, chap. 2, p. 38 Vous pouvez Ă©galement consulter les articles suivants sur les autres projets WikimĂ©dia
CheikhAnta Diop, Volney et le Sphinx contribution de Cheikh Anta Diop Ă  l'historiographie mondiale by ThĂ©ophile Obenga. 0 Ratings 0 Want to read; 0 Currently reading; 0 Have read; Donate this book to the Internet Archive library. × Close. Hooray! You've discovered a title that's missing from our library
Cheikh Anta Diop, naĂźt en 1923 dans un petit village du SĂ©nĂ©gal, Caytou. L'Afrique est sous la domination coloniale europĂ©enne qui a pris le relai de la traite nĂ©griĂšre atlantique commencĂ©e au 16Ăšme siĂšcle. La violence dont l'Afrique est l'objet, n'est pas de nature exclusivement militaire, politique et Ă©conomique. ThĂ©oriciens Voltaire, Hume, Hegel, Gobineau, LĂ©vy Bruhl, etc. et institutions d'Europe l'institut d'ethnologie de France créé en 1925 par L. LĂ©vy Bruhl, par exemple, s'appliquent Ă  lĂ©gitimer au plan moral et philosophique l'infĂ©rioritĂ© intellectuelle dĂ©crĂ©tĂ©e du NĂšgre. La vision d'une Afrique anhistorique et atemporelle, dont les habitants, les NĂšgres, n'ont jamais Ă©tĂ© responsables, par dĂ©finition, d'un seul fait de civilisation, s'impose dĂ©sormais dans les Ă©crits et s'ancre dans les consciences. L'Égypte est ainsi arbitrairement rattachĂ©e Ă  l'Orient et au monde mĂ©diterranĂ©en gĂ©ographiquement, anthropologiquement, culturellement. C'est donc dans un contexte singuliĂšrement hostile et obscurantiste que Cheikh Anta Diop est conduit Ă  remettre en cause, par une investigation scientifique mĂ©thodique, les fondements mĂȘmes de la culture occidentale relatifs Ă  la genĂšse de l'humanitĂ© et de la civilisation. La renaissance de l'Afrique, qui implique la restauration de la conscience historique, lui apparaĂźt comme une tĂąche incontournable Ă  laquelle il consacrera sa ainsi qu’il s'attache, dĂšs ses Ă©tudes secondaires Ă  Dakar et St Louis du SĂ©nĂ©gal, Ă  se doter d'une formation pluridisciplinaire en sciences humaines et en sciences exactes, nourrie par des lectures extrĂȘmement nombreuses et acquiert une remarquable maĂźtrise de la culture europĂ©enne, il n'en est pas moins profondĂ©ment enracinĂ© dans sa propre culture. Sa parfaite connaissance du wolof, sa langue maternelle, se rĂ©vĂšlera ĂȘtre l'une des principales clĂ©s qui lui ouvrira les portes de la civilisation pharaonique. Par ailleurs, l'enseignement coranique le familiarise avec le monde arabo-musulman. A partir des connaissances accumulĂ©es et assimilĂ©es sur les cultures africaine, arabo-musulmane et europĂ©enne, Cheikh Anta Diop Ă©labore des contributions majeures dans diffĂ©rents domaines. L'ensemble se prĂ©sente comme une Ɠuvre cohĂ©rente et puissante qui fait de Cheikh Anta Diop un savant et un humaniste. On se propose dans une premiĂšre partie de dĂ©gager de maniĂšre concise quelques-uns des traits essentiels de son Ɠuvre. En second lieu, on prĂ©sente la poursuite de l'Ɠuvre du savant dans le domaine de l'histoire et de l'Ă©gyptologie. L'Ɠuvre de Cheikh Anta Diop Au moment oĂč Cheikh Anta Diop entreprend ses premiĂšres recherches historiques annĂ©es 40 l'Afrique noire ne constitue pas "un champ historique intelligible" pour reprendre une expression de l'historien britannique Arnold Toynbee. Il est symptĂŽmatique qu'encore au seuil des annĂ©es 60, dans le numĂ©ro d'octobre 1959 du Courrier de l'UNESCO, l'historien anglo-saxon Basile Davidson introduise son propos sur la "DĂ©couverte de l'Afrique" par la question "Le Noir est-t-il un homme sans passĂ© ?"Dans son rĂ©cent ouvrage Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx, ThĂ©ophile Obenga montre magistralement en quoi consiste l'originalitĂ© et la nouveautĂ© de la problĂ©matique historique africaine ouverte et dĂ©veloppĂ©e par Cheikh Anta Diop "En refusant le schĂ©ma hĂ©gĂ©lien de la lecture de l'histoire humaine, Cheikh Anta Diop s'est par consĂ©quent attelĂ© Ă  Ă©laborer, pour la premiĂšre fois en Afrique noire une intelligibilitĂ© capable de rendre compte de l'Ă©volution des peuples noirs africains, dans le temps et dans l'espace [...] Un ordre nouveau est nĂ© dans la comprĂ©hension du fait culturel et historique africain. Les diffĂ©rents peuples africains sont des peuples "historiques" avec leur État l'Égypte, la Nubie, Ghana, Mali, Zimbabwe, Kongo, BĂ©nin, etc. leur esprit, leur art, leur science. Mieux, ces diffĂ©rents peuples historiques africains s'accomplissent en rĂ©alitĂ© comme des facteurs substantiels de l'unitĂ© culturelle africaine". [ThĂ©ophile Obenga, Leçon inaugurale du colloque de Dakar de fĂ©vrier-mars 1996 intitulĂ© "L'Ɠuvre de Cheikh Anta Diop - La Renaissance de l'Afrique au seuil du troisiĂšme millĂ©naire", Actes du colloque de Dakar Ă  paraĂźtre. Nations nĂšgres et Culture – De l'AntiquitĂ© nĂšgre Ă©gyptienne aux problĂšmes culturels de l'Afrique d'aujourd'hui– que publie en 1954 Cheikh Anta Diop aux Éditions PrĂ©sence Africaine créées par Alioune Diop est le livre fondateur d'une Ă©criture scientifique de l’histoire africaine. La reconstitution critique du passĂ© de l'Afrique devient possible grĂące Ă  l'introduction du temps historique et de l'unitĂ© culturelle. La restauration de la conscience historique devient alors elle aussi possible. Les principales thĂ©matiques dĂ©veloppĂ©es par Cheikh Anta DiopLes thĂ©matiques prĂ©sentes dans l'Ɠuvre de Cheikh Anta Diop peuvent ĂȘtre regroupĂ©es en six grandes catĂ©gories a. L'origine de l'homme et ses migrations. Parmi les questions traitĂ©es l'anciennetĂ© de l'homme en Afrique, le processus de diffĂ©rentiation biologique de l’humanitĂ©, le processus de sĂ©mitisation, l’émergence des BerbĂšres dans l’histoire, l'identification des grands courants migratoires et la formation des ethnies La parentĂ© Égypte ancienne/Afrique noire. Elle est Ă©tudiĂ©e selon les aspects suivants le peuplement de la vallĂ©e du Nil, la genĂšse de la civilisation Ă©gypto-nubienne, la parentĂ© linguistique, la parentĂ© culturelle, les structures socio-politiques, La recherche sur l'Ă©volution des sociĂ©tĂ©s. Plusieurs dĂ©veloppements importants sont consacrĂ©s Ă  la genĂšse des formes anciennes d'organisation sociale rencontrĂ©es dans les aires gĂ©ographiques mĂ©ridionale Afrique et septentrionale Europe, Ă  la naissance de l'État,.Ă  la formation et l'organisation des États africains aprĂšs le dĂ©clin de l'Égypte, Ă  la caractĂ©risation des structures politiques et sociales africaines et europĂ©ennes avant la pĂ©riode coloniale ainsi qu'Ă  leur Ă©volution respective, aux modes de production, aux conditions socio-historiques et culturelles qui ont prĂ©sidĂ© Ă  la Renaissance L'apport de l'Afrique Ă  la civilisation. Cet apport est restituĂ© dans de nombreux domaines la mĂ©tallurgie, l'Ă©criture, les sciences mathĂ©matiques, astronomie, mĂ©decine, ..., les arts et l'architecture, les lettres, la philosophie, les religions rĂ©vĂ©lĂ©es judaĂŻsme, christianisme, islam, Le dĂ©veloppement Ă©conomique, technique, industriel, scientifique, institutionnel, culturel de l'Afrique. Toutes les questions majeures que pose l'Ă©dification d'une Afrique moderne sont abordĂ©es maĂźtrise des systĂšmes Ă©ducatif, civique et politique avec l'introduction et l'utilisation des langues nationales Ă  tous les niveaux de la vie publique ; l'Ă©quipement Ă©nergĂ©tique du continent ; le dĂ©veloppement de la recherche fondamentale ; la reprĂ©sentation des femmes dans les institutions politiques ; la sĂ©curitĂ© ; la construction d'un État fĂ©dĂ©ral dĂ©mocratique, etc. La crĂ©ation par Cheikh Anta Diop du laboratoire de datation par le radiocarbone qu'il dirige jusqu'Ă  sa disparition est significative de toute l'importance accordĂ©e Ă  "l'enracinement des sciences en Afrique". f. L'Ă©dification d'une civilisation planĂ©taire. L'humanitĂ© doit rompre dĂ©finitivement avec le racisme, les gĂ©nocides et les diffĂ©rentes formes d’esclavage. La finalitĂ© est le triomphe de la civilisation sur la barbarie. Cheikh Anta Diop appelle de ses vƓux l'avĂšnement de l'Ăšre qui verrait toutes les nations du monde se donner la main "pour bĂątir la civilisation planĂ©taire au lieu de sombrer dans la barbarie" Civilisation ou Barbarie, 1981. L’aboutissement d’un tel projet suppose - la dĂ©nonciation de la falsification moderne de l'histoire "La conscience de l'homme moderne ne peut progresser rĂ©ellement que si elle est rĂ©solue Ă  reconnaĂźtre explicitement les erreurs d'interprĂ©tations scientifiques, mĂȘme dans le domaine trĂšs dĂ©licat de l'Histoire, Ă  revenir sur les falsifications, Ă  dĂ©noncer les frustrations de patrimoines. Elle s'illusionne, en voulant asseoir ses constructions morales sur la plus monstrueuse falsification dont l'humanitĂ© ait jamais Ă©tĂ© coupable tout en demandant aux victimes d'oublier pour mieux aller de l'avant" Cheikh Anta Diop, AntĂ©rioritĂ© des civilisations nĂšgres – mythe ou vĂ©ritĂ© historique ?, Paris, PrĂ©sence Africaine, p. 12.- la rĂ©affirmation de l'unitĂ© biologique de l'espĂšce humaine fondement d’une nouvelle Ă©ducation qui rĂ©cuse toute inĂ©galitĂ© et hiĂ©rachisation raciales "... Donc, le problĂšme est de rééduquer notre perception de l'ĂȘtre humain, pour qu'elle se dĂ©tache de l'apparence raciale et se polarise sur l'humain dĂ©barrassĂ© de toutes coordonnĂ©es ethniques." Cheikh Anta Diop, "L'unitĂ© d'origine de l'espĂšce humaine", in Actes du colloque d'AthĂšnes Racisme science et pseudo-science, Paris, UNESCO, coll. Actuel, 1982, pp. 137-141.L'ensemble de ces grandes problĂ©matiques dĂ©finit de façon claire et cohĂ©rente un cadre, des axes et un programme de travail. L'apport mĂ©thodologique et les acquis du colloque du CairePour sortir l'Afrique du paradigme anhistorique et ethnographique dans lequel anthropologues et africanistes l'avaient confinĂ©e Cheikh Anta Diop adopte une mĂ©thodologie de recherche qui s'appuie sur des Ă©tudes diachroniques, le comparatisme critique, la pluridisciplinaritĂ© archĂ©ologie, linguistique, ethnonymie/toponymie, sociologie, sciences exactes, etc.. GrĂące Ă  une approche Ă  la fois analytique et synthĂ©tique il lui a Ă©tĂ© possible de rendre aux faits historiques, sociologiques, linguistiques, culturels du continent africain, leur cohĂ©rence et leur intelligibilitĂ©. La nouvelle mĂ©thodologie en matiĂšre d'histoire africaine que prĂ©conise et met en Ɠuvre Cheikh Anta Diop dans ses travaux est exposĂ©e dans son livre AntĂ©rioritĂ© des civilisations nĂšgres – mythe ou vĂ©ritĂ© historique ?, op. cit., pp. 195-214 et largement commentĂ©e par le professeur Aboubacry Moussa Lam cf. bibliographie.S'agissant de l'Égypte ancienne alors Ă©tudiĂ©e dans son contexte nĂ©gro-africain, Cheikh Anta Diop Ă©crit "Partant de l'idĂ©e que l'Égypte ancienne fait partie de l'univers nĂšgre, il fallait la vĂ©rifier dans tous Ies domaines possibles, racial ou anthropologique, linguistique, sociologique, philosophique, historique, etc. Si l'idĂ©e de dĂ©part est exacte, l'Ă©tude de chacun de ces diffĂ©rents domaines doit conduire Ă  la sphĂšre correspondante de l'univers nĂšgre africain. L'ensemble de ces conclusions formera un faisceau de faits concordants qui Ă©liminent le cas fortuit. C'est en cela que rĂ©side la preuve de notre hypothĂšse de dĂ©part. Une mĂ©thode diffĂ©rente n'aurait conduit qu'Ă  une vĂ©rification partielle qui ne prouverait rien. Il fallait ĂȘtre exhaustif" Cheikh Anta Diop, AntĂ©rioritĂ© des civilisations nĂšgres – mythe ou vĂ©ritĂ© historique ?, Paris, PrĂ©sence Africaine, 1967, p. 275. En 1970, l'UNESCO sollicite Cheikh Anta Diop pour devenir membre du ComitĂ© scientifique international pour la rĂ©daction d'une Histoire gĂ©nĂ©rale de l'Afrique. Son exigence d'objectivitĂ© le conduit Ă  poser trois prĂ©alables Ă  la rĂ©daction des chapitres consacrĂ©s Ă  l'histoire ancienne de l'Afrique. Les deux premiers consistent en la tenue d'un colloque international, organisĂ© par l'UNESCO, rĂ©unissant des chercheurs de rĂ©putation mondiale, pour d'une part, traiter de l'origine des anciens Égyptiens, et d'autre part faire le point sur le dĂ©chiffrement de l'Ă©criture mĂ©roĂŻtique. En effet, une confrontation des travaux de spĂ©cialistes du monde entier lui paraissait indispensable pour faire avancer la science historique. Le troisiĂšme prĂ©alable concerne la rĂ©alisation d'une couverture aĂ©rienne de l'Afrique afin de restituer les voies anciennes de communication du continent. C'est ainsi que se tient au Caire du 28 janvier au 3 fĂ©vrier 1974, organisĂ© par l'UNESCO dans le cadre de la RĂ©daction de l'Histoire gĂ©nĂ©rale de l'Afrique, le colloque intitulĂ© "Le peuplement de l'Égypte ancienne et le dĂ©chiffrement de l'Ă©criture mĂ©roĂŻtique".Ce colloque rassemble une vingtaine de spĂ©cialistes appartenant aux pays suivants Égypte, Soudan, Allemagne, USA, SuĂšde, Canada, Finlande, Malte, France, Congo et SĂ©nĂ©gal. La contribution trĂšs constructive des chercheurs africains tant au plan mĂ©thodologique qu'au niveau de la masse des faits apportĂ©s et instruits, a Ă©tĂ© reconnue par les participants et consignĂ© dans le compte-rendu du colloque, notamment dans le domaine de la linguistique "un large accord s'est Ă©tabli entre les participants". "Les Ă©lĂ©ments apportĂ©s par les professeurs DIOP et OBENGA ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s comme trĂšs constructifs. 
 Plus largement, le professeur SAUNERON a soulignĂ© l'intĂ©rĂȘt de la mĂ©thode proposĂ©e par le professeur OBENGA aprĂšs le professeur DIOP. L'Égypte Ă©tant placĂ©e au point de convergence d'influences extĂ©rieures, il est normal que des emprunts aient Ă©tĂ© faits Ă  des langues Ă©trangĂšres ; mais il s'agit de quelques centaines de racines sĂ©mitiques par rapport Ă  plusieurs milliers de mots. L'Ă©gyptien ne peut ĂȘtre isolĂ© de son contexte africain et le sĂ©mitique ne rend pas compte de sa naissance ; il est donc lĂ©gitime de lui trouver des parents ou des cousins en Afrique."[cf. Histoire gĂ©nĂ©rale de l’Afrique, Paris, Afrique/Stock/Unesco, 1980, pp. 795-823]. S'agissant de la culture Ă©gyptienne "Le professeur VERCOUTTER a dĂ©clarĂ© que, pour lui, l'Égypte Ă©tait africaine dans son Ă©criture, dans sa culture et dans sa maniĂšre de penser. Le professeur LECLANT a reconnu ce mĂȘme caractĂšre africain dans le tempĂ©rament et la maniĂšre de penser des Égyptiens." Le rapport, dans sa conclusion gĂ©nĂ©rale indique que "La trĂšs minutieuse prĂ©paration des communications des professeurs Cheikh Anta DIOP et OBENGA n'a pas eu, malgrĂ© les prĂ©cisions contenues dans le document de travail prĂ©paratoire envoyĂ© par l'UNESCO, une contrepartie toujours Ă©gale. Il s'en est suivi un vĂ©ritable dĂ©sĂ©quilibre dans les discussions." Depuis 1974, les dĂ©couvertes archĂ©ologiques, les Ă©tudes linguistiques, les Ă©tudes gĂ©nĂ©tiques, l'examen de la culture matĂ©rielle, l'Ă©tude de la philosophie, etc. ne font que confirmer chaque jour davantage les grandes orientations de recherche recommandĂ©es par le Colloque du Caire.source 1/2Interview 2/2 Shareon twitter (New window) Share on facebook (New window) Share on tumblr (New window) Share on pinterest (New window) Print; Share on mail (New window) ou la conception mĂ©prisante de l’humanitĂ© Hegel le “Philosophe” Ce qui caractĂ©rise en effet les NĂšgres, c’est prĂ©cisĂ©ment que leur conscience n’en est pas encore arrivĂ©e Ă  l’intuition de quelque objectivitĂ© ferme, par exemple, Dieu, la loi ou l’homme se tiendrait avec sa volontĂ©, en ayant l’intuition de son ĂȘtre
 “Le devoir suprĂȘme, l’essence de l’esprit, est de se connaĂźtre soi-mĂȘme et de se rĂ©aliser. C’est ce qu’il accomplit dans l’histoire il se produit sous certaines formes dĂ©terminĂ©es, et ces formes sont les peuples historiques. Chacun de ces peuples exprime une Ă©tape, dĂ©signe une Ă©poque de l’histoire universelle.”Georg Wilhelm Friedrich Hegel, la raison dans l’histoire. Introduction Ă  la philosophie de l’histoire* Hegel a laissĂ© son empreinte dans le domaine de la philosophie, sa conception idĂ©ologique est encore de nos jours Ă©tudiĂ©e dans diverses Ă©coles. Sa conception de l’homme noir est encore perçue et acceptĂ©e comme une Ă©vidence malgrĂ© le fait qu’il n’a jamais mis les pieds en Afrique pour Ă©tayer ses dires et que certains de ses contemporains, dont Olfert Dapper et l’AbbĂ© GrĂ©goire, ont su mettre en Ă©vidence Ă  travers leurs Ă©crits la grandeur morale et intellectuelle des hommes noirs. Quelles Ă©taient les vraies motivations d’Hegel? Georg Wilhelm Friedrich Hegel 1770-1831 est sans doute un penseur, dans les temps moderne, Ă  avoir conçu et interprĂ©tĂ© l’histoire de maniĂšre idĂ©ologique comme dimension fondamentale de l’existence du Monde. L’histoire pensĂ©e Ă  la fois comme mode d’ĂȘtre et comme conscience de ce mode d’ĂȘtre est le fondement mĂȘme de l’existence selon lui “ĂȘtre” n’est rien d’autre qu’”avoir Ă©tĂ©â€. Pour Hegel le principe du monde esprit ne s’appliquait pas Ă  l’Afrique. Dans son livre “Cheikh Anta Diop Volney et le Sphinx” le grand Ă©gyptologue ThĂ©ophile Obenga nous dit ceci “L’historicitĂ© n’est pas reconnue par Hegel aux peuples d’Afrique noire. C’est que chez ces peuples Africains particuliers, les choses concrĂštes, les Ă©vĂšnements, les productions spirituelles, ne permettent pas de saisir, Ă  travers eux, l’esprit qui dirige la marche rationnelle du Monde, Ă  cause de la Magie, du fĂ©tichisme, des sacrifices humains du manque d’État, de la mĂ©chancetĂ© du climat, de l’inhospitalier des lieux, des terres et des sols. Tout est trop puissant, c’est Ă  dire non objectivitĂ© dans une sĂ©paration entre l’homme, Dieu et la nature. En effet pour lui” Le Gel qui rassemblent les Lapons ou la chaleur torride de l’Afrique sont des forces trop puissantes par rapport Ă  l’homme pour que l’esprit puisse se mouvoir librement parmi elles et parvienne Ă  la richesse qui est nĂ©cessaire Ă  la rĂ©alisation d’une forme dĂ©veloppĂ©e de vie 
 La zone chaude et la zone froide ne sont donc pas le théùtre de l’histoire universelle.”* Hegel Hegel dĂ©finit l’Afrique en trois zones, la premiĂšre, l’Afrique Noire dont il dira “l’homme en Afrique noire vit dans un Ă©tat de barbarie et de sauvagerie qui l’empĂȘche encore de faire partie intĂ©grante de la civilisation.” ..l’Afrique aussi loin que remonte l’histoire est restĂ©e fermĂ©e, sans lien avec le reste du monde; c’est le pays de l’or, repliĂ© sur lui mĂȘme, le pays de l’enfance qui au-delĂ  du jour de l’histoire consciente, est ensevelie dans la couleur noire de la nuit” et il prĂ©cise”l’Africain, en revanche ne sont encore parvenus Ă  cette connaissance de l’universel. La nature est le repliement en soi. Ce que nous appelons religion, État, rĂ©alitĂ© existant en soi et pour soi, valable absolument, tout cela n’existe pas encore pour eux. Les abondantes relations des missionnaires mettent ce fait hors de doute.” Puis il poursuit plus loin “Ce qui caractĂ©rise en effet les NĂšgres, c’est prĂ©cisĂ©ment que leur conscience n’en est pas encore arrivĂ©e Ă  l’intuition de quelque objectivitĂ© ferme, par exemple, Dieu, la loi ou l’homme se tiendrait avec sa volontĂ©, en ayant l’intuition de son ĂȘtre. A cette diffĂ©rence entre lui-mĂȘme, comme individu, et son universalitĂ© essentielle, l’Africain dans son unitĂ© concentrĂ©e et indiffĂ©renciĂ©e, n’est pas encore parvenu ; d’oĂč il suit que la connaissance d’un ĂȘtre absolu qui serait par rapport au moi quelque chose d’autre, de supĂ©rieur, manque ici totalement. Comme il a Ă©tĂ© dit, le nĂšgre reprĂ©sente l’homme naturel dans toute sa sauvagement et sa pĂ©tulance ; il faut faire abstraction de tout respect et de toute moralitĂ©, de ce que l’on nomme sentiment, si on veut bien le comprendre ; on ne peut rien trouver dans ce caractĂšre qui rappelle l’homme.
Les nĂšgres possĂšdent ce parfait mĂ©pris des hommes qui constitue proprement la condition fondamentale, quant au droit et Ă  la moralité  La seconde zone L’Afrique septentrionale qui rassemble le nord de l’Afrique et y exempte l’Égypte est dĂ©crit par le philosophe comme “un pays qui ne fait que suivre le destin de tout ce qui arrive de grand ailleurs, sans avoir une figure dĂ©terminĂ©e qui lui soit propre.” La troisiĂšme et derniĂšre Ă©tant l’Égypte qui bien qu’étant placĂ©e sur le continent Africain ne rĂ©vĂšle pas selon lui d’un esprit Africain. Hegel prĂ©cise que l’Egypte “ne relĂšve pas de l’esprit africain”. Cheikh Anta Diop prĂ©cisera le contraire l’Egypte appartient Ă  l’Afrique noire. Hegel s’appuie sur sa propre spĂ©culation historico-philosophique tandis que Cheikh Anta Diop demeure sur le terrain strict de la science historique qui exige mĂ©thodologie, argumentation critique, contrĂŽle, vĂ©rification, rĂ©futation, explication et interprĂ©tation en toute objectivitĂ©. Nous mettons Ă  jour une mĂ©connaissance parfaite de l’Afrique par un homme considĂ©rĂ© comme un trĂšs grand philosophe, mais qui Ă  travers ses Ă©crits fonctionnait par idĂ©ologie, mĂ©pris et ignorance DES GRANDES CIVILISATIONS NOIRES QUI SE SONT SUCCEDE EN AFRIQUE. SHENOC
SénégalaisCheikh Anta DIOP (, 1967, 1981). Il est impossible d'esquiver un tel débat sur le fond. l. L'analyse artistique Cette méthode consistant à décrire anatomiquement les peintures et sculptu- res, a été utilisée trÚs tÎt (MORTON 1844, HAMY 1886 et 1907, CHANTRE 1905 et surtout PETRIE 1901, ainsi que VER- COUTTER et al.1976). I)
Harouna Barry Une malencontreuse erreur de saisie nous a fait Ă©crire dans le titre du prĂ©sent article dans notre prĂ©cĂ©dente parution N°139 du Vendredi 12 octobre 2018 ParentĂ© linguistique gĂ©nĂ©rique» au lieu de ParentĂ© linguistique gĂ©nĂ©tique». Les lecteurs voudront bien nous en excuser. La RĂ©daction PARENTE LINGUISTIQUE GENETIQUE ET UNITE AFRICAINE La question peut se poser Ă  prĂ©sent que faire de la parentĂ© linguistique gĂ©nĂ©tique ? Ici, on s’intĂ©resse, plutĂŽt, aux enseignements politiques qu’on peut tirer du “nĂ©gro-africain” en tant que groupe linguistique. Ces enseignements sont dĂ©veloppĂ©s, bien souvent, dans les travaux des Professeurs Cheikh Anta et OBENGA. Le sentiment, la preuve et l’arme de l’unitĂ© linguistique de l’Afrique et de la parentĂ© linguistique gĂ©nĂ©tique aident Ă  combattre le rĂ©gionalisme et le micronalisme, donnent la dimension diachronique indispensable Ă  toute renaissance culturelle et linguistique et constituent un argument scientifique irrĂ©fragable. Un argument scientifique irrĂ©fragable Ferdinand de SAUSSURE citĂ© par OBENGA 1978 65 et NGOM 1993 30 disait au sujet des Etrusques et des Latins “Si l’on cherche ce qu’ils ont de commun, dans l’espoir de les ramener Ă  une mĂȘme origine, on peut faire appel Ă  tout ce que ces peuples ont laissĂ© monuments, rites religieux, institutions politiques etc. Mais on n’arrivera jamais Ă  la certitude que donne immĂ©diatement la langue”. La langue et la linguistique sont, donc, des sources auxiliaires de la recherche. Mais, en mĂȘme temps, elles constituent de maniĂšre intrinsĂšque un argument irremplaçable et suffisant dans tout rapprochement entre peuples et cultures. La dimension diachronique de la renaissance culturelle, scientifique et linguistique de l’Afrique noire Dans le renforcement de la personnalitĂ© culturelle africaine, et partant de l’identitĂ© culturelle des africains, Cheikh Anta estimait “qu’il serait difficile de dire, entre le facteur historique et le facteur linguistique, lequel des deux est le plus important” 1981 275. A l’appui de cela, il cite Montesquieu “Tant qu’un Peuple vaincu n’a pas perdu sa langue, il peut garder l’espoir
” Soulignant, ainsi, que pour lui, la “langue est l’unique dĂ©nominateur commun, le trait d’identitĂ© culturelle par excellence”. 1981 . La retombĂ©e principale de l’introduction de la dimension diachronique dans les recherches scientifiques et techniques africaines, voire africanistes, par le canal de l’établissement de la parentĂ© linguistique gĂ©nĂ©tique est “le dĂ©verrouillage de la pensĂ©e scientifique” elle-mĂȘme DIOP, 1975 154-223. En effet, parlant du Colloque international du Caire, le professeur DIOP a Ă©crit “il a permis d’introduire la dimension historique dans les Ă©tudes linguistiques africaines ainsi que le confirme notre
ouvrage intitulĂ© ParentĂ© gĂ©nĂ©tique de l’égyptien pharaonique et les langues africaines. Maintenant seulement un vĂ©ritable corps de sciences humaines africaines peut naĂźtre et se dĂ©velopper sur sa propre base historique qu’il s’agisse de l’histoire de la linguistique, de divers arts, de la pensĂ©e philosophique, religieuse etc. Maintenant seulement, les Ă©tudes diachroniques sont possibles en linguistique africaine” 1996 25. Dans le cas prĂ©cis de la linguistique appliquĂ©e, et plus particuliĂšrement de la politique linguistique, en direction de l’unitĂ© africaine, la ParentĂ© linguistique gĂ©nĂ©tique permet a “la constitution et l’enseignement des” AntiquitĂ©s classiques africaines ” Ă  base d’égyptien pharaonique ” DIOP, 1990 39. b L’établissement des lois de passage d’une langue africaine Ă  une autre DIOP, 1960 17. c L’enrichissement d’une langue Ă  partir des racines Ă©gyptiennes ou d’une toute autre langue africaine DIOP, 1970 418. d L’assimilation linguistique d’un africain par le biais des langues internationales africaines de culture quelconque, sans l’aliĂ©nation culturelle provoquĂ©e par des langues d’autres familles linguistiques DIOP, 1960 25. La lutte contre le rĂ©gionalisme et le micronalisme Cheikh Anta estimait que l’une des solutions, dont, dispose l’Afrique pour lutter contre “les barriĂšres ethniques” est la dĂ©monstration et la vulgarisation de la parentĂ© culturelle et linguistique existant entre les peuples africains. Il Ă©crivait, en effet, “En dĂ©montrant d’une façon indiscutable la parentĂ© des SĂ©vĂšres, des walafs, des saras peuples des “nĂ©gresses Ă  plateau”, des sarakolĂ©s, des Toucouleurs, des Peuls, des laobĂ©s, je rends, dĂ©sormais, ridicule tout prĂ©jugĂ© ethnique entre les ressortissants conscients de ces diffĂ©rents groupements. Ce principe doit ĂȘtre Ă©tendu Ă  toute l’Afrique par nos frĂšres des autres rĂ©gions” DIOP, 1990 52. Cette idĂ©e avait Ă©tĂ© formulĂ©e et systĂ©matisĂ©e en 1954. En effet, parlant de la sĂ©lection des langues vĂ©hiculaires africaines DIOP, 1960 20-29, cheikh Anta a soutenu que “Une telle tentative peut se heurter Ă  un Ă©cueil psychologique la susceptibilitĂ© rĂ©gionale des minoritĂ©s bilingues ou non
 cette susceptibilitĂ© est renforcĂ© par l’idĂ©e que la minoritĂ© en question est Ă©trangĂšre ethniquement par rapport Ă  la masse au sein de laquelle elle se trouve”. Alors “une Ă©tude ethnologique et linguistique appropriĂ©e, rĂ©vĂ©lant une parentĂ© insoupçonnĂ©e entre les groupements en prĂ©sence, revĂȘt une importance politique et sociale en ce sens qu’elle contribue Ă  aplanir les difficultĂ©s qui s’opposent Ă  la rĂ©alisation de l’unitĂ© linguistique” 1954 258. La consĂ©quence logique de cela pour un ” africain conscient ” c’est qu’il ” doit se dĂ©gager de tout prĂ©jugĂ© ethnique et acquĂ©rir une nouvelle forme de fierté la fiertĂ© d’ĂȘtre africain, tant il est vrai que ces cloisons ethniques n’existent que par notre ignorance ” DIOP, 1954 321. PrĂ©venant l’accusation d’exagĂ©ration du rĂŽle de la parentĂ© historique, culturelle et linguistique dans la rĂ©alisation d l’unitĂ© africaine, Cheikh Anta affirma ne pas exagĂ©rer ce rĂŽle et soutint, plutĂŽt, ” qu’on ne doit pas nĂ©gliger son importance “ et qu’il “n’existe pas de clĂ© passe-partout, ni de pierre philosophale ; le secret du succĂšs rĂ©side dans l’usage judicieux et coordonnĂ© de tous les facteurs sans nĂ©gliger le moindre” DIOP, 1954 321. EN GUISSE DE CONCLUSION Au total, la parentĂ© linguistique gĂ©nĂ©tique entre l’égyptien ancien et les langues africaines modernes est Ă©tablie, conquise et acquise. Qu’en faire maintenant ? En vue de la promotion des langues nationales en Afrique, des actions sont Ă  entreprendre sĂ©rieusement Ă  court, moyen et long termes selon les domaines d’application de la linguistique. En linguistique appliquĂ©e et en politique linguistique, il faudra – RĂ©gler les problĂšmes de segmentation, d’harmonisation des orthographes et des terminologies ; – Choisir les langues transfrontaliĂšres vĂ©hiculaires et les Ă©lever au rang de langues sous rĂ©gionales et rĂ©gionales sur tous les plans. – Evaluer et harmoniser les politiques linguistiques et en constituer des banques de donnĂ©es ; – Lancer de vĂ©ritables campagnes de masse d’alphabĂ©tisation en langues nationales Ă  l’échelle sous rĂ©gionale, etc. En linguistique synchronique, il faudra dĂ©velopper les savoirs endogĂšnes en matiĂšre de systĂ©matique de nos langues. Les trĂšs nombreuses lacunes des descriptions africanistes ne constitueront plus alors des obstacles Ă  la promotion de ces langues. Il faudra en faire de mĂȘme pour la dialectologie et la phonologie. En matiĂšre de linguistique historique comparative, il faudra encourager la recherche en vue d’évaluer les atlas linguistiques existants, en Ă©laborer lĂ  oĂč il n’en existe pas, et dresser des cartes linguistiques plus pertinentes, plus prĂ©cises et plus opĂ©ratoires. La poursuite des Ă©tudes comparatives ne doit plus ĂȘtre considĂ©rĂ© comme luxueuse. Car celles-ci contribuent Ă  crĂ©er, consolider et Ă©largir la conscience de l’unitĂ© linguistique, l’autre fondement indispensable de nos politiques d’intĂ©gration. L’interrogation prospective du nĂ©gro-africain OBENGA, 1973, ou du PalĂ©oafricain comme dit Cheik Anta 1977 constituera, donc, l’un des leviers historiques de l’unitĂ© africaine. NOTES BARRY, H. “Contribution Ă  l’étude de l’apport linguistique du professeur Cheikh Anta a PremiĂšre partie in le Malien Magazine n°83 du 4 fĂ©vrier 1999, b DeuxiĂšme partie in le Malien Magazine n°84 du 11 fĂ©vrier 1999, c TroisiĂšme partie in le Malien Magazine n°85 du 18 fĂ©vrier 1999, d QuatriĂšme partie in le Malien Magazine n°86 du 25 fĂ©vrier 1999, On lira avec grand profit les publications suivantes – UNESCO le peuplement de l’Egypte ancienne et le dĂ©chiffrement de l’écriture mĂ©tĂ©orique-Actes du Colloque du Caire du 28 janvier au 3 fĂ©vrier 1974-UNESCO, 1978, 187p. – BARRY. H “ Il y a vingt ans le Colloque du Caire
 “ les cahiers du CAEC n°4, mai 1994, – Anonyme “les vingt ans du Colloque du Caire 1974-1994” in Ankh, revue d’égyptologie et des civilisations africaines, n°3 juin 1994, – OBENGA Th Cheikh Anta DIOP, Volney et le Sphinx Contribution de Cheikh Anta DIOP, Ă  l’histographie mondiale, paris prĂ©sence Africaine/Khepera, 1996, DIOP, Ch A Nations nĂšgre et culture-Paris, prĂ©sence Africaine, 1954,390p. cet ouvrage a Ă©tĂ© depuis rééditĂ© en 1964 et en 1979. Le professeur Jean DEVISSE Ă©tait un des principaux contradicteurs du professeur DIOP voir l’article de Philippe DECRAENE dans le Monde du 4 Mars 1965, et la rĂ©ponse de Cheick Anta, 1967 277-278. Depuis le professeur DEVISSE a eu le temps d’ĂȘtre rapporteur gĂ©nĂ©ral du Colloque du Caire. Il a, ains,i conclu son rapport Ă  la page 100 “La trĂšs minutieuse prĂ©paration des communications des professeurs Cheick Anta DIOP et OBENGA n’a pas eu, malgrĂ© les prĂ©cessions contenues dans le document de travail prĂ©paroire envoyĂ© par l’UNESCO, une contrepartie toujours Ă©gale. Il s’en suivi un rĂ©el dĂ©sĂ©quilibre dans les discutions”. Il a, aussi, tenu ces propos trĂšs touchants le 12 janvier 1986 moins d’un mois avant la mort de Cheikh Anta en la prĂ©sence de DIOP lui-mĂȘme “
il y a des chercheurs de bonne foi, et eux-lĂ  ne se rallient pas forcĂ©ment d’un seul coup, ce n’est pas une reddition. Il ne s’agit pas d’une guerre ou d’une capitulation, ce qui serait de vous et de nous. Il ne s’agit pas de cela et je remercie beaucoup le professeur Cheikh Anta DIOP de m’avoir si clairement montrĂ© l’autre voie” ESSOMBA, 1986 p88. BIBLIOGRAPHIE DES TRAVAUX LINGUISTIQUES DE CHEIKH ANTA DIOP Nations nĂšgres et culture. Paris, PrĂ©sence Africaine, 1954, 1964, 1979,390 p. l’unitĂ© culturelle de l’Afrique noire Paris, PrĂ©sence Africaine 1959, 1982, 203 p. l’Afrique noire prĂ©coloniale. Paris, PrĂ©sence Africaine 1960 1987, 213 p. Les fondements Ă©conomiques et culturels d’un Ă©tat fĂ©dĂ©ral d’Afrique noire. Paris, PrĂ©sence Africaine, 1960, 1974, 124 p. AntĂ©rioritĂ© des civilisations nĂšgres mythe ou vĂ©ritĂ© historique. Paris, PrĂ©sence Africaine 1967, 1993, 299 p. ParentĂ© gĂ©nĂ©tique de l’égyptien pharaonique et des langues nĂ©gro-africains*. Dakar, IFAN/NEA, 1977, 402 p. Le peuplement de l’égyptien ancien et le dĂ©chiffrement de l’écriture meroĂŻtique, organisĂ© sous l’égide de l’UNESCO, le Caire 28 janvier-3 fĂ©vrier 1974, in Histoire gĂ©nĂ©rale de l’Afrique – Etudes et documents, I. UNESCO, 1978,187 p. Civilisation ou barbarie. Paris, PrĂ©sence Africaine, 1981, 1988, 526 p. Nouvelles recherches sur l’égyptien ancien et les langues nĂ©gro-africains modernes* Paris, PrĂ©sence Africaine1988, 221 p. Alerte sous les tropiques – culture et dĂ©veloppement en Afrique noire – articles 1946-1960. Paris, PrĂ©sence Africaine 1990, 148 p. Cheikh Anta DIOP Ecrits Politiques Dakar, GIA, 1996, bilingue français-anglais, 63 p. ARTICLES “Quand pourra-t-on parler d’une reconnaissance africaine ?”, in le MusĂ©e vivant, n° spĂ©cial 36-37, novembre 1948, Paris, pp 57-65. Etude linguistique ouolove. 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Voir aussi Joseph Marie ESOMBA textes recueillis, remis et commentĂ©s par Cheikh Anta DIOP son dernier message Ă  l’Afrique et au monde Janvier 1986 Sorono Italie, MUSEAO GUISEPPPE GIANETTI, 149 p. III. CONFERENCES La nĂ©cessitĂ© d’un enseignement en langue vernaculaire*, organisĂ©e par l’association des Ă©tudiants africains de Paris, Paris, 6 Mercredi 6 Juillet 1949. Un enseignement est-il possible en Afrique dans la langue maternelle* ? Dakar, salle du cinĂ©ma Bataclan, Juillet 1950. NĂ©cessitĂ© et possibilitĂ© d’un enseignement dans la langue maternelle en Afrique* Saint-Louis du SĂ©nĂ©gal, 1950. L’origine du wolof et du Peuple qui parle cette langue* organisĂ©e par la sociĂ©tĂ© des africanistes SecrĂ©taires GĂ©nĂ©ral Marcel GRIAULE, Paris, MusĂ©e de l’homme, Mercredi 9 Mai 1951. Y-a-t-il une unitĂ© culturelle de l’Afrique noire. ConfĂ©rence clĂŽturant les journĂ©es africaines de Rennes, sĂ©minaire organisĂ© par l’association des Ă©tudiants africains et l’AGER sur le thĂšme les langues vernaculaires en Afrique noire et structures sociales de l’Afrique noire en liaison avec le problĂšme des pays sous-dĂ©veloppĂ©s. Comment recrĂ©er Ă  partir d’une langue, l’unitĂ© linguistique en Afrique noire* ConfĂ©rence organisĂ©e par le Centre rĂ©gional d’information de Diourbel SĂ©nĂ©gal, Samedi, 16 Avril 1960 voir le Bulletin du Centre d’information de Diourbel n°6, avril 1960. Lamminu rĂ©ew mi ak gestu* langues nationales et recherche scientifique, Samedi 28 Avril 1984, sĂ©minaire culturel de l’Ecole Normale Germaine Legoff, ThiĂšs SĂ©nĂ©gal – voir le chercheur, revue scientifique de l’association des chercheurs sĂ©nĂ©galais, hommage Ă  Cheikh Anta DIOP, Dakar n°1, 1990, pp. 13-48. L’importance de l’ancienne Egypte pour les civilisations africaines, Paris, Centre Georges Pompidou, confĂ©rence-dĂ©bat organisĂ©e dans le cadre des “journĂ©es des cultures africaines 2”, par l’association KalĂ©idoscope et le service des affaires internationales du Ministre de la culture, 7 Juin 1985 in Nomade, revue culturelle n° spĂ©cial 1-2 “la Bombe” pp. 44-63. CONFERENCES DE PRESSE ConfĂ©rence de presse, le 10 AoĂ»t 1981, Chambre de Commerce de Dakar. ConfĂ©rence de presse, le 15 Mars 1984, le relais avenue Cheikh Anta DIOP. INTERVIEWS “Les intellectuels doivent Ă©tudier le passĂ© non pour s’y complaire mais pur y puiser des leçons”, in la vie africaine, n°6 Mars-Avril 1960 pp. 10-11. Bulletin, CND n°5 Mai 1984 Niamey Niger, propos recueillis par Abdoulaye MAMADOU et Mamane MOUSTAPHA. pp. 10-17. “La langue, Ă©lĂ©ment incontournable de tout dĂ©veloppement*”, propos recueillis par Tachar FAAKAREY, in le Sahel, quotidien nigĂ©rien d’information n°2976 du Lundi 14 Mai 1984, pp. 5-6. “L’oncle Bik” propos recueillis par thĂ©rĂšse KEÏTA et DiouldĂ© LAYA, in Nomade, revue culturelle n° spĂ©cial Cheikh Anta DIOP, 1989, 1-2, pp. 208-231. PREFACE OBENGA ThĂ©ophile, l’Afrique dans l’antiquitĂ© Egypte pharaonique – Afrique noire, Paris, PrĂ©sence Africaine, 1973, p. IX-XII ; NB *Indique les titres uniquement consacrĂ©s Ă  la langue et/ou la linguistique. Pour d’autres informations, consulter ThĂ©ophile OBENGA. Cheikh Anta DIOP, Volney et le sphinx – contribution de Cheikh Anta DIOP Ă  l’historiographie mondiale, Paris, PrĂ©sence Africaine/Khepera, 1993, pp. 417-433. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES LIVRES FAUVELLE, L’Afrique de Cheikh Anta DIOP, Paris, Karthala, 1996, 237 p. FAUVELLE-Aymar Sous la dir. et Alii Afrocentrisme, L’histoire des africains entre Egypte et AmĂ©rique, Paris, Khartala, 2000, 400p. HOMBURGER L a Etude sur le phonĂ©tique historique du bantou, Paris, H. Champion, 1913, 396 p. b Les langues nĂ©gro-africaines et les peuples qui les parlent, Paris, Payot, 350p. HULSTAERT La nĂ©gation dans les langues congolaises, Bruxelles, Librairie Falk fils 1950, 71p. LAM, A De l’origine Ă©gyptienne des peuls, Paris, PrĂ©sence Africaine / Khepera 1993 p. OBENGA, TH a L’Afrique dans l’AntiquitĂ©. Egypte pharaonique/Afrique Noire, Paris, PrĂ©sence Africaine, 1973, 464 p. b Origine commune de l’Egyptien pharaonique, du Copte et des langues nĂ©gro-africaines modernes. Introduction Ă  la linguistique historique africaine. Paris, le Harmattan 1993 . c Cheikh Anta DIOP ; Volney et le sphinx. Contribution de Cheikh Anta Ă  l’historiographie mondiale. Paris, PrĂ©sence Africaine / Khepera, 1996. d Le sens de la lutte contre l’africanisme eurocentriste. Paris, Khepera – le Harmattan, 2001. ARTICLES BOUSQUIAUX, L. “L’Afrique en quĂȘte de ses ancĂȘtres rĂ©flexions d’un linguiste sur l’idĂ©ologie afrocentriste de Cheikh Anta DIOP et ThĂ©ophile OBENGA. Quid d’une origine commune de l’égyptien et des Langues nĂ©gro-africaines ? RĂ©flexions d’un linguiste sur une idĂ©ologie afrocentriste” in. ANKH, n°415, 1995-1996, pp. 340-346. DIAGNE, P. “Histoire et linguistique” Chap. 10, Partie I In Histoire GĂ©nĂ©rale de l’Afrique. Paris, Jeune Afrique/UNESCO, 1980, pp 259-289. FALL, A. “La question linguistique dans l’Ɠuvre de Cheikh Anta DIOP” In Notes africaines, publication semestrielle de L’IFAN, n°192-AoĂ»t 1996. SpĂ©cial Cheikh Anta DIOP, pp. 11-18. FAUVELLE, F. “Les vĂ©ritĂ©s de Cheikh Anta DIOP”. communication au Colloque de commĂ©moration du Xe anniversaire de la mort du Professeur Cheikh Anta DIOP, inĂ©dit, 12 p. GOMEZ “Etude comparĂ©e de l’écriture sacrĂ©e du DanxomĂ© et des hiĂ©roglyphes de l’ancienne Egypte”. Ankh, revue d’égyptologie et d civilisations africaines, n°1 – FĂ©vrier 1992, pp 62-78. GREENGERG – The classification of African, 1948. – “Etude sur la classification des langues africaines” BIFAN, B, 1954, XVI. – The language of Africa. ISAL 1963. HOUIS, M. – “ProblĂšmes linguistiques de l’Ouest africain”. Guide Bleu de l’Afrique Occidentale Française. Paris, Hachette 1955. – “Egyptien pharaonique et langues africaines un dossier ouvert” In Afrique et langage, 1er semestre 1980, pp 69-79. JUPKWO, TH. “parentĂ© gĂ©nĂ©tique entre l’égyptien ancien et les Langues africaines modernes le cas du BamilekĂ©â€, communication faite au Colloque international sur l’Ɠuvre de Cheikh Anta DIOP et la renaissance de l’Afrique au seuil du 3Ăšme millĂ©naire. Dakar Caytu, 26 FĂ©vrier – 2 Mars 1996. Voir RĂ©sumĂ© des communications. p. 33. KOTCHY, B. ” Cheikh Anta DIOP, fondateur des thĂ©ories de la Culture des Nations NĂšgres “. Ethiopiques, revue trimestrielle de la culture nĂ©gro-africaine. Dakar. SpĂ©cial Cheikh Anta DIOP. Nouvelle sĂ©rie, 2Ăšme trimestre 1987 vol. n°s 1-2, pp. 57-68. LAM, A. *a “Egypte ancienne et Afrique noire chez Cheikh Anta DIOP” in PrĂ©sence africaine, Paris, 1989, SpĂ©cial Cheikh Anta DIOP, n°149-150. b “L’étude de l’appartenance de l’Egypte ancienne au monde nĂ©gro-africain, instruments d’analyse et mĂ©thodologie” in ANKH revue d’Egyptologie et de civilisations nĂ©gro-africaines, n°1 FĂ©vrier 1922, pp. 203-213. MARC, M. “Restitution vocalique et pharaonique. Essai sur l’apport de Cheikh Anta DIOP et de ses continuateurs”. Communication faite au Colloque international sur l’Ɠuvre de Cheikh Anta DIOP et la reconnaissance de l’Afrique au seuil du 3Ăšme millĂ©naire. Dakar – Caytu, 26 FĂ©vrier – 2 Mars 1996. cf. RĂ©sumĂ© des communications p. 23. NDIGI, O. “Le basaa, l’égyptien pharaonique et le copte. Premier jalons rĂ©vĂ©lateurs d’une parentĂ© insoupçonnĂ©e” Ankh. Revue d’égyptologie et de civilisations africaines, n°2 – Avril 1993, pp. 85-123. NGOM, G. a * “La parentĂ© gĂ©nĂ©tique entre pharaonique et les langues nĂ©gro-africaines modernes l’exemple de Duala”. Ankh, revue d’égyptologie et de civilisations africaines, n°2 – Avril 1993, pp. 29-83. b * “Du statut parental de l’Egyptien ancien”, communication faite au colloque international sur l’Ɠuvre de cheikh Anta DIOP et la renaissance de l’Afrique au seuil du 3Ăšme millĂ©naire. Dakar – Caytu, 26 FĂ©vrier – 2 Mars 1996 voir RĂ©sumĂ© des communications, pp. 24-26. OBENGA, TH a * “ParentĂ© linguistique gĂ©nĂ©tique entre l’égyptien ancien Ă©gyptien et copte et les langues nĂ©gro-Africaines modernes” in le Peuplement de l’Egypte ancienne et le chiffrement du meroĂŻtique, Actes du Colloque tenu au Caire au 28 janvier au 3 fĂ©vrier 1974, b * “En guise de prĂ©face
 “ Cheikh Anta DIOP Nouvelles recherches sur l’égyptien ancien et les langues nĂ©gro africaines modernes. Paris, PrĂ©sence Africaine, 1988. TERCAFS, J. “Rapprochement entre les langues de certaines Populations du Nord Est de la colonie du Congo et de la langue Ă©gyptienne ancienne et identitĂ© de quelques objets et symboles rituels et magiques d’aprĂšs les recherches de Mlle Jane.” TERCAFS. IN IRCB, Bulletin des sĂ©ances X, I, 1939, TRILLES H. “Au sujet de la langue des fang et de ses lointaines origines” in Revue Anthropologique, 45Ăšme annĂ©e, n°s 4-6, avril -juin 1935, Commentaires via Facebook
Cf ThĂ©ophile Obenga : « Hegel excluait le Noir africain de l’histoire du monde parce qu’il ne reconnaĂźt pas en Afrique noire la rĂ©vĂ©lation de la Raison divine, de l’Esprit universel, ni aucune sublime crĂ©ation de la raison dans l’évolution historique de l’humanitĂ© », in Volney, Cheikh Anta Diop et le Sphinx, PrĂ©sence africaine, Paris, 1996. Rappelons Ă©galement
C’était la tĂąche de l’enseignement colonial de vĂ©hiculer cette vision europĂ©enne de l’histoire de l’Afrique. Mais entre 1946 et 1954, Cheikh Anta Diop va opĂ©rer la rupture Ă©pistĂ©mologique et philosophique »1 et restituer Ă  l'Afrique et Ă  l’humanitĂ© leur vĂ©ritable histoire. Son audace devient le fondement de l’historiographie africaine contemporaine. Mais depuis a-t- on jamais fait le bilan de la nouvelle Ă©criture de l’histoire dans l’enseignement ? Aussi cette Ă©tude tente – elle de rĂ©pondre aux questions suivantes Qui Ă©crit notre histoire ? Dans quel but dĂ©clarĂ© ? Quel est la matiĂšre historique abordĂ©e ? Le discours historique est- il un discours scientifique ? L’histoire est-elle Ă©crite dans une perspective afrocentrique 2 ? Quel pourrait ĂȘtre l’impact de cet enseignement sur la sociĂ©tĂ© ? Quelles seraient les mesures correctrices Ă  prendre ? L’étude cible les manuels scolaires d’histoire des classes des collĂšges de la CĂŽte d’Ivoire Ă©ditĂ©s par le groupe Hatier International 3 et qui sont utilisĂ©s Ă  titre exclusif par l’Education Nationale. Ces livres sont toujours en vigueur, depuis 16 ans pour les plus anciens d’entre eux. L’étude se limite aux pĂ©riodes de la prĂ©histoire et de l’histoire ancienne. La pĂ©riode choisie est dĂ©cisive car elle prĂ©sente l’intĂ©rĂȘt d’évaluer la place accordĂ©e Ă  l’Afrique dans la genĂšse de l’humanitĂ© et le rĂŽle inaugural que ce continent a jouĂ© dans l’élaboration de la civilisation. Ainsi le plan de l’étude se prĂ©sente en trois parties - La premiĂšre partie examine les questions ; qui Ă©crit l’histoire ? et pourquoi ? - La deuxiĂšme partie relative Ă  la critique historique prĂ©sente chronologiquement les faits et les faits passĂ©s sous silence tout en Ă©valuant leur impact sur le discours. - La troisiĂšme partie dĂ©gage de ce qui prĂ©cĂšde les principes directeurs qui guident cette Ă©criture de l’histoire. Tout au long de cette enquĂȘte », il y a l’intention avouĂ©e de traquer », de dĂ©manteler, de dĂ©construire » la falsification dans l’histoire. Le but est de veiller Ă  la transmission de la vĂ©ritĂ© historique aux jeunes gĂ©nĂ©rations pour que soit prĂ©servĂ© le patrimoine intellectuel de l’humanitĂ©. 1 Obenga ThĂ©ophile, Cheikh Anta Diop, Volney et le sphinx ; Contribution de Cheikh Anta Diop Ă  l'historiographie mondiale, Paris, Khepera, PrĂ©sence Africaine, 1996, page 27 Ă  32. 2 Molefe Kete Asante, l’afrocentricitĂ©, traduction Ama Mazama, Paris, Editions Menaibuc, 2003, page 18. 3 Une Ă©quipe d’enseignants africains, Histoire GĂ©ographie, 6Ăšme, Paris, CEDA/ Hatier international, 2001. Sophie Lecallennec coordination, une Ă©quipe d’enseignants africains, Histoire GĂ©ographie, 5Ăšme, Paris, CEDA/ Hatier international, 1998. Une Ă©quipe d’enseignants africains, Histoire 1 - LES AUTEURS ET LEURS MOTIVATIONS AVOUÉES Le chercheur français Henri – IrĂ©nĂ©e Marrou qui a rĂ©flĂ©chi Ă  la question de la subjectivitĂ© et de l’honnĂȘtetĂ© de l’historien recommande ceci Que l’historien se prĂ©sente lui-mĂȘme, dĂ©finisse sa propre orientation de pensĂ©e, explicite ses postulats »4 . Or les manuels qui font l’objet de notre Ă©tude, sont signĂ©s par une Ă©quipe d’enseignants africains ». Qui sont ces enseignants anonymes ? Nous n’avons aucune information sur leur identitĂ©, encore moins sur leurs compĂ©tences. Le volet histoire 5 de chaque manuel est rĂ©alisĂ© sous la coordination » de Sophie le Callennec. Or Sophie le Callennec n’est pas africaine. Elle est française et par ailleurs elle est l’auteure de manuels d’histoire actuellement en usage dans l’enseignement français pour le mĂȘme groupe d’édition français, Hatier. A ce propos voici la position de l’historien Joseph Ki – Zerbo. 
 la confection des manuels d’histoire de l’Afrique Ă  l’usage des jeunes citoyens africains, doit incomber avant tout Ă  des historiens africains ! Ceux – ci ont vocation pour Ă©duquer leurs concitoyens » 6 Aussi nous sommes autorisĂ©s Ă  penser que par le biais d’une sociĂ©tĂ© d’édition privĂ©e et d’une historienne française, l’ancienne puissance coloniale contrĂŽle la production de l’histoire scolaire en CĂŽte d’Ivoire. La suspicion est d’autant plus grande que les auteurs manquent Ă  leur devoir en taisant leur intention historique ». Ils ne dĂ©finissent pas leur orientation de pensĂ©e » et n’explicitent pas leurs postulats ». On ne sait pas le but qu’ils recherchent. Or ceci est une faiblesse pĂ©dagogique, mĂ©thodologique et Ă©thique impardonnable. Pourquoi taire l’ intention historique » ? Que veut – on cacher ? Pourquoi ? Mais n’allons pas trop vite en besogne, restons comme nous le recommande Cheick Anta Diop sur la voie sĂ»re de la science. Examinons au prĂ©alable le contenu du discours. GĂ©ographie, 4Ăšme, Paris, CEDA/ Hatier international, 2002. Une Ă©quipe d’enseignants africains Histoire GĂ©ographie, 3Ăšme, Paris, CEDA/ Hatier international, 1999. 4 Henri – IrĂ©nĂ©e Marrou citĂ© par Obenga ThĂ©ophile, Cheikh Anta Diop, Volney et le sphinx ; Contribution de Cheikh Anta Diop Ă  l'historiographie mondiale, Paris, Khepera, PrĂ©sence Africaine, 1996 5 Les manuels sont des manuels d’histoire et gĂ©ographie. 6 Joseph Ki-Zerbo, Histoire de l'Afrique noire d'hier Ă  aujourd'hui, Paris Hatier, 1978, page 29 2 – LA CRITIQUE DES FAITS 21 - La prĂ©histoire et le palĂ©olithique 1 L’Afrique est le berceau de l’humanitĂ©. La chaine complĂšte de l’évolution humaine se trouve en Afrique. L’espĂšce humaine a une origine commune venue de l’Afrique de l’Est tant au niveau de l’homo erectus, du NĂ©andertalien, et de l’homo sapiens sapiens. Ce processus Ă©volutif et adaptatif de l’homme Ă  partir de la terre d’Afrique est pratiquement ignorĂ© dans les manuels. Aussi le mode de vie des envahisseurs homo sapiens africains en Europe et en Asie est tu. Les auteurs africains de l’art aurignacien aux magnifiques sculptures ne sont pas connus. 2 La naissance de l’homme moderne en Afrique y est encore considĂ©rĂ©e sous forme trĂšs hypothĂ©tique. Or l’apparition de l’homo sapiens sapiens ou homme moderne en Afrique est un fait vĂ©rifiable depuis la dĂ©couverte en 1967 par le palĂ©ontologue Louis Leakey de deux crĂąnes fossiles Omo 1 et Omo 2. La nouvelle datation faite en 2006 donne 195 000 ans plus ou moins 5 000 ans avant l’ùre chrĂ©tienne. 3 Le palĂ©olithique et l’art sont nĂ©s en Afrique et non en Europe comme le laisse entendre les auteurs. Les derniĂšres dĂ©couvertes faites en 1991 par Henshilwood Ă  partir des pierres gravĂ©es et des coquillages ayant servi de bracelets et de colliers trouvĂ©s dans la grotte Blombos en RSA montrent que l’art graphique et la pensĂ©e symbolique sont apparus depuis bien longtemps en Afrique, vers 77 000 ans avant l’ùre chrĂ©tienne. Alors qu’en Europe les auteurs confirment 35 000 ans avant l’ùre chrĂ©tienne. 22 - La prĂ©histoire et le nĂ©olithique 4 Le nĂ©olithique apparait trĂšs tĂŽt en Afrique dans les sociĂ©tĂ©s pratiquant le mode de vie sur la base de graminĂ©es sauvages. Deux inventions au moins du nĂ©olithique africain sont incontestablement les plus anciennes du monde la cĂ©ramique et l’élevage. Ces rĂ©alisations sont ignorĂ©es des manuels. Tout au contraire, les auteurs affirment que c’est l’Asie occidentale qui a vĂ©cu les premiĂšres transformations 7. L’élevage. Les Ă©tudes d'A. Close et F. Windorf en 1990 8 attestent de la domestication des bovins dans le courant du 9 Ăš millĂ©naire avant l’ùre chrĂ©tienne en Basse-Nubie sites de Nabta Playa et de Kir Kiseiba, soit plus de 1000 ans avant la GrĂšce ou le Proche – Orient. La cĂ©ramique. Son anciennetĂ© en Afrique est scientifiquement attestĂ©e par l’historiographie contrairement Ă  ce que disent les auteurs de manuels 9 Il y a la cĂ©ramique trouvĂ©e dans la grotte de Gamble Elmenteira, Ă  l'est du lac Victoria Nyanza datĂ©e du 7 Ăš millĂ©naire avant l’ùre chrĂ©tienne 10. Il y a celle du Sahara au sujet de laquelle J. Desange affirme que De l’Ennidi au Hoggar, les dĂ©buts de la cĂ©ramique peuvent ĂȘtre fixĂ©s au 8Ăšme millĂ©naire. 11». L’archĂ©ologue Eric Huysecom, auteur d’une thĂ©orie sur l’existence d’un nĂ©olithique africain, rĂ©vĂšle que les tessons de cĂ©ramiques dĂ©couverts Ă  Ounjougou, au Mali, en 2003 ont Ă©tĂ© datĂ©s du XI millĂ©naire avant l’ùre chrĂ©tienne 12, soit 2000 ans avant l’apparition de la cĂ©ramique au Proche-Orient. L’agriculture. La date de son invention est plus ancienne en Afrique que ne le prĂ©tendent les manuels 8 Ăšme millĂ©naire avant l’ùre chrĂ©tienne en Haute – Egypte et environ 1000 ans plus tard dans le Sahara central selon A. Close 13 alors que les manuels n’indiquent pas plus de 3000 ans avant l’ùre chrĂ©tienne. Par ailleurs, les manuels ne mentionnent pas qu’il existait une prĂ©-agriculture trĂšs ancienne. Selon F. Wendorf et R. Schild l’orge Ă©tait connue en Haute Egypte depuis et y faisait l’objet d’une prĂ© - agriculture vers 12 000/10 000 avant l’ùre chrĂ©tienne 14 La sĂ©dentarisation. Les auteurs passent sous silence la fondation d’une ville sur le site de Nabta playa en Basse Nubie dĂšs le 8 Ăš millĂ©naire avant l’ùre chrĂ©tienne. Au total c’est Ă  tort que les manuels enseignent que la rĂ©volution du nĂ©olithique » a eu lieu en Asie Occidentale 15 5 Le plus ancien site d’observation astronomique est attestĂ© Ă  Nabta Playa autour de 4800 avant l’ùre chrĂ©tienne. Ceci est ignorĂ© par les manuels. A l’inverse, le site mĂ©galithique de Stonehenge Wiltshire en Angleterre datĂ© entre 3000 et 1500 est mis en valeur par une photographie dans la leçon les civilisations du nĂ©olithique » 16. 6 L’origine de la civilisation Ă©gyptienne n’est ni europĂ©enne ni asiatique. Elle est Nubienne. Ce fait est passĂ© sous silence dans les manuels. En 1963-1964, Les fouilles menĂ©es par Keith Seele au cimetiĂšre de Qostul en Nubie mettent en Ă©vidence l’appartenance de ce cimetiĂšre au groupe A », c'est-Ă -dire Ă  une culture nubienne du prĂ©dynastique rĂ©cent. 3500 – 3050. En 1978, Bruce Williams, qui travaillait sur les objets trouvĂ©s dans ce cimetiĂšre, attire l’attention sur les motifs gravĂ©s sur un encensoir cylindrique. Le chercheur y reconnait les symboles de la royautĂ© nubienne avec tous les futurs attributs essentiels de la monarchie Ă©gyptienne couronne blanche de la haute Egypte, le Dieu faucon Horus, la façade d’un palais rappelant celle du domaine funĂ©raire de Djoser et des signes hiĂ©roglyphiques annonçant l’écriture. L’archĂ©ologue Fred Windorf a mis Ă  jour une ville prĂ©historique dans la rĂ©gion de Nabta Ă  l’Ouest de Abou Simbel 17 Basse – Nubie ; c’est la plus vieille ville mise Ă  jour dans le monde Ă  ce jour. Ses dĂ©buts datent du 8Ăšme millĂ©naire avant l’ùre chrĂ©tienne. Cette dĂ©couverte dĂ©montre que la Basse Nubie fut le berceau de la civilisation. 7 L’antĂ©rioritĂ© de la civilisation Ă©gyptienne sur celle d’Asie ne faisait aucun doute pour tous les anciens grecs comme HomĂšre, HĂ©rodote, Diodore de Sicile. C’est l’Egypte qui apporte les Ă©lĂ©ments de la civilisation au monde mĂ©diterranĂ©en dĂšs le XVI Ăš siĂšcle avant l’ùre chrĂ©tienne 18. En effet c’est sous ThoutmĂšs III en particulier que l’Egypte a conquis toute la MĂ©diterranĂ©e orientale CrĂšte, Chypre, les Cyclades.. et toute l’Asie Occidentale Khati, pays des hittites, le Mitanni, l’Amourrou, Kadhesh, la Syrie, le pays d’Akkad, la Babylonie. Au total 110 Ă©tats Ă©trangers furent intĂ©grĂ©s Ă  l’empire Ă©gyptien 19. La civilisation n’est donc pas nĂ©e en Asie comme l’affirme sans grande conviction les auteurs des manuels 20 8 L’antĂ©rioritĂ© historique et culturelle de la Haute – Egypte sur la Basse – Egypte. Cette thĂšse dĂ©fendue en 1954 par Cheikh Anta Diop, sur la base des dĂ©positions des anciens grecs comme le tĂ©moignage oculaire d’HĂ©rodote 21, sera confirmĂ©e par de nombreuses dĂ©couvertes ultĂ©rieures dont celle de Jacques Labeyrie 22 CEA/CNRSD en 1985 qui utilise la science physico-chimiste. Ce dernier prouve ainsi que le delta Ă©merge seulement Ă  partir de 3500 ans avant l’ùre chrĂ©tienne 23. 9 Il est aujourd’hui Ă©tabli que la Nubie est la matrice de l’Afrique. C’est le point de dĂ©part des premiĂšres migrations pour peupler l’Afrique et le monde. C’est aussi le foyer culturel de l’Afrique. Or la Nubie antique prĂ©dynastique, Kerma, Koush, Napata, MĂ©roĂ© est totalement absente des manuels. Les fouilles de C. Bonnet montrent que la civilisation de Kerma ignorĂ©e par les manuels s’est Ă©tendue de 2500 Ă  1500 annĂ©es avant l’ùre chrĂ©tienne 24. 10 Les anciens Ă©gyptiens sont africains et nĂšgres. A la cĂ©lĂšbre confĂ©rence de l’UNESCO au Caire en 1974, deux gĂ©ants intellectuels africains » Diop et T. Obenga en s’appuyant sur la science, la linguistique, l'anthropologie, et l'histoire ont dĂ©montrĂ© que les Anciens Égyptiens Ă©taient des Noirs. Ils ont fait usage d'un test relatif Ă  la mĂ©lanine sur la peau d'une momie, aux peintures murales des tombes, Ă  la comparaison avec les autres langues africaines, ainsi qu'aux tĂ©moignages des Anciens 25. Or les auteurs des manuels ont dĂ©tachĂ© l’Egypte de l’Afrique. Ils n’enseignent pas aux enfants d’Afrique que la civilisation Ă©gyptienne a Ă©tĂ© l’Ɠuvre de leurs ancĂȘtres. Nous sommes ici au cƓur du projet occidental de falsification ; c’est le crime contre l’humanitĂ© » que Diop Ă©voque. 7 Une Ă©quipe d’enseignants africains, Histoire GĂ©ographie, 6Ăšme, Paris, CEDA/ Hatier international, 2001, p 26. 8 F. Wendorf, A. Close, A. Gautier et R. Schild, Les dĂ©buts du pastoralisme en Egypte, La Recherche vol. 21 n°220, avril 1990 pp. 436-446. 9 Une Ă©quipe d’enseignants africains, Histoire gĂ©ographie, 6 e. Paris, CEDA, Groupe Hatier internatidinational, 2001. Page 26. 10 Sutton, Chapitre 19, PrĂ©histoire de l'Afrique orientale, Histoire gĂ©nĂ©rale de l'Afrique, vol. 1, Paris, Jeune – Afrique/Unesco, 1980, Page 489 - 524. 11 J. Desanges, Chapitre 17, Les protoberbĂšres », Histoire GĂ©nĂ©rale de l’Afrique, vol 2, Jeune Afrique/Unesco, Paris, 1980, pages 455. 12 Éric Huysecom, Un nĂ©olithique "trĂšs" ancien en Afrique de l'Ouest, Dossier Pour la Science n° 76, Juillet-septembre 2012. Le chercheur Ă©crit Or Ă  Ounjougou, au Mali, en 2003, nous avons dĂ©couvert des fragments de cĂ©ramiques dans une strate du dĂ©but de l'HolocĂšne, la pĂ©riode couvrant les 12 derniers millĂ©naires. Notre Ă©tonnement a encore grandi lorsqu'Ă  l'issue des campagnes de fouilles menĂ©es entre 2004 et 2006, nous avons obtenu pour ces tessons des datations nous renvoyant plus de 11 500 ans en arriĂšre, soit plus de 2 000 ans avant l'apparition de la cĂ©ramique au Proche-Orient et plus de 500 ans avant les plus anciens tĂ©moins du Sahara et de la vallĂ©e du Nil » 13 A. close, Journal of African history, 1984, vol. 25, page 4. 14 Louise – Marie Diop Maes, apport des datations physico – chimiques Ă  la connaissance du passĂ© africain, Ankh 1999/2000, N°8 9, pages 144-169. 15 Une Ă©quipe d’enseignants africains, Histoire gĂ©ographie, 6 e, Paris, CEDA, Groupe Hatier internatidinational, 2001. Page 26. 16 Une Ă©quipe d’enseignants africains, Histoire gĂ©ographie, 6 e. Paris, CEDA, Groupe Hatier internatidinational, 2001. Page 29. 17 Louise Marie Diop-Maes, Afrique Noire DĂ©mographie, sol et histoire, Paris, PrĂ©sence Africaine/Kehepera, 1996, page 21. 18 C’est donc la XVIIIĂš dynastie Ă©gyptienne qui par la colonisation et l’introduction de l’écriture, a sorti de la Protohistoire, la CrĂšte, Chypre, la GrĂšce continentale ou mycĂ©enne, l’Asie mineure ». Diop Cheick Anta, Civilisation ou barbarie ; anthropologie sans complaisance. Paris, PrĂ©sence Africaine, 1981, p 128. 19 Ibidem, p. 110 et 119. 20 les villes les plus anciennes ont Ă©tĂ© retrouvĂ© en Asie Occidentale » Une Ă©quipe d’enseignants africains, Histoire gĂ©ographie, 6 e. Paris, CEDA, Groupe Hatier internatidinational, 2001. Page 28. 21 
toute l’Egypte sauf le nome thĂ©baĂŻque Ă©tait un marĂ©cage, et que rien n’émergeait alors des parties du pays existant maintenant au-dessous plus au nord du lac de Moeris
il est Ă©vident
que la rĂ©gion de l’Egypte oĂč les Grecs se rendent en bateau est une terre qui s’ajouta au pays des Egyptiens, un prĂ©sent du fleuve..»HĂ©rodote, Histoires, Livre II, 4-5, Paris, SociĂ©tĂ© d’édition les belles lettres, 1936, page 68 -69 22 Jacques Labeyrie, l’homme et le climat, Paris, 1985. 23 Obenga ThĂ©ophile, Cheikh Anta Diop, Volney et le sphinx ; Contribution de Cheikh Anta Diop Ă  l'historiographie mondiale, Paris, Khepera, PrĂ©sence Africaine, 1996. 24 Louise Marie Maes-Diop, Enseignement de la prĂ©histoire des rectifications qui s’imposent, ANKH, Revue d’Egyptologie et des civilisations Africaines, N°16 AnnĂ©e 2007. Page 233 Ă  237. 25 Molefe Kete Asante, L'Origine Africaine de la Philosophie Mythe ou RĂ©alitĂ© ? Vu sur le site de Afrocentricity le 11/07/201 ; 23 - L'histoire ancienne 11 L’invention du calendrier. Le plus vieux calendrier du monde est attestĂ© dĂšs 4236 av l’ùre chrĂ©tienne en Egypte. Les Ă©gyptiens vont aussi introduire pour la premiĂšre fois dans l’histoire de l’humanitĂ© la notion d’ùre avec la chronologie absolue. Ils vont utiliser le nombre de levers hĂ©liaques de Sirius pour servir de repĂšre et d’échelle de chronologie absolue. Les manuels ignorent ce fait et ne font point allusion aux anciens calendriers africains dont les vestiges persistent encore dans de nombreuses traditions alors mĂȘme qu’ils Ă©voquent les calendriers chrĂ©tiens et musulmans. 12 L’invention de l’écriture. L’Afrique est le berceau de l’écriture. En 1992, l’égyptologue allemand, G. Dreyer, dĂ©couvre que l’écriture hiĂ©roglyphique ancienne, gravĂ©e sur environ 200 Ă©tiquettes » en ivoire trouvĂ©es Ă  Abydos remonte au-delĂ  de 3250 avant l’ùre chrĂ©tienne, vers 3400. C’est la plus ancienne date attestĂ©e pour l’écriture dans le monde. Or les auteurs en se contentant d’affirmer que la civilisation Ă©gyptienne fut l’une des premiĂšres Ă  utiliser une Ă©criture 26» ne rendent pas totalement justice aux anciens Ă©gyptiens qui sont les premiers Ă  titre exclusif Ă  utiliser l’écriture. 13 La naissance de l’Etat. L’Etat pharaonique est le premier Etat actuellement connu selon l’égyptologue Bernadette Menu 27. Sa naissance se situe au passage de la dynastie 0 Ă  la 1Ăšre dynastie, c'est-Ă -dire aux alentours de 3200 – 3100 avant l’ùre chrĂ©tienne. C’est la monarchie absolue et sacrĂ©e instaurĂ©e par le Per aa Namer qui succĂšde Ă  la FĂ©dĂ©ration dirigĂ©e par un souverain unique 28. Depuis l’antiquitĂ©, l’Etat pharaonique est un modĂšle pour l’humanitĂ©. Il convient aussi d’insister sur le fait que l’Etat Ă©gyptien est un Etat au sens moderne du terme ; bureaucratie, centralisation de l’Etat, modĂšle impĂ©rialiste, Ă©tendue du territoire, efficacitĂ© du systĂšme idĂ©ologique, Ă©galitĂ© des droits des femmes et des hommes, droit public , monnaie, armĂ©e nationale, diplomatie, grands travaux, systĂšme Ă©ducationnel et juridique fondĂ©e sur la MaĂąt. Ce fait important est passĂ© sous silence. 14 La religion dans l’antiquitĂ© Atoum le crĂ©ateur, Amon l’invisible, Ptah le forgeron, Aton lumineux, Ra le soleil, le concept de Dieu est attestĂ© pour la premiĂšre fois en Afrique vers 2800 ans 29 avant l’ùre chrĂ©tienne. Il apparaĂźt d’emblĂ©e en tant que dieu » unique, crĂ©ateur du ciel, de la terre et des hommes. Le monothĂ©isme est nĂ© en Afrique et non en Asie hĂ©breux comme le laisse entrevoir les manuels. La premiĂšre Ă©criture de l’humanitĂ© est sacrĂ©e. Elle s’appelle les Mdw Ntr Paroles de Dieu traduit hiĂ©roglyphes » par les grecs. Elle contient tous les premiers concepts religieux qu’on retrouvera plus tard dans les textes sacrĂ©s ultĂ©rieurs la Thora, la Bible et le Coran ; monothĂ©isme, sauveur, paradis, enfer, jugement dernier, fils de dieu, commandements, prophĂšte, immaculĂ©e conception, symbolisme des chiffres, etc. En particulier les anciens Ă©gyptiens sont les premiers Ă  avoir créé l’idĂ©e de survie de l’ñme des dĂ©funts au moins dĂšs 3300 avant l’ùre chrĂ©tienne 30. C’est Ă  Kemet Ă©galement qu’on a dĂ©couvert le plus ancien code moral de l’humanitĂ© – la Maat - qui date de 2 300 avant l’ùre chrĂ©tienne 31. Tout ceci n’est pas enseignĂ© dans nos Ă©coles. Et pourtant cette spiritualitĂ© est la source des valeurs morales et Ă©thiques, du droit, des rapports sociaux et Ă©conomiques que partagent encore toute l’Afrique nĂ©gro-africaine. Or c’est surtout ici que trouve sens cette importante remarque de Henri – IrĂ©nĂ©e Marrou Je continue Ă  penser qu’une fonction essentielle de l’histoire est la rĂ©cupĂ©ration des valeurs du passĂ© au profit de la culture vivante aujourd’hui »32 . 15 Utilisation des mĂ©taux en Afrique La mĂ©tallurgie du fer en Afrique est non seulement autochtone mais semble ĂȘtre la plus ancienne du monde ; elle est attestĂ©e Ă  une Ă©poque oĂč ce mĂ©tal Ă©tait encore inconnu en Europe Occidentale. La datation du fer dans le massif de Termit entre le lac Tchad et le massif de l’Air donne 1500 ans avant l’ùre chrĂ©tienne. Celle de Egaro au Niger ouest de Termit donne 2500 avant l’ùre chrĂ©tienne 33. Ceci n’est pas enseignĂ© dans les manuels. 16 L’invention de la monnaie La fonction de l’unitĂ© de compte Ă  Kemet est attestĂ©e dans les documents comptables qui nous sont parvenus. Les unitĂ©s utilisĂ©es sont des contreparties comptables Ă©tablissant des valeurs entre les biens 34. DĂšs l’Ancien Empire Egyptien, les Africains anciens ont Ă©laborĂ© le premier Ă©talon monĂ©taire de l’histoire humaine, Ă  savoir le ShĂąty ». Or les auteurs nient l’existence en Egypte de la monnaie en la rĂ©duisant Ă  des Ă©changes basĂ©s sur le troc 35. 17 Les sciences et la philosophie Les auteurs passent pratiquement sous silence les rĂ©alisations scientifiques et philosophiques des africains de la vallĂ©e du Nil 36. Pourtant les plus anciens documents Ă©crits, dĂ©couverts jusqu’à nos jours, relatifs aux sciences, Ă  la philosophie, Ă  la thĂ©ologie, Ă  la religion, proviennent, pour la plupart, de la vallĂ©e du Nil 37. Dans le papyrus de Moscou qui date de la XI Ăšme dynastie, les africains y ont Ă©tabli 2000 ans avant l’ùre chrĂ©tienne, la formule rigoureuse de la surface d'une demi-sphĂšre et ont calculĂ© le volume de la pyramide tronquĂ©e, la longueur de la circonfĂ©rence du cylindre et la surface du rectangle. Le papyrus de Rhind est un traitĂ© mathĂ©matique de Ahmose Ahmes qui est lui–mĂȘme une duplication de rĂ©sultats encore plus anciens remontant au Moyen - Empire vers -2000. Il contient 87 problĂšmes rĂ©solus d'arithmĂ©tique, d'algĂšbre, de gĂ©omĂ©trie et d'arpentage. Au niveau philosophique, les auteurs font Ă©galement l’impasse sur l’existence des systĂšmes de pensĂ©e et de la philosophie dans l’Egypte antique. Or de nombreuses Ă©tudes sont disponibles ; Il s’agit notamment des travaux de Cheikh Anta Diop38, Mubabinge Bilolo39 , ThĂ©ophile Obenga40,41 et GrĂ©goire Biyogo42 La philosophie a commencĂ© Ă  ThĂšbe au 3Ăšme millĂ©naire avant notre Ăšre, avec la philosophie des mystĂšres. Alors que le commencement de la philosophie grecque est datĂ© des premiers penseurs de l’Asie mineure, notamment au VII Ăš siĂšcle avant notre Ăšre 43. Les Ă©coles thĂ©baine, memphite, hĂ©liopolitainne, Amarnienne et Saite sont toutes des Ă©coles philosophiques avec l’identification des leurs concepts et de leurs grands prĂȘtes. 18 Le rayonnement intellectuel de l’Egypte. DĂšs la haute antiquitĂ©, la civilisation Ă©gyptienne impliquait pour les grecs une grande avance intellectuelle, littĂ©raire, artistique », du pays de la vallĂ©e du Nil. Planton rapporte un imaginaire collectif » devenu une tradition acceptĂ©e, Ă  savoir que c’est le dieu Ă©gyptien Djehouty Thot qui inventa les arts, les sciences, la gĂ©omĂ©trie, l’astronomie, les lois, l’écriture. Des gĂ©nĂ©rations de futurs savants grecs ont Ă©tĂ© dans la vallĂ©e du Nil pour apprendre et recevoir une Ă©ducation auprĂšs des prĂȘtes et savants de l’Egypte antique. 26 Une Ă©quipe d’enseignants africains, Histoire gĂ©ographie, 6 e. Paris, CEDA, Groupe Hatier international, 2001, page 62 27 Bernadette Menu, Egypte pharaonique, nouvelle recherche sur l’histoire juridique, Ă©conomique et sociale de l’ancienne Egypte, l’Harmattan, 2013, page 17. 28 Ibidem, page 20. 29 Extrait du papyrus Brenner Rhind. 
Ainsi parla le Seigneur de l’univers
Je fis ce que je fis en Ă©tant seul, avant qu’aucun autre ĂȘtre que moi ne vint Ă  exister » 30 D’aprĂšs Jacques Pirenne dans Ăąme et vie d’outre – tombe chez les Ă©gyptiens de l’ancien Empire ». CitĂ© par Obenga. Obenga ThĂ©ophile, Cheikh Anta Diop, Volney et le sphinx ; Contribution de Cheikh Anta Diop Ă  l'historiographie mondiale, Paris, Khepera, PrĂ©sence Africaine, 1996. Page 245. 31 ThĂ©ophile Obenga, la philosophie africaine de la pĂ©riode pharaonique 2780 – 330 avant l’ùre chrĂ©tienne, Paris, l’harmattan, 1990, page 169-185. 32 Henri-IrĂ©nĂ©e Marrou, de la connaissance historique, Paris, Edition du Seuil, 1954, page 303. 33 G. QuĂ©chon et al, journal des africanistes, 62,2 1992, pp55-68 34 Un attendu de jugement datant d’environ 2600 ans avant l’ùre chrĂ©tienne atteste de l’existence d’un Ă©talon monĂ©taire dĂšs l’Ancien Empire. 35 Une Ă©quipe d’enseignants africains, Histoire gĂ©ographie, 6 e. Paris, CEDA, Groupe Hatier international, 2001, page. 54. 36 En effet on lit dans la leçon 39, intitulĂ©e l’art et la pensĂ©e dans la GrĂšce antique d’importantes dĂ©couvertes ont Ă©tĂ© faites par les Grecs comme Pythagore et ArchimĂšde, qui posĂšrent les fondements de la gĂ©omĂ©trie et des Sciences physiques ». Une Ă©quipe d’enseignants africains, Histoire gĂ©ographie, 6 e. Paris, CEDA, Groupe Hatier international, 2001 37 Mubabinge Bilolo, Les cosmo-thĂ©ologies philosophiques de l’Egypte antique ; problĂ©matiques-prĂ©misses hermĂ©neutiques et problĂšmes majeurs, PUA/Editions Menaibuc, Paris, 1986, PrĂ©face, page V. 38 Diop, Cheick Anta, Civilisation ou barbarie ; anthropologie sans complaisance, Paris, PrĂ©sence Africaine, 1981. 39 Mubabinge Bilolo, Les cosmo-thĂ©ologies philosophiques de l’Egypte antique ; problĂ©matiques-prĂ©misses hermĂ©neutiques et problĂšmes majeurs, PUA/Editions Menaibuc, Paris, 1986. 40 ThĂ©ophile Obenga, La philosophie africaine de la pĂ©riode pharaonique -2780-330 avant notre Ăšre », l’harmattan, 1990, Paris. 41 ThĂ©ophile Obenga, l’Egypte, la GrĂšce et l’Ecole d’Alexandrie; histoire interculturelle dans l’antiquitĂ© ; aux sources Ă©gyptiennes de la philosophie grecque, Paris, Khepera/L’Harmattan, 2005. 42 GrĂ©goire Biyogo, histoire de la philosophie africaine, Livre 1, le berceau Ă©gyptien de la philosophie, Paris, L’Harmattan, 2006. 43 Ibidem, p. 81. 3 – LE PRINCIPE DE BASE DE LA PENSÉE DES AUTEURS La critique historique des manuels nous permet maintenant de dĂ©gager clairement les principes de base sur lesquels repose le discours » des auteurs. 31 - La nĂ©gation du paradigme civilisationnel » africain Dans les annĂ©es 1940, Cheikh Anta Diop crĂ©e et dĂ©finit le concept de paradigme civilisationnel africain » ; Les nouvelles humanitĂ©s africaines devront reposer sur les fondements de la culture Ă©gypto-nubienne, de mĂȘme que les humanitĂ©s occidentales s’appuient sur la culture grĂ©co-romaine antique. Sans rĂ©fĂ©rence systĂ©matique Ă  l’Egypte dans tous les domaines de la culture, il ne sera pas possible de bĂątir un corps de sciences humaines le spĂ©cialiste africain qui veut faire Ɠuvre scientifique n’a pas le choix, il ne peut pas se contenter de flirter avec les faits culturels Ă©gyptiens »44 . Or l’analyse des manuels d’histoire examinĂ©s dans cette Ă©tude montre que les auteurs ne prennent pas Ă  leur compte l’hĂ©ritage des humanitĂ©s classiques africaines. Tout au contraire, les auteurs s’emploient Ă  couper l’Egypte ancienne du reste du monde africain pour la rattacher Ă  l’Orient. 32 - Le temps historique et l’unitĂ© culturelle niĂ©s Ă  l’Afrique. L’histoire africaine qui se donne Ă  voir dans ces manuels nie l’unitĂ© historique et culturelle du continent. Et pourtant les travaux de Cheikh Anta Diop et ThĂ©ophile Obenga ont dĂ©finitivement rĂ©glĂ© la question. En effet, L’Ɠuvre de Cheikh Anta Diop a introduit le temps historique et l’unitĂ© culturelle dans les Ă©tudes africaines, sortant l’Afrique du carcan anhistorique et ethnographique dans lequel les historiens africanistes traditionnels l’avaient enfermĂ©e »45 . En 1993, ThĂ©ophile Obenga, dans un livre fondateur de la linguistique historique africaine 46, Ă©tablit l’unitĂ© culturelle Negro –Africaine sur la base de la linguistique historique. L’aspiration de tous les Ă©tats africains et des africains du continent et de la diaspora est de construire une fĂ©dĂ©ration politique panafricaine. Mais comment construire un avenir commun, si l’enseignement de l’histoire dissimule et minorise le destin commun qui lie tous les africains depuis la naissance de l’humanitĂ© ? 33 - La question de la pĂ©riodisation de l’histoire Les auteurs appliquent le concept de Moyen Age Ă  l’Afrique 47. Or tous les historiens africains s’accordent Ă  dire que la pĂ©riode du Moyen - Age en Europe correspond en Afrique Ă  la pĂ©riode de l’ñge d’or impĂ©rial. En ce qui concerne la pĂ©riode correspondante Ă  l’antiquitĂ© europĂ©enne, les auteurs reprennent pour leur compte l’opinion de l’historien français Raymond Mauny qui parle pour la pĂ©riode en Afrique de siĂšcles obscurs au prĂ©texte que l’on connaĂźt imparfaitement l’histoire du continent de cette Ă©poque 48. C’est l’expression Afrique ancienne qui est couramment retenue pour dĂ©signer cette pĂ©riode correspondant Ă  l’antiquitĂ© en Europe. 34 - Les postulats philosophiques et anthropologiques La thĂ©orie philosophique de Hegel qui exclut l’Afrique de l’histoire 49 et la thĂ©orie anthropologique de Gobineau 50 qui classe la race nĂšgre » au bas de la hiĂ©rarchie des races humaines vont impliquer pour l’occident savant que l'Afrique ne peut pas constituer "un champ historique intelligible " 51 Manifestement ces thĂ©ories constituent le fondement de la pensĂ©e des auteurs des manuels. Car en dĂ©finitif pour ces manuels l’Afrique n’a apportĂ© aucune contribution Ă  la civilisation. CONCLUSION L’examen rigoureux des textes et illustrations des manuels d’histoire des classes de la sixiĂšme Ă  la troisiĂšme Ă©ditĂ©s par la maison française Hatier montre que ; 1 L’histoire est Ă©crite sous le contrĂŽle de l’ancienne puissance coloniale ; la France. 2 La prĂ©histoire et l’histoire ancienne continuent d’ĂȘtre enseignĂ©es de façon erronĂ©e. La non - prise en compte d’importantes dĂ©couvertes et connaissances fondamentales nie Ă  l’Afrique la place qui lui revient dans la formation de l’humanitĂ© et le rĂŽle qu’elle a jouĂ© dans l’élaboration de la civilisation. Or la falsification historique ne favorise pas la conscience historique. Elle est gĂ©nĂ©ratrice de complexe d’infĂ©rioritĂ© pour les africains et de supĂ©rioritĂ© pour les occidentaux. Elle compromet l’avenir de notre sociĂ©tĂ©. Au-delĂ  de la discipline histoire », ce qui est en cause ici mĂȘme c’est la mise sous tutelle Ă©trangĂšre du systĂšme Ă©ducatif ivoirien dans son ensemble. Les africains qui sont conscients des intĂ©rĂȘts en jeux devraient s’organiser collectivement pour protĂ©ger l’hĂ©ritage culturel africain. Il y va de l’avĂšnement de la renaissance africaine. TraorĂ© Adama 44 Cheick Anta Diop, AntiquitĂ© Africaine par l’image, Paris, PrĂ©sence Africaine, 1967. Page 12. 45 ThĂ©ophile Obenga, Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx ; contribution de Cheikh Anta Diop Ă  l’historiographie mondiale, Paris, PrĂ©sence Africaine/Khepera, 1996, 46 ThĂ©ophile Obenga, Origine commune de l’Egyptien ancien du copte et des langues Negro – Africaines modernes; introduction Ă  la linguistique historique africaine, Paris, l’Harmattan, 1993. 47 Voir par exemple la table des matiĂšres du manuel de cinquiĂšme. 48 Pour ces auteurs, la pĂ©riode des siĂšcles obscurs couvre la prĂ©histoire et la premiĂšre partie de l’histoire de 3500 av J-C Ă  600 aprĂšs J-C. 49 Georg Wilhelm Friedrich Hegel 1770-1831."L'Afrique est un monde anhistorique non dĂ©veloppĂ©, entiĂšrement prisonnier de l'esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l'histoire de l'universel ». 50 Comte de Gobineau 1816-1882. C’est lĂ  ce que nous apprend l’histoire. Elle nous montre que toute civilisation dĂ©coule de la race blanche, qu’aucune ne peut exister sans le concours de cette race.» 51 La race » noire est la plus humble et gĂźt au bas de l’échelle. Le caractĂšre d’animalitĂ© empreint dans la forme de son bassin lui impose sa destinĂ©e, dĂšs l’instant de la conception» dans Essai sur l’inĂ©galitĂ© des races humaines », 1855 52 Comme le soutenait l'historien britannique Arnold Toynbee
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En1996, il publie Cheikh Anta Diop Volney et le Sphinx, consacrĂ© Ă  l’apport de Cheikh Anta Diop Ă  l’Historiographie mondiale. En 1998, il est nommĂ© Ă  la tĂȘte du dĂ©partement des Black Studies de l’UniversitĂ© de San Francisco. Il y restera prĂšs de dix ans avant d’ĂȘtre dĂ©classĂ© de son titre de chef du dĂ©partement au profit de l’universitaire

Synopsis About this title Cet Essai explique, sous le signe de la rigeur el de la vigilance, cette naissance de l'histoire africaine, ce a quoi, et aussi ce pour quoi Cheikh Anta Diop, l'auteur de "Nations negres et Culture" et de "Civilisations our bararie", a consacre sa vie et protege pour nous la Memoire du Monde et de nous-memes. La forme generale de son inquietude est devenue notre audace. - Cet Essai voudrait presenter cette exigence scientifique, telle que Cheikh Anta Diop nous l'aura leguee, en signe d'amour de la patgrie Africaine et de la sokidaarite des hommes de notre planete. - Toutes les societes du monde, sans exception, ont toujours eu besoin de leur passe pour definir leur avenir. - Cheikh Anta Diop, arendu a l'Afrique noire entiere son passe, sa memoire collective, sa presence formelle et active dans les differentes etapes de l;hisoire universelle. - I'l appartient maintenant au genie createur des peuples d'Afrique noire, a leurs elites et a leurs dirigeants, a leur jeunnesse, a leurs paysans et ouvriers, a leurs hommes d'affaires, a leurs savants et ingenieurs, de faire ensemble tout le possible pour realiser - tel est l'enjeu capital - une Afrique contemporaine moins fragile et moins pauvre, dans la cooperation internationale et l;interdependance planetaire de tous le peuples et de toutes les nations du monde - Il est question de vie et de survive au rythme meme de l'hisotre actualle de l''humanite. - Poiur l'Afrique noire, assumer politquement et culturellement l''oeuvre de Chikh Anta Diop, c'estet entrer, debout, avec espoir, dans le XXe siecle. - L'auteur, d'origine congolaise, est actuellement professeur a Temple univaersity a Philadelphie, aux Etats-Unis. Il a ensigne pendant plusiers annes la langue pharanique et l;histoire ancienne a l'Universite marien Ngouabi de Brazzaville. "synopsis" may belong to another edition of this title. Language Notes Text French "About this title" may belong to another edition of this title. No Available Copies Advanced Search AbeBooks Home Search Books Create a WantIf you know the book but cannot find it on AbeBooks, we can automatically search for it on your behalf as new inventory is added. If it is added to AbeBooks by one of our member booksellers, we will notify you! Create a Want
CheikhAnta Diop, Volney et le Sphinx contribution de Cheikh Anta Diop à l'historiographie mondiale [Les civilisations du royaume de Kongo : des origines au XVIIIe siÚcle : étude de morphologie historique] : [thÚse soutenue sur un ensemble de travaux] Conceptions of history in the works of Cheikh Anta Diop and Theophile Obenga: Le
Cheikh Anta Diop 1923 - 1986 Le Pharaon noir Cheikh Anta Diop nĂ© le 29 dĂ©cembre 1923 Ă  Thieytou - mort le 7 fĂ©vrier 1986 Ă  Dakar est un historien, anthropologue et homme politique sĂ©nĂ©galais. Il a mis l'accent sur l'apport de l'Afrique et en particulier de l'Afrique noire Ă  la culture et Ă  la civilisation mondiales. Ses thĂšses restent aujourd'hui contestĂ©es, et sont peu reprises dans la communautĂ© scientifique1,2,3. Si une grande partie de ses thĂšses, en particulier au sujet de l'Égypte antique, sont considĂ©rĂ©es comme dĂ©pourvues de fondements solides, Cheikh Anta Diop a toutefois eu un indĂ©niable rĂŽle de visionnaire en ce qui concerne la place de l'Afrique dans l'histoire. Sa vision peut en effet ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme une anticipation des dĂ©couvertes archĂ©ologiques majeures des annĂ©es 2000 sur le continent africain que ce soit Kerma ou, beaucoup plus ancien, Blombos. L'homme et l'Ɠuvre Cheikh Anta Diop est nĂ© le 29 dĂ©cembre 1923 Ă  Thieytou, dans le dĂ©partement de Bambey, rĂ©gion de Diourbel SĂ©nĂ©gal. Sa famille est d'origine artistocratique wolof. À l'Ăąge de 23 ans, il part pour Paris afin d'Ă©tudier la physique et la chimie mais se tourne aussi vers l'histoire et les sciences sociales. Il suit en particulier les cours de Gaston Bachelard et de FrĂ©dĂ©ric Joliot-Curie4. Il adopte un point de vue spĂ©cifiquement africain face Ă  la vision de certains auteurs de l'Ă©poque selon laquelle les Africains sont des peuples sans passĂ©. En 1951, Diop prĂ©pare sous la direction de Marcel Griaule une thĂšse de doctorat Ă  l'UniversitĂ© de Paris, dans laquelle il affirme que l'Égypte antique Ă©tait peuplĂ©e d'Africains noirs, et que la langue et la culture Ă©gyptiennes se sont ensuite diffusĂ©es dans l'Afrique de l'Ouest. Il ne parvient pas dans un premier temps Ă  rĂ©unir un jury mais, d'aprĂšs DouĂ© Gnonsoa, sa thĂšse rencontre un grand Ă©cho » sous la forme d'un livre, Nations nĂšgres et culture, publiĂ© en 19546. Il obtiendra finalement son doctorat en 1960. Il poursuit dans le mĂȘme temps une spĂ©cialisation en physique nuclĂ©aire au laboratoire de chimie nuclĂ©aire du CollĂšge de France. Diop met Ă  profit sa formation pluridisciplinaire pour combiner plusieurs mĂ©thodes d'approche. Il s'appuie sur des citations d'auteurs anciens comme HĂ©rodote et Strabon pour illustrer sa thĂ©orie selon laquelle les Égyptiens anciens prĂ©sentaient les mĂȘmes traits physiques que les Africains noirs d'aujourd'hui couleur de la peau, aspect des cheveux, du nez et des lĂšvres. Son interprĂ©tation de donnĂ©es d'ordre anthropologique comme le rĂŽle du matriarcat et archĂ©ologique l'amĂšne Ă  conclure que la culture Ă©gyptienne est une culture nĂšgre. Sur le plan linguistique, il considĂšre en particulier que le wolof, parlĂ© aujourd'hui en Afrique occidentale, est phonĂ©tiquement apparentĂ© Ă  la langue Ă©gyptienne antique. Lorsqu'il obtient son doctorat en 1960, il revient au SĂ©nĂ©gal enseigner comme maĂźtre de confĂ©rences Ă  l'universitĂ© de Dakar depuis rebaptisĂ©e universitĂ© Cheikh-Anta-Diop, UCAD. Il y obtiendra en 1981 le titre de professeur. Mais dĂšs 1966, il crĂ©e au sein de cette universitĂ© de Dakar le premier laboratoire africain de datation des fossiles archĂ©ologiques au radiocarbone6, en collaboration avec celui du Commissariat français Ă  l'Ă©nergie atomique CEA de Gif-sur-Yvette. Il y effectue des tests de mĂ©lanine sur des Ă©chantillons de peau de momies Ă©gyptiennes, dont l'interprĂ©tation permettrait, selon Diop, de confirmer les rĂ©cits des auteurs grecs anciens sur la mĂ©lanodermie des anciens Égyptiens. Dans les annĂ©es 1970, Diop participe au comitĂ© scientifique qui dirige, dans le cadre de l'UNESCO, la rĂ©daction d'une Histoire gĂ©nĂ©rale de l'Afrique. Pour la rĂ©daction de cet ouvrage, il participe en 1974 au Colloque international du Caire oĂč il confronte les mĂ©thodes et rĂ©sultats de ses recherches avec ceux des principaux spĂ©cialistes mondiaux. À la suite de ce colloque international, Diop rĂ©dige un chapitre sur L'origine des anciens Égyptiens », et G. Mokhtar, professeur Ă  l'universitĂ© du Caire rĂ©dige le chapitre sur L'Égypte pharaonique ». À la suite du chapitre 1, est publiĂ© un compte-rendu des dĂ©bats lors du colloque qui mentionne l'accord des spĂ©cialistes — Ă  l'exception de l'un d'entre eux — sur les Ă©lĂ©ments apportĂ©s par Cheikh Anta Diop et ThĂ©ophile Obenga au sujet du peuplement de l'Égypte ancienne. Cependant, il est prĂ©cisĂ© que de nombreuses objections ont Ă©tĂ© faites aux propositions du professeur Diop elles rĂ©vĂšlent l'Ă©tendue d'un dĂ©saccord qui est demeurĂ© profond ». Si, pour le professeur Jean Vercoutter, l'Égypte Ă©tait africaine dans son Ă©criture, dans sa culture et dans sa maniĂšre de penser », la communautĂ© scientifique reste nĂ©anmoins partagĂ©e sur la nature du peuplement de l'Égypte ancienne. Par ailleurs, dĂšs 1947, Diop s'est engagĂ© politiquement en faveur de l'indĂ©pendance des pays africains et de la constitution d'un État fĂ©dĂ©ral en Afrique. Jusqu'en 1960, il lutte pour l'indĂ©pendance de l'Afrique et du SĂ©nĂ©gal et contribue Ă  la politisation de nombreux intellectuels africains en France. Entre 1950 et 1953, il est secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Ă©tudiants du Rassemblement dĂ©mocratique africain RDA11 et dĂ©nonce trĂšs tĂŽt, Ă  travers un article paru dans La Voix de l'Afrique noire, l'Union française, qui, quel que soit l'angle sous lequel on l'envisage, apparaĂźt comme dĂ©favorable aux intĂ©rĂȘts des Africains ». Poursuivant la lutte sur un plan plus culturel, il participe aux diffĂ©rents congrĂšs des artistes et Ă©crivains noirs et, en 1960, il publie ce qui va devenir sa plate-forme politique Les fondements Ă©conomiques et culturels d'un futur État fĂ©dĂ©ral en Afrique noire12. » Selon DouĂ© Gnonsoa, Diop sera l'un des principaux instigateurs de la dĂ©mocratisation du dĂ©bat politique au SĂ©nĂ©gal, oĂč il animera l'opposition institutionnelle au rĂ©gime de LĂ©opold SĂ©dar Senghor, Ă  travers la crĂ©ation de partis politiques le FNS en 1961, le RND en 1976, d'un journal d'opposition Siggi, renommĂ© par la suite Taxaw et d'un syndicat de paysans. Sa confrontation, au SĂ©nĂ©gal, avec le chantre de la nĂ©gritude serait l'un des Ă©pisodes intellectuels et politiques les plus marquants de l'histoire contemporaine de l'Afrique noire13. Cheikh Anta Diop meurt dans son sommeil Ă  Dakar, le 7 fĂ©vrier 1986. Avec ThĂ©ophile Obenga et Asante Kete Molefe, il est considĂ©rĂ© comme l'un des inspirateurs du courant Ă©pistĂ©mologique de l'afrocentricitĂ©. En 1966, lors du premier Festival mondial des Arts nĂšgres de Dakar, Diop a Ă©tĂ© distinguĂ© comme l'auteur africain qui a exercĂ© le plus d'influence sur le xxe siĂšcle14 ». Le 8 fĂ©vrier 2008, le ministre de la Culture du SĂ©nĂ©gal Mame Biram Diouf inaugure un mausolĂ©e perpĂ©tuant la mĂ©moire du chercheur Ă  Thieytou, son village natal oĂč il repose15. Ce mausolĂ©e figure sur la liste des sites et monuments classĂ©s du SĂ©nĂ©gal16. L'universitĂ© de Dakar porte le nom d'universitĂ© Cheikh-Anta-Diop UCAD depuis mars 1987. La thĂ©orie historiographique de Cheikh Anta Diop Cheikh Anta Diop a rassemblĂ© les rĂ©sultats de ses travaux dans le dernier ouvrage qu'il ait publiĂ© avant son dĂ©cĂšs, intitulĂ© Civilisation ou barbarie, anthropologie sans complaisance17, oĂč il expose sa thĂ©orie historiographique, tout en tentant de rĂ©pondre aux principales critiques que son Ɠuvre a suscitĂ©es chez les historiens et Ă©gyptologues de mauvaise foi »18. AntĂ©rioritĂ© des civilisations nĂšgres Selon Diop, l'Homme Homo sapiens est apparu sous les latitudes tropicales de l'Afrique, dans la rĂ©gion des Grands Lacs. La chaĂźne d'hominisation africaine est la seule qui soit complĂšte, la plus ancienne et la plus prolifique. Ailleurs on trouve actuellement encore des fossiles humains reprĂ©sentant des maillons Ă©pars d'une sĂ©quence d'hominisation incertaine. Diop pose que les premiers Homo sapiens devaient ĂȘtre probablement de phĂ©notype noir, parce que, selon la rĂšgle de Gloger, les ĂȘtres vivants originaires des latitudes tropicales sĂ©crĂštent plus de mĂ©lanine dans leur Ă©piderme, afin de se protĂ©ger des rayonnements solaires. Ce qui leur confĂšre une carnation aux nuances les plus sombres ou les moins claires. Pour lui, pendant des millĂ©naires, il n’y a eu d'hommes sur terre que des NĂšgres19 », nulle part ailleurs dans le monde qu'en Afrique, oĂč les plus anciens ossements d'hommes modernes » dĂ©couverts ont plus de 150 000 ans20 tandis qu'ailleurs les plus vieux fossiles humains ex. Proche-Orient ont environ 100 000 ans. Selon GĂŒnter BrĂ€uer, les fossiles humains sont d'autant plus anciens qu'ils se trouvent en Afrique, au cƓur de l'Afrique. Tandis qu'ils sont d'autant plus rĂ©cents qu'ils se trouvent hors et loin de l'Afrique21. D'aprĂšs Yves Coppens, aucune exception n'a encore Ă©tĂ© apportĂ©e Ă  cette rĂšgle de cohĂ©rence de la thĂ©orie Out of Africa », qui reste la seule Ă  prĂ©senter un si haut degrĂ© de stabilitĂ©22. Si l'Afrique est le berceau de l'humanitĂ© », alors, selon Diop, les plus anciens phĂ©nomĂšnes civilisationnels ont dĂ» nĂ©cessairement avoir eu lieu sur ce continent23. Selon Nathalie Michalon, nĂ© en Afrique24, l'homme y expĂ©rimente les plus anciennes techniques culturelles avant d'aller conquĂ©rir la planĂšte, prĂ©cisĂ©ment grĂące Ă  elles. C'est ainsi que l'Afrique est l'un des endroits au monde avec la MĂ©sopotamie et la Chine oĂč la fabrication d'outils lithiques, la poterie, la sĂ©dentarisation, la domestication, l'agriculture, la cuisson, etc. sont attestĂ©es et notamment dans le site de Nabta Playa25. Selon Diop, comme l'Afrique a une superficie approximative de trente millions de kilomĂštres carrĂ©s, on imagine que la seule hominisation de tout cet espace a dĂ» prendre plusieurs millĂ©naires. En sorte que les fossiles/phĂ©nomĂšnes humains de la moitiĂ© sud de l'Afrique sont gĂ©nĂ©ralement plus anciens que ceux de sa moitiĂ© nord. Selon un Bulletin de l'IFAN, cette immensitĂ© gĂ©ographique du premier environnement d'Homo sapiens, compte tenu de sa grande diversitĂ© climatique, a eu pour autre consĂ©quence de diffĂ©rencier trĂšs tĂŽt l'humanitĂ© africaine, des points de vue phĂ©notypique et morphologique26. Au bout de plusieurs autres millĂ©naires, des colonies humaines auraient Ă©migrĂ© dans les rĂ©gions limitrophes de l'Afrique, lĂ  oĂč sont attestĂ©s les plus anciens fossiles humains aprĂšs ceux de l'Afrique, c'est-Ă -dire en Asie mĂ©ridionale et en Europe mĂ©ridionale. La principale cause naturelle des premiĂšres migrations humaines rĂ©siderait dans les Ă©volutions climatiques en la succession de pĂ©riodes pluvieuses et de sĂ©cheresses en Afrique, correspondant respectivement Ă  des pĂ©riodes de glaciation et/ou de prĂ©cipitations dans ses contrĂ©es limitrophes, en Europe mĂ©ridionale et au Proche-Orient. Selon Diop, Homo sapiens aurait suivi, dans les premiers temps, la disponibilitĂ© naturelle des ressources alimentaires animales et vĂ©gĂ©tales au grĂ© des conjonctures climatiques en empruntant toujours les voies naturelles de sortie de l'Afrique Sicile, Italie du Sud, isthme de Suez, dĂ©troit de Gibraltar27. Selon le site internet les catalyseurs culturels de cette migration consisteraient dans la maĂźtrise du feu, permettant de vivre dans des contrĂ©es tempĂ©rĂ©es, et, selon Diop, l'invention de la navigation, permettant de traverser de vastes Ă©tendues aquatiques. Selon ThĂ©ophile Obenga, jusqu'Ă  la premiĂšre moitiĂ© du xxe siĂšcle, cette perspective historiographique de Diop est aux antipodes de ce qui est communĂ©ment diffusĂ©30 depuis Hegel, Hume, Kant, Rousseau, Hobbes, Marx, Weber, Renan, etc., en sorte que son Nations nĂšgres et culture serait le premier ouvrage de cette envergure Ă  Ă©tudier l'histoire de l'Afrique antĂ©rieure aux traites nĂ©griĂšres arabe et europĂ©enne, dans les temps les plus anciens. Toujours selon Obenga, Diop introduit une profondeur diachronique qu'il n'y avait pas Ă  la diffĂ©rence radicale des travaux ethnologiques ou anthropologiques gĂ©nĂ©ralement anhistoriques30. Le livre le plus audacieux qu'un nĂšgre ait jamais Ă©crit », en dira AimĂ© CĂ©saire dans son Discours sur le colonialisme. L'Égypte comme une civilisation nĂ©gro-africaine L'Ă©gyptologie afrocentrĂ©e » est un domaine de recherche initiĂ© par Cheikh Anta Diop, oĂč l'on Ă©tudie la civilisation de l'Égypte ancienne en partant du postulat qu'elle est une civilisation nĂ©gro-africaine. En effet, selon Diop, la civilisation Ă©gyptienne serait une civilisation nĂšgre ». Par ses habitants Auteurs anciens Diop rapporte que selon HĂ©rodote, Aristote, Strabon et Diodore de Sicile - qui furent tous des tĂ©moins oculaires des Égyptiens anciens Ă  l'Ă©poque oĂč ceux-ci vivaient encore, contrairement aux Ă©gyptologues depuis Champollion jusqu'Ă  nos jours qui n'ont pu, tout au plus, qu'Ă©tudier des momies Ă©gyptiennes - les Égyptiens avaient la peau noire et les cheveux crĂ©pus »31. Il signale Ă©galement l'opinion du comte de Volney32, pour qui les Coptes ont le visage bouffi, l'Ɠil gonflĂ©, le nez Ă©crasĂ©, la lĂšvre grosse en un mot, un vrai visage de MulĂątre. J'Ă©tais [c'est Ă©videmment Volney qui parle Ă  la 1re personne] tentĂ© de l'attribuer au climat, lorsque ayant Ă©tĂ© visiter le Sphinx, son aspect me donna le mot de l'Ă©nigme. En voyant cette tĂȘte caractĂ©risĂ©e NĂšgre dans tous ses traits [il s'agit bien sĂ»r de la tĂȘte du Sphinx, tĂȘte qui est Ă  l'effigie d'un pharaon de l'Ancien Empire], je me rappelai ce passage remarquable d'HĂ©rodote, oĂč il dit Pour moi, j'estime que les Colches sont une colonie des Égyptiens, parce que, comme eux, ils ont la peau noire et les cheveux crĂ©pus c'est-Ă -dire que les anciens Égyptiens Ă©taient de vrais NĂšgres de l'espĂšce de tous les naturels d'Afrique et dĂšs lors, on explique comment leur sang, alliĂ© depuis plusieurs siĂšcles Ă  celui des Romains et des Grecs, a dĂ» perdre l'intensitĂ© de sa premiĂšre couleur, en conservant cependant l'empreinte de son moule originel. ». D'autres auteurs, comme Mubabinge Bilolo, reprendront et dĂ©velopperont cet argument. La plupart des Ă©gyptologues occidentaux[Lesquels ?] contestent cette thĂšse en se basant sur les milliers de reprĂ©sentations humaines figurant dans les tombes ou les temples d'Ă©poque pharaonique lorsque les Égyptiens y font figurer d'autres peuples, comme les Syriens, les Libyens, ils leur donnent d'autres traits et d'autres vĂȘtements les Syriens portent la barbe et une robe, par exemple. Or ils ont maintes fois reprĂ©sentĂ© les Noirs du Soudan, le pays de Kouch, avec des traits africains et une peau noire, alors qu'ils se reprĂ©sentaient eux-mĂȘmes avec une peau claire et des traits proches de ceux des Égyptiens modernes. Kemet Article dĂ©taillĂ© Kemet. Selon Cheikh Anta Diop, par l'expression Kemet, les Égyptiens se seraient dĂ©signĂ©s dans leur propre langue comme un peuple de NĂšgres »33. À l'appui de sa thĂšse, il invoque une graphie insolite » de montrant un homme et une femme assis, graphie traduite par les Égyptiens », mais que l'Ă©gyptologue afrocentrique Alain Anselin traduit comme une collectivitĂ© d'hommes et de femmes noirs ». On n'en connaĂźt qu'une seule occurrence, dans un texte littĂ©raire du Moyen Empire. En Ă©gyptien ancien, Kemet s'Ă©crit avec comme racine le mot km, noir », dont Diop pense qu'il est Ă  l'origine Ă©tymologique de la racine biblique kam ». Pour lui, les traditions juive et arabe classent gĂ©nĂ©ralement l'Égypte comme un des pays de Noirs37. En outre, selon Diop, le morphĂšme km a prolifĂ©rĂ© dans de nombreuses langues nĂ©gro-africaines oĂč il a conservĂ© le mĂȘme sens de noir, ĂȘtre noir » notamment dans sa langue maternelle, le wolof, oĂč khem signifie noir, charbonner par excĂšs de cuisson », ou en pulaar, oĂč kembu signifie charbon ». Selon la plupart des Ă©gyptologues occidentaux, si l'Égypte Ă©tait appelĂ©e le pays noir » Ă  l'Ă©poque pharaonique, c'Ă©tait par rĂ©fĂ©rence Ă  la couleur de la terre[rĂ©f. nĂ©cessaire], fertile car irriguĂ©e par le Nil, qui se diffĂ©renciait du dĂ©sert environnant, de couleur sable ou jaune. Tests de mĂ©lanine Selon Cheikh Anta Diop, les procĂ©dĂ©s Ă©gyptiens de momification ne dĂ©truisent pas l'Ă©piderme au point de rendre impraticables les diffĂ©rents tests de la mĂ©lanine permettant de connaĂźtre leur pigmentation. Au contraire, eu Ă©gard Ă  la fiabilitĂ© de tels tests, il s'Ă©tonne qu'ils n'aient pas Ă©tĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©s sur les momies disponibles. Sur des Ă©chantillons de peau de momie Ă©gyptienne prĂ©levĂ©s au laboratoire d'anthropologie physique du musĂ©e de l'Homme Ă  Paris », Cheikh Anta Diop a rĂ©alisĂ© des coupes minces, dont l'observation microscopique Ă  la lumiĂšre ultraviolette lui fait classer indubitablement les anciens Égyptiens parmi les Noirs »38. Par sa langue L'argument linguistique de Diop comporte deux volets. D'une part, il essaie de prouver que l'Ă©gyptien ancien n'appartient pas Ă  la famille afroasiatique40. D'autre part, il tente d'Ă©tablir positivement la parentĂ© gĂ©nĂ©tique de l'Ă©gyptien ancien avec les langues nĂ©gro-africaines contemporaines41. Ainsi, d'aprĂšs Diop et Obenga, les langues nĂ©gro-africaines contemporaines et l'Ă©gyptien ancien ont un ancĂȘtre linguistique commun, dont la matrice thĂ©orique ou ancĂȘtre commun prĂ©dialectal » aurait Ă©tĂ© reconstituĂ©e par Obenga, qui l'a baptisĂ©e nĂ©gro-Ă©gyptien ». La langue maternelle de Cheikh Anta Diop est le wolof, et il apprend l'Ă©gyptien ancien lors de ses Ă©tudes d'Ă©gyptologie, ce qui, selon Diop, lui aurait permis de voir concrĂštement qu'il y avait des similitudes entre les deux langues42. Il a donc tentĂ© de vĂ©rifier si ces similitudes Ă©taient fortuites, empruntĂ©es ou filiales. Diop observe une loi de correspondance » entre n en Ă©gyptien et l en wolof. Il observe Ă©galement que, en prĂ©sence d'un morphĂšme ayant une structure nd en Ă©gyptien, on rencontre gĂ©nĂ©ralement un morphĂšme Ă©quivalent en wolof de structure ld. Le spĂ©cialiste de la linguistique historique Ferdinand de Saussure a Ă©tabli que ce type de correspondances rĂ©guliĂšres n'est presque jamais fortuit en linguistique, et que cela a force de loi » phonologique, dite sound law43. Pour Diop, la structure consonantique du mot Ă©gyptien nd est la mĂȘme que celle du mot wolof ld, sachant que souvent les voyelles ne sont pas graphiĂ©es en Ă©gyptien, mĂȘme si elles sont prononcĂ©es. Cela veut dire, selon lui, que, lĂ  oĂč l'on note a pour l'Ă©gyptien, il est possible de rencontrer une toute autre voyelle dans le morphĂšme wolof Ă©quivalent. Dans ce cas la correspondance ne serait approximative qu'en apparence, car c'est la phonĂ©tisation la prononciation de l'Ă©gyptien selon les rĂšgles de prononciation sĂ©mitiques qui serait erronĂ©e. Bien entendu, une telle loi ne se dĂ©duit pas de deux ou trois exemples, elle suppose l'Ă©tablissement de sĂ©ries lexicales exhaustives, comme on en trouve dans les ouvrages dĂ©diĂ©s de Diop44. La mĂ©thodologie de comparaison de Diop est rejetĂ©e par des linguistes modernes, comme Russell Schuh45. Par la culture spirituelle Cosmogonie Selon Cheikh Anta Diop, la comparaison des cosmogonies Ă©gyptiennes avec les cosmogonies africaines contemporaines Dogon, Ashanti, Agni, Yoruba47, etc. montre une similitude radicale qui tĂ©moigne selon lui d'une commune parentĂ© culturelle. Il avance une similitude du Dieu-Serpent dogon et du Dieu-Serpent Ă©gyptien, ou encore celle du Dieu-Chacal dogon incestueux et du Dieu-Chacal Ă©gyptien incestueux. L'auteur invoque Ă©galement les isomorphies Noun/Nommo, Amon/Ama de mĂȘme que la similitude des fĂȘtes des semailles et autres pratiques cultuelles agraire ou cycliques. TotĂ©misme Le totem est gĂ©nĂ©ralement un animal considĂ©rĂ© comme une incarnation de l'ancĂȘtre primordial d'un clan. À ce titre, ledit animal ou parfois un vĂ©gĂ©tal fait l'objet de tabous qui dĂ©terminent des attitudes cultuelles spĂ©cifiques au clan, qu'on dĂ©signe par le terme de totĂ©misme. Selon Diop, cette institution et les pratiques cultuelles affĂ©rentes sont attestĂ©es en Égypte tout comme dans les autres cultures nĂ©gro-africaines ». Circoncision et excision Selon Diop, les Égyptiens pratiquaient la circoncision dĂšs la pĂ©riode prĂ©dynastique. Se fondant sur un tĂ©moignage d'HĂ©rodote dans Euterpe, il pense que cette institution se serait diffusĂ©e aux populations sĂ©mitiques depuis l'Égypte. Elle est attestĂ©e dans d'autres cultures nĂ©gro-africaines », notamment chez les Dogons oĂč elle est le pendant de l'excision. Ainsi, pour Diop, circoncision et excision sont des institutions duelles de sexuation sociale celles-ci rĂ©sulteraient des mythes cosmogoniques de l'androgynie originelle de la vie, en particulier de l'humanitĂ© il cite l'exemple de l'androgynie d'Amon-RĂą. L'excision demeure pratiquĂ©e en Égypte moderne elle fut mĂȘme combattue rĂ©cemment par Suzanne Moubarak Par sa sociologie RoyautĂ© sacrĂ©e Selon Josep Cervello Autuori, la royautĂ© Ă©gyptienne emporte une dimension sacerdotale comme ailleurs en Afrique noire. Mais, selon Diop51, un trait encore plus singulier commun aux souverains traditionnels africains consiste en la mise Ă  mort rituelle du roi »52. Cette pratique serait attestĂ©e, notamment chez les Yorouba, Haoussa, Dagomba, Tchambas, Djoukons, Igara, Songhoy, Shillouks. Selon Diop, les Égyptiens auraient Ă©galement pratiquĂ© le rĂ©gicide rituel, qui serait devenu progressivement symbolique, Ă  travers la fĂȘte-Sed, un rite de revitalisation de la royautĂ©53. Matriarcat Pour Diop, le matriarcat est au fondement de l'organisation sociale nĂ©gro-africaine ». Aussi serait-il attestĂ© comme tel en Égypte ancienne aussi bien Ă  travers le matronymat que par la distribution matrilinĂ©aire des pouvoirs publics. Stratification sociale Selon Diop, la sociĂ©tĂ© Ă©gyptienne ancienne Ă©tait structurĂ©e hiĂ©rarchiquement de la mĂȘme façon que les autres sociĂ©tĂ©s nĂ©gro-africaines » anciennes. Du bas de l'Ă©chelle socioprofessionnelle en montant, la stratification sociale se composerait de paysans, ouvriers spĂ©cialisĂ©s, appelĂ©s castes » ailleurs en Afrique noire, guerriers, prĂȘtres, fonctionnaires, Roi sacrĂ©, appelĂ© Pharaon » en Ă©gyptologie. Par sa culture matĂ©rielle Les plus vieux ustensiles et techniques de chasse, pĂȘche, agriculture attestĂ©s en Égypte sont similaires Ă  ceux connus dans les autres rĂ©gions de l'Afrique. De mĂȘme que les diffĂ©rentes coiffures et leurs significations, les cannes et sceptres royaux[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Les travaux d'Aboubacry Moussa Lam sont particuliĂšrement dĂ©cisifs pour ce champ de la recherche ouvert par Diop. L'ensemble des diffĂ©rents types d'arguments que les afrocentristes invoquent mobilise diverses disciplines scientifiques, et constitue d'aprĂšs eux un faisceau de preuves », c'est-Ă -dire un systĂšme argumentaire global, ayant sa propre cohĂ©rence interne qui l'Ă©tablit comme un paradigme Ă©pistĂ©mologique autonome. Toutefois, la prĂ©occupation de Diop consiste moins Ă  innover en matiĂšre d'historiographie de l'Afrique, qu'Ă  connaĂźtre profondĂ©ment l'histoire de l'Afrique en vue d'en tirer les enseignements utiles pour agir efficacement sur son avenir. Il ne s'agit pas davantage de s'enorgueillir puĂ©rilement de quelque passĂ© glorieux, mais de bien connaĂźtre d'oĂč l'on vient pour mieux comprendre oĂč l'on va. D'oĂč sa remarquable prospective politique dans Les fondements culturels, techniques et industriels d'un futur État fĂ©dĂ©ral d'Afrique noire PrĂ©sence africaine, 1960 et son implication concrĂšte dans la compĂ©tition politique au SĂ©nĂ©gal, son pays natal. PostĂ©ritĂ© de ses travaux Nombre d'auteurs, tout en reconnaissant que Diop a eu le mĂ©rite de libĂ©rer la vision de l'Égypte ancienne de son biais europĂ©ocentriste, restent partagĂ©s sur certaines de ses conclusions. Certains chercheurs africanistes contestent l'insistance de Diop sur l'unitĂ© culturelle de l'Afrique noire. D'autres estiment que son approche pluridisciplinaire l'amĂšne Ă  des rapprochements sommaires dans certains domaines comme la linguistique, ou que ses thĂšses entrent en contradiction avec les enseignements acadĂ©miques de l'archĂ©ologie et de l'histoire de l'Afrique et en particulier de l'Égypte. Ses travaux ne sont pas considĂ©rĂ©s comme une source fiable par une partie des historiens actuels qui affirment qu'ils ne suscitent l'intĂ©rĂȘt que sur le plan de l'historiographie de l'Afrique et non sur celui de la connaissance de son passĂ©. Diop lui-mĂȘme, dans l'avant-propos de Nations nĂšgres et culture, ne faisait pas mystĂšre de la difficultĂ© qu'il avait rencontrĂ©e pour faire preuve de rigueur face Ă  l'immensitĂ© de la tĂąche Ă  laquelle il s'Ă©tait attelĂ©. La remise en contexte de son Ɠuvre incite Ă  rappeler l'isolement de ce chercheur qui remet en cause, avec trĂšs peu d'aide extĂ©rieure, plusieurs siĂšcles d'Ă©tudes Ă©gyptologiques, menĂ©es par des Ă©gyptologues de renom Jacques-Joseph Champollion et son frĂšre, ou encore Gaston Maspero L'ensemble du travail [sa thĂšse et le livre qui en dĂ©coule] n'est qu'une esquisse ou manquent toutes les perfections de dĂ©tail. Il Ă©tait humainement impossible Ă  un seul individu de les y apporter ce ne pourra ĂȘtre que le travail de plusieurs gĂ©nĂ©rations africaines. Nous en sommes conscients et notre besoin de rigueur en souffre [...]56. » Pour Mubabinge Bilolo, les rapprochements sommaires ne constituent pas un point nĂ©gatif, car pour lui Diop est un pionnier qui a ouvert des perspectives, tracĂ© des pistes de recherche et laissĂ© une sĂ©rie de tĂąches pour les futures gĂ©nĂ©rations. L'Égypte, une Éthiopie L'idĂ©e d'une Égypte ancienne noire avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© avancĂ©e par d'autres auteurs anterieurement, mais l'Ɠuvre de Cheikh Anta Diop est fondatrice dans la mesure oĂč elle a considĂ©rablement approfondi l'Ă©tude du rĂŽle de l'Afrique noire dans les origines de la civilisation. Elle a donnĂ© naissance Ă  une Ă©cole d'Ă©gyptologie africaine en inspirant par exemple ThĂ©ophile Obenga, Mubabinge Bilolo et Molefi Kete Asante. Diop a participĂ© Ă  l'Ă©laboration d'une conscience africaine libĂ©rĂ©e de tout complexe face Ă  la vision europĂ©enne du monde. Les travaux de Cheikh Anta Diop, entre autres, ont donnĂ© naissance Ă  un courant historiographique dit afrocentriste. Sur le plan linguistique, il a initiĂ© l'Ă©tude diachronique des langues africaines et a dĂ©frichĂ© l'histoire africaine prĂ©coloniale hors pĂ©riode prĂ©-Ă©gyptienne largement commentĂ©e. DĂ©sormais, le fait que l'Égypte soit une civilisation africaine n'est pas remis en cause par les Ă©gyptologues et les preuves archĂ©ologiques s'accumulent mĂȘme depuis quelques annĂ©es Linguistique historique africaine Selon Cheikh Anta Diop, il existe des correspondances syntaxiques, morphologiques, phonologiques et grammaticales rĂ©guliĂšres entre les langues nĂ©gro-africaines, notamment le wolof, et l'Ă©gyptien ancien60. Il considĂšre que les lois de correspondances observĂ©es entre Ă©gyptien ancien et wolof n'existent pas entre Ă©gyptien ancien et hĂ©breu, arabe, ou berbĂšre. Sa dĂ©marche dite de linguistique historique africaine » sera gĂ©nĂ©ralisĂ©e par ThĂ©ophile Obenga Ă  de nombreuses autres langues nĂ©gro-africaines, notamment le mbochi, sa langue maternelle. Oum Ndigi61 a rĂ©alisĂ© des Ă©tudes similaires sur le basa62. Aboubacry Moussa Lam a travaillĂ© dans ce sens pour le peul. Alain Anselin a relevĂ© de nombreuses similitudes rĂ©guliĂšres en ce qui concerne la grammaire du verbe, du geste et du corps en Ă©gyptien ancien et dans les langues nĂ©gro-africaines modernes ». Ainsi, toute une Ă©cole de linguistique historique africaine est nĂ©e de ces recherches, dont les auteurs et la publication sont dĂ©sormais consĂ©quents65. Obenga a renommĂ© nĂ©gro-Ă©gyptien » la thĂ©orie gĂ©nĂ©rale de cette linguistique historique africaine66. ArchĂ©ologie Sur le site de Blombos ont Ă©tĂ© exhumĂ©es les plus anciennes Ɠuvres d'art jamais trouvĂ©es. Elles datent de plus de 70 000 ans. Sur le site de Kerma, les travaux du Suisse Charles Bonnet ont prouvĂ© l'originalitĂ© et la richesse de la civilisation de Kerma –3000/–150068 par rapport Ă  l'Égypte pharaonique. Épigraphie L'Ă©gyptologue Alain Anselin a cherchĂ© Ă  dĂ©montrer l'africanitĂ© de l'Ă©criture hiĂ©roglyphique. Pour lui, si l'absence rĂ©pĂ©tĂ©e des paires d'homophones nĂ©cessaires Ă  l'Ă©tablissement du code hiĂ©roglyphique dans une famille de langues donnĂ©e rend difficile d'affirmer que cet univers linguistique puisse rendre compte de l'Ă©laboration de l'Ă©criture hiĂ©roglyphique », il considĂšre que le paradigme africain » serait dotĂ© d'un pouvoir explicatif » plus grand, que le paradigme sĂ©mitique » qu'il considĂšre comme biaisĂ©. Anselin estime Ă©galement que les hiĂ©roglyphes photographient les milieux Ă©cologique et sociĂ©tal qui les ont vu naĂźtre. Or, la faune et la flore des signes scripturaux Ă©gyptiens sont, selon lui, africaines, notamment de la rĂ©gion des Grands Lacs, au cƓur de l'Afrique et l'ichthyonomie Ă©gyptienne prĂ©senterait des similitudes avec les noms de poissons dans diverses langues nĂ©gro-africaines contemporaines[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Babacar Sall relĂšve que dans la sign list de la grammaire Ă©gyptienne d'Alan H. Gardiner les symboles relatifs aux instruments de la pĂȘche et de la chasse sont particuliĂšrement nombreux, et estime qu'ils correspondent Ă  des pratiques et techniques attestĂ©es dans toute l'Afrique noire, encore de nos jours. Anthropologie politique[modifier modifier le code] Les comparaisons de Diop entre l'institution de Pharaon et, entre autres, celle du Damel de Cayor ou du Mogho Naba du Mossi ont suscitĂ© d'autres recherches, notamment par Alain Anselin, mais Ă©galement Cervello Autuori. Selon ce dernier auteur, l'institution politique dite de la royautĂ© sacrĂ©e » E. E. Evans-Pritchard, Luc de Heusch, Michel Izard serait attestĂ©e en Égypte comme ailleurs en Afrique de mĂȘme que la pratique ancestrale du rĂ©gicide rituel. Le Pharaon, le Mansah, le Mwene ou le Mogho Naba sont des institutions structuralement analogues sacerdotales et en mĂȘme temps politiques. Elles se distinguent radicalement du Roi » La monarchie pharaonique fut-elle une royautĂ© divine africaine ? Tout d'abord, il convient de remarquer qu'en Égypte le dieu-qui-meurt est Osiris et que, comme dans le cas des rois divins africains mais Ă  la diffĂ©rence des autres dieux-qui-meurent d'Europe et du Proche-Orient anciens, Osiris est aussi roi .... Comme les rois africains, Osiris est la personnification du principal aliment de la communautĂ©, la cĂ©rĂ©ale, l'orge cf., par ex., MystĂšre de la succession, scĂšne 9, 29-32 Textes des sarcophages, 269, 330 Luttes d'Horus et Seth, 14, 10 Textes du sarcophage d'ÂnkhnesnĂ©feribrĂ©, 256-302 Plutarque, Isis et Osiris, 36, 41, 65, 70 cf. aussi les Osiris vĂ©gĂ©tants », reprĂ©sentations du dieu en argile dans lesquelles sont enfoncĂ©es des graines de cĂ©rĂ©ale qui finissent par germer, et lui-mĂȘme ou bien les humeurs qui Ă©manent de son cadavre s'identifient avec le Nil ou avec les eaux fĂ©condantes de la crue cf. Textes des Pyramides, 39, 117, 788, 848, 1360 Hymne de RamsĂšs IV Ă  Osiris. La capitale de l'Égypte, Memphis, est un centre qui diffuse l'abondance parce que le cadavre d'Osiris flotta dans les eaux du Nil Ă  sa hauteur et qu'il y fut enterrĂ© ThĂ©ologie memphite, 61-62, 64. C'est qu'Osiris, roi-dieu mort, dispense l'abondance prĂ©cisĂ©ment dans sa condition de mort, d'ĂȘtre sacrifiĂ© Frankfort, 1948, chap. 2. En plus d'ĂȘtre le dieu-qui-meurt, Osiris est aussi le premier ancĂȘtre de la royautĂ© ĂȘtre individuel et, en tant que roi mort, celui auquel s'identifient tous les rois en mourant ĂȘtre collectif. Osiris se ressemble donc en tous aspects au roi-dieu africain. ... Pour conclure, nous pourrions nous demander comment s'explique cette parentĂ© et, en gĂ©nĂ©ral, comment s'expliquent les nombreux parallĂ©lismes qui existent entre l'Égypte et l'Afrique. Certains auteurs ont parlĂ© de diffusion, d'autres de convergence. Nous prĂ©fĂ©rons, quant Ă  nous, la notion de substrat culturel pan-africain », compris comme un patrimoine culturel commun qui aurait eu son origine Ă  l'Ă©poque nĂ©olithique et dont auraient Ă©mergĂ©, ici et lĂ  dans l'espace et dans le temps, les diverses civilisations africaines historiques et actuelles. » Les travaux de Diop dans ce domaine ont notamment inspirĂ© l'ouvrage intitulĂ© Conception bantu de l'autoritĂ©, suivie de Baluba Bumfumu ne BuLongolodi Publications universitaires africaines, Munich/Kinshasa, 1994 des auteurs Kabongu Kanundowi et Bilolo Mubabinge. Critique de ses travaux Bien que dĂ©monstration ait Ă©tĂ© faite avant les travaux de Diop que l'Ă©gyptien n'appartient pas au groupe sĂ©mitique des langues afroasiatiques, il n'en rĂ©sulte pas nĂ©cessairement qu'elle n'appartient pas au phylum afroasiatique73. Ainsi, le linguiste comparatiste A. Loprieno74 notamment75 relĂšve les caractĂ©ristiques communes Ă  l'Ă©gyptien et aux autres langues afroasiatiques entre autres la prĂ©sence de racines bi- et trilitĂšres, constantes dans les thĂšmes verbaux et nominaux qui en dĂ©rivent la frĂ©quence de consonnes glottales et laryngales, la plus caractĂ©ristique Ă©tant l'occlusive laryngale ˁayn le suffixe fĂ©minin * -at le prĂ©fixe nominal m- le suffixe adjectival –i le nisba arabe. À la ConfĂ©rence internationale de Toulouse septembre 2005, Alain Anselin, quant Ă  lui, a dĂ©livrĂ© une communication portant sur les noms de nombres en Ă©gyptien ancien oĂč il considĂšre deux courants d'influence, l'un tchado-Ă©gyptien, l'autre Ă©gypto-sĂ©mitique ». La parentĂ© gĂ©nĂ©tique de l'Ă©gyptien ancien avec les langues nĂ©gro-africaines contemporaines est pareillement contestĂ©e par certains philologues et lexicologues. Ainsi, Henry Tourneux, spĂ©cialiste des langues africaines mbara, fulfulde, munjuk, kotoko
 et membre de l'unitĂ© mixte de recherche Langage, Langues et Cultures d'Afrique noire CNRS77, observe que la coĂŻncidence de trois langues non contiguĂ«s » ne garantit pas le caractĂšre commun, nĂ©gro-Ă©gyptien », d'un mot » en effet, il ne suffit pas qu'un fait linguistique soit attestĂ© dans deux langues non contiguĂ«s du nĂ©gro-africain » contemporain la troisiĂšme langue Ă©tant l'Ă©gyptien ancien ou le copte ni que les champs sĂ©mantiques soient identiques pour que l'on ait la preuve que le fait linguistique en question relĂšve d'une hypothĂ©tique matrice nĂ©gro-Ă©gyptienne ». Les critiques d'Henry Tourneux ont fait l'objet d'une rĂ©ponse circonstanciĂ©e de ThĂ©ophile Obenga dans Le sens de la lutte contre l'africanisme eurocentriste79, oĂč il estime que son contradicteur n'est pas compĂ©tent en matiĂšre de linguistique historique comparative, ni mĂȘme spĂ©cialiste de la langue Ă©gyptienne. En effet, Henry Tourneux est spĂ©cialiste des langues tchadiques et de la lexicographie peule80 ». Par ailleurs, d'aprĂšs Obenga, aucun linguiste spĂ©cialiste de linguistique historique n'a encore contestĂ© ses travaux ni ceux de Diop, particuliĂšrement en ce qui concerne la rĂ©gularitĂ© des propriĂ©tĂ©s communes aux langues nĂ©gro-africaines, au copte et Ă  l'Ă©gyptien ancien. Or, toujours selon ThĂ©ophile Obenga, c'est trĂšs prĂ©cisĂ©ment cette rĂ©gularitĂ©, faisant force de loi linguistique, qui fonde sa thĂ©orie gĂ©nĂ©rale du nĂ©gro-Ă©gyptien » des similitudes Ă©parses, irrĂ©guliĂšres entre les langues ou groupes de langues comparĂ©es pouvant relever ou bien de coĂŻncidences ou — plus sĂ»rement en l'espĂšce du paradigme afroasiatique — d'emprunts rĂ©ciproques de langues dont les locuteurs sont gĂ©ographiquement mitoyens depuis des millĂ©naires. Pour Obenga, le fait mĂȘme que les langues africaines modernes ne soient pas contemporaines de l'Ă©gyptien ancien, et que beaucoup de ces langues soient attestĂ©es Ă  des milliers de kilomĂštres de l'Égypte, serait un argument favorable Ă  sa thĂ©orie linguistique du nĂ©gro-Ă©gyptien »81. Toutefois les thĂ©ories linguistiques d’Obenga ne sont pas reconnues par les enquĂȘtes linguistiques actuellement en cours, on leur a reprochĂ© leur manque de sĂ©rieux, et leur instrumentalisation politique. Sont Ă©galement critiquĂ©s les tests menĂ©s par Cheik Anta Diop relatifs Ă  la pigmentation de l'Ă©piderme des pharaons, qui selon lui prouverait qu'ils Ă©taient Noirs ». En effet, une Ă©tude menĂ©e sur la momie de RamsĂšs II, par le musĂ©e de l'Homme Ă  Paris en 1976, a conclu que le pharaon Ă©tait un leucoderme, de type mĂ©diterranĂ©en proche de celui des Amazighes africains85 ». Lors d'un colloque international organisĂ© Ă  Dakar du 26 fĂ©vrier au 2 mars 1996 Ă  l'occasion du dixiĂšme anniversaire de la mort de Cheikh Anta Diop86, l'anthropologue Alain Froment fit une communication ouvertement critique dans la continuitĂ© de ses prĂ©cĂ©dents travaux87. En 1996 toujours, Xavier Fauvelle a publiĂ© un livre sur Cheikh Anta Diop conçu comme un bilan critique88. Pour l'Ă©gyptologue Jean Yoyotte, Cheik Anta Diop Ă©tait un imposteur. Un Ă©gyptologue incapable de lire le moindre hiĂ©roglyphe ». sourceWikipedia Autres personnages historiques valeursindispensables au rĂ©veil des consciences et Ă  l’enracinement dans les traditions culturelles1. Si on s’intĂ©resse tout spĂ©cifiquement au domaine de la science, les noms de Cheikh Anta Diop, Frantz Fanon et Jean-Marc Ela ne sauraient laisser indiffĂ©rents les spĂ©cialistes des sciences sociales/humaines, surtout. Le premier,
L'histoire extraordinaire d'un savant africain qui a vaincu Ă  lui seul, l'idĂ©ologie coloniale... L'historiographie africaine restera Ă  jamais redevable au professeur Cheikh Anta Diop en ce sens qu'elle lui doit sa naissance, ses premiers balbutiements, sa maturitĂ© et son indĂ©pendance idĂ©ologique. Le site AfricaMaat souhaite rendre un nouvel hommage, non seulement Ă  l'homme mais aussi Ă  son Ɠuvre remarquable qui associe savamment, approche mĂ©thodologique et rectifications historiques. C'est principalement en raison de sa dĂ©marche historiographique strictement scientifique que Cheikh Anta Diop doit son image de chercheur avant-gardiste. I - Sa jeunesse en Afrique... En 1923, lorsque Cheikh Anta Diop naĂźt de Magatte Diop et de Massamba Sassoum Diop dans un petit village nommĂ© Caytou, l'Afrique occidentale française AOF n'a pas encore accouchĂ© du SĂ©nĂ©gal. Le continent tout entier est soumis Ă  la domination coloniale impĂ©rialiste qui impose ses lois politiques, culturelles, sociales, Ă©conomiques et pĂ©dagogiques aux populations. [page] Le temps des grands empires et de la prospĂ©ritĂ© a Ă©tĂ© balayĂ© par les nĂ©griers arabes et europĂ©ens qui ont finalement cĂ©dĂ© leur place aux armĂ©es et aux Ă©tats majors europĂ©ens en quĂȘte de nouvelles richesses terrestres, au mĂ©pris total de toute forme d'humanisme. BartholomĂ© de las Casas. Pour maximiser les profits liĂ©s au commerce nĂ©grier et lĂ©gitimer leurs dĂ©cisions inhumaines, les intellectuels occidentaux, sous la houlette de l'ecclĂ©siastique BartholomĂ© de las Casas, avaient crĂ©e de toute piĂšce depuis le XVIIĂšme siĂšcle, le concept philosophique du nĂšgre sauvage » qu'ils s'efforçaient d'injecter dans les consciences populaires du nord et du sud, en usant de force physique, de dĂ©clarations racistes et de travaux pseudo-philosophiques et pseudo-scientifiques. La nature n'a dotĂ© le nĂšgre d'Afrique d'aucun sentiment qui ne s'Ă©lĂšve au-dessus de la niaiserie », peut-on lire sous la plume du philosophe allemand Emmanuel Kant 1724-1804 . De telles idĂ©es furent encore vĂ©hiculĂ©es massivement par Hume, Renan, Voltaire, Gobineau, Hegel... et relayĂ©es mĂ©diatiquement par des scientifiques Buffon, Cuvier... . Pour ces derniers, le nĂšgre reprĂ©sentait la plus dĂ©gradĂ©e des races humaines, dont les formes s'approchent le plus de la brute et dont l'intelligence ne s'est Ă©levĂ©e nulle part au point d'arriver Ă  un gouvernement rĂ©gulier » Georges Cuvier, zoologiste français . Alors jeune Ă©tudiant, Cheikh Anta Diop va ĂȘtre confrontĂ© Ă  ces idĂ©ologues xĂ©nophobes chargĂ©s de dĂ©former et d'atrophier dans les Ă©coles coloniales, les jeunes consciences africaines. [page] Un incident l'opposant Ă  un enseignant français ouvertement raciste, M. Boyaud, a d'ailleurs laissĂ© des traces encore visibles aux Archives Nationales du SĂ©nĂ©gal, dans son dossier scolaire. Il s'agit d'une lettre datĂ©e du 7 aoĂ»t 1941, adressĂ© Ă  l'inspecteur gĂ©nĂ©ral en charge de l'enseignement en et rĂ©digĂ©e par la direction du lycĂ©e Van Vollenhoven de Dakar. Ce courrier fait Ă©tat de relations conflictuelles Ă  caractĂšre raciste, entre Mr C. Anta Diop et Mr M. Boyaud son professeur. NĂ©anmoins en 1945, il obtient finalement son Brevet de capacitĂ© coloniale » Ă©quivalent du bac en mathĂ©matiques juin 1945 et en philosophie octobre 1945 . Lire " Cheikh M'backĂ© Diop " ; Ă©d. PrĂ©sence africaine. Ouvrage d'oĂč sont issues les photos de cet article . Ce climat d'hostilitĂ© idĂ©ologique va progressivement aiguiser la curiositĂ© historiographique du jeune Diop car il constate que dans les rĂ©cits historiques distillĂ©s dans les Ă©coles du blanc », les peuples africains sont systĂ©matiquement dĂ©crits comme non civilisĂ©s, sans histoire d'oĂč l'Ă©thographie, Ă  savoir l'histoire des peuples sans histoire et sans liens culturels entre eux. Mais il ne se destine pas encore au mĂ©tier d'historien puisque son rĂȘve est de devenir ingĂ©nieur en constructions aĂ©ronautiques. II - Sa formation scientifique et philosophique Ă  Paris... En 1946, Cheikh Anta Diop entame ses Ă©tudes supĂ©rieures Ă  Paris oĂč il s'inscrit aux cours de mathĂ©matiques au lycĂ©e Henri IV. [page] Mais dĂ©sireux de parfaire ses connaissances en philosophie, il s'inscrit Ă©galement Ă  la Sorbonne tout en poursuivant ses travaux en linguistique. Il rencontre alors le professeur Henri Lhote, le dĂ©couvreur des fresques du Tassili, avec lequel il se lie d'amitiĂ©. TrĂšs occupĂ©, il se focalise sur sa licence de philosophie qu'il termine en 1948 et dĂšs 1949, sous la direction du cĂ©lĂšbre philosophe des sciences Gaston Bachelard, il intitule son premier projet de thĂšse de doctorat Ăšs-lettres L'avenir culturel de la pensĂ©e africaine ». En 1950, la FacultĂ© des sciences de Paris le distingue en lui remettant deux Certificats de chimie en Chimie GĂ©nĂ©rale et Chimie AppliquĂ©e . En 1951, sa thĂšse secondaire, qu'il peaufine sous la direction de Marcel Griaule le rĂ©vĂ©lateur du savoir scientifique des Dogons , devient Qu'Ă©taient les Égyptiens prĂ©dynastiques ». [page] Mais, les enjeux d'un tel travail Ă©tant bien Ă©videmment lourd de consĂ©quences pour les thĂšses coloniales, aucun jury acadĂ©mique n'accepta la responsabilitĂ© d'examiner officiellement son travail. Plus tard, il dira dans une interview qu'au moment oĂč l'impĂ©rialisme atteint son apogĂ©e, dans les temps modernes, en tout cas au XIXĂšme siĂšcle, l'Occident dĂ©couvre que c'est l’Égypte et une Égypte noire qui a apportĂ© tous les Ă©lĂ©ments de la civilisation Ă  l'Europe et cette vĂ©ritĂ©, il n'Ă©tait pas possible de l'exprimer, voilĂ  la rĂ©alitĂ© ! [page] L'Occident, qui se croyait chargĂ© d'une mission civilisatrice en direction de l'Afrique, dĂ©couvre en fouillant dans le passĂ©, que c'est prĂ©cisĂ©ment cette Afrique Noire ... qui lui a donnĂ© tous les Ă©lĂ©ments de la civilisation aussi extraordinaire que cela puisse paraĂźtre. Et cette vĂ©ritĂ©, tous les savants n'Ă©taient pas disposĂ©s Ă  l'exprimer ». Il en prend acte et publie en 1954 aux Ă©ditions PrĂ©sence Africaine alors dirigĂ©es par son ami Alioune Diop, un ouvrage dĂ©tonant qui prĂ©sente ses principales thĂ©matiques de recherches et qui assĂšne dĂšs sa sortie, un coup fatal Ă  l'idĂ©ologie eurocentriste de la supĂ©rioritĂ© des peuples nordiques sur les autres espĂšces humaines en gĂ©nĂ©ral et des NĂšgres en particulier. Il s'agit de Nations NĂšgres et Culture, De l'antiquitĂ© nĂšgre Ă©gyptienne aux problĂšmes culturels de l'Afrique noire d'aujourd'hui », dans lequel il fait la dĂ©monstration Ă©clatante non seulement de sa puissance de rĂ©flexion mais aussi des ruses et astuces utilisĂ©es par les plus grands spĂ©cialistes mondiaux en matiĂšre de falsification historique. " Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx " ; ThĂ©ophile Obenga ; Ă©d. Khepera/PrĂ©sence Africaine . [page] L'ouvrage est si avant-gardiste que les intellectuels nĂšgres, tous dĂ©sireux de ne pas se mettre Ă  dos l'establishment intellectuel français, vont donc donner leur langue au... maĂźtre blanc. Seul AimĂ© CĂ©saire, dans un ouvrage qui restera Ă  jamais comme la plus grande condamnation de l'impĂ©rialisme europĂ©en, Ă  savoir Discours sur le colonialisme » Ă©crira en 1955 qu'il s'agit du livre le plus audacieux qu'un nĂšgre ait jamais Ă©crit » et qu'il comptera Ă  ne pas douter dans le rĂ©veil de l'Afrique ». Question Avant les annĂ©es 2010, combien de familles panafricaines possĂ©daient chez elles ces deux ouvrages ? Trop peu ! les choses changent enfin et nous en sommes ravis [page] Nations nĂšgres et culture » faisait suite Ă  la publication en 1948, d'une premiĂšre Ă©tude intitulĂ©e Étude linguistique wolof, Origine de la langue et de la race valaf », publiĂ© dĂ©jĂ  par Cheikh Anta Diop dans la revue PrĂ©sence africaine. Ce dernier va alors se spĂ©cialiser en chimie et en physique nuclĂ©aire au Laboratoire Curie de l'Institut du radium, sous la direction du prix Nobel de Chimie FrĂ©dĂ©ric Joliot-Curie. En 1956, il se rĂ©inscrit en thĂšse d’État de Lettres et soutien finalement en 1960 Ă  la Sorbonne, sous la direction du professeur AndrĂ© Leroi-Gourhan professeur au CollĂšge de France , assistĂ© de AndrĂ© Aymar prĂ©sident du jury, spĂ©cialiste de l'antiquitĂ© grecque, doyen de la facultĂ© des Lettres , Roger Bastide Sociologue , Hubert Deschamps ethnologue et Georges Balandier Africaniste deux thĂšses pendant prĂšs de 6 heures Étude comparĂ©e des systĂšmes politiques et sociaux de l'Europe et de l'Afrique Noire, de l'AntiquitĂ© Ă  la formation des Etats modernes, thĂšse principale . [page] Domaines du patriarcat et du matriarcat dans l'AntiquitĂ© classique, thĂšse secondaire . Une foule immense se dĂ©place pour suivre en direct les dĂ©bats, sans oublier les mĂ©dia qui ne manquent pas de recueillir les avis enthousiastes » du jury et du jeune diplĂŽmĂ©. Ce dernier dĂ©clare alors Ă  la Radiodiffusion d'Outre-Mer j'ai voulu dĂ©gager d'une façon gĂ©nĂ©rale, l'unitĂ© culturelle africaine et d'un autre cĂŽtĂ©, animer l'histoire de tout le continent sur une pĂ©riode de 2000 ans au moins ». Il ne manque pas non plus, de confirmer son dĂ©sir de rentrer au pays pour servir au dĂ©veloppement gĂ©nĂ©ral du continent. Le PrĂ©sident de sĂ©ance, Mr AndrĂ© Aymar, concĂšde Ă  son tour Votre Ɠuvre, Ɠuvre d'une pensĂ©e africaine est pour nous dans son ensemble, un travail prĂ©cieux qu'on lit avec vif intĂ©rĂȘt ». Akhenaton et Nefertiti musĂ©e de Neues, Berlin . [page] Conscient du danger » intellectuel que reprĂ©sente Cheikh Anta Diop pour les idĂ©aux coloniaux français, le jury lui dĂ©cerne la mention Honorable » et non pas TrĂšs Honorable », ce qui lui interdira d'accĂ©der au poste d'enseignant universitaire. Au SĂ©nĂ©gal, le prĂ©sident Senghor se chargea par la suite de veiller personnellement pour la France, Ă  ce que Diop n'enseigne jamais aucune matiĂšre. Chose qui finira nĂ©anmoins par arriver aprĂšs son dĂ©part du pouvoir en 1981. III - Le combat scientifique contre la falsification de l'histoire de l'Afrique et la victoire Ă©clatante... Chercheur averti et grand milit
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