SénégalaisCheikh Anta DIOP (, 1967, 1981). Il est impossible d'esquiver un tel débat sur le fond. l. L'analyse artistique Cette méthode consistant à décrire anatomiquement les peintures et sculptu- res, a été utilisée trÚs tÎt (MORTON 1844, HAMY 1886 et 1907, CHANTRE 1905 et surtout PETRIE 1901, ainsi que VER- COUTTER et al.1976). I)
Harouna Barry Une malencontreuse erreur de saisie nous a fait Ă©crire dans le titre du prĂ©sent article dans notre prĂ©cĂ©dente parution N°139 du Vendredi 12 octobre 2018 ParentĂ© linguistique gĂ©nĂ©rique» au lieu de ParentĂ© linguistique gĂ©nĂ©tique». Les lecteurs voudront bien nous en excuser. La RĂ©daction PARENTE LINGUISTIQUE GENETIQUE ET UNITE AFRICAINE La question peut se poser Ă prĂ©sent que faire de la parentĂ© linguistique gĂ©nĂ©tique ? Ici, on sâintĂ©resse, plutĂŽt, aux enseignements politiques quâon peut tirer du ânĂ©gro-africainâ en tant que groupe linguistique. Ces enseignements sont dĂ©veloppĂ©s, bien souvent, dans les travaux des Professeurs Cheikh Anta et OBENGA. Le sentiment, la preuve et lâarme de lâunitĂ© linguistique de lâAfrique et de la parentĂ© linguistique gĂ©nĂ©tique aident Ă combattre le rĂ©gionalisme et le micronalisme, donnent la dimension diachronique indispensable Ă toute renaissance culturelle et linguistique et constituent un argument scientifique irrĂ©fragable. Un argument scientifique irrĂ©fragable Ferdinand de SAUSSURE citĂ© par OBENGA 1978 65 et NGOM 1993 30 disait au sujet des Etrusques et des Latins âSi lâon cherche ce quâils ont de commun, dans lâespoir de les ramener Ă une mĂȘme origine, on peut faire appel Ă tout ce que ces peuples ont laissĂ© monuments, rites religieux, institutions politiques etc. Mais on nâarrivera jamais Ă la certitude que donne immĂ©diatement la langueâ. La langue et la linguistique sont, donc, des sources auxiliaires de la recherche. Mais, en mĂȘme temps, elles constituent de maniĂšre intrinsĂšque un argument irremplaçable et suffisant dans tout rapprochement entre peuples et cultures. La dimension diachronique de la renaissance culturelle, scientifique et linguistique de lâAfrique noire Dans le renforcement de la personnalitĂ© culturelle africaine, et partant de lâidentitĂ© culturelle des africains, Cheikh Anta estimait âquâil serait difficile de dire, entre le facteur historique et le facteur linguistique, lequel des deux est le plus importantâ 1981 275. A lâappui de cela, il cite Montesquieu âTant quâun Peuple vaincu nâa pas perdu sa langue, il peut garder lâespoirâŠâ Soulignant, ainsi, que pour lui, la âlangue est lâunique dĂ©nominateur commun, le trait dâidentitĂ© culturelle par excellenceâ. 1981 . La retombĂ©e principale de lâintroduction de la dimension diachronique dans les recherches scientifiques et techniques africaines, voire africanistes, par le canal de lâĂ©tablissement de la parentĂ© linguistique gĂ©nĂ©tique est âle dĂ©verrouillage de la pensĂ©e scientifiqueâ elle-mĂȘme DIOP, 1975 154-223. En effet, parlant du Colloque international du Caire, le professeur DIOP a Ă©crit âil a permis dâintroduire la dimension historique dans les Ă©tudes linguistiques africaines ainsi que le confirme notreâŠouvrage intitulĂ© ParentĂ© gĂ©nĂ©tique de lâĂ©gyptien pharaonique et les langues africaines. Maintenant seulement un vĂ©ritable corps de sciences humaines africaines peut naĂźtre et se dĂ©velopper sur sa propre base historique quâil sâagisse de lâhistoire de la linguistique, de divers arts, de la pensĂ©e philosophique, religieuse etc. Maintenant seulement, les Ă©tudes diachroniques sont possibles en linguistique africaineâ 1996 25. Dans le cas prĂ©cis de la linguistique appliquĂ©e, et plus particuliĂšrement de la politique linguistique, en direction de lâunitĂ© africaine, la ParentĂ© linguistique gĂ©nĂ©tique permet a âla constitution et lâenseignement desâ AntiquitĂ©s classiques africaines â Ă base dâĂ©gyptien pharaonique â DIOP, 1990 39. b LâĂ©tablissement des lois de passage dâune langue africaine Ă une autre DIOP, 1960 17. c Lâenrichissement dâune langue Ă partir des racines Ă©gyptiennes ou dâune toute autre langue africaine DIOP, 1970 418. d Lâassimilation linguistique dâun africain par le biais des langues internationales africaines de culture quelconque, sans lâaliĂ©nation culturelle provoquĂ©e par des langues dâautres familles linguistiques DIOP, 1960 25. La lutte contre le rĂ©gionalisme et le micronalisme Cheikh Anta estimait que lâune des solutions, dont, dispose lâAfrique pour lutter contre âles barriĂšres ethniquesâ est la dĂ©monstration et la vulgarisation de la parentĂ© culturelle et linguistique existant entre les peuples africains. Il Ă©crivait, en effet, âEn dĂ©montrant dâune façon indiscutable la parentĂ© des SĂ©vĂšres, des walafs, des saras peuples des ânĂ©gresses Ă plateauâ, des sarakolĂ©s, des Toucouleurs, des Peuls, des laobĂ©s, je rends, dĂ©sormais, ridicule tout prĂ©jugĂ© ethnique entre les ressortissants conscients de ces diffĂ©rents groupements. Ce principe doit ĂȘtre Ă©tendu Ă toute lâAfrique par nos frĂšres des autres rĂ©gionsâ DIOP, 1990 52. Cette idĂ©e avait Ă©tĂ© formulĂ©e et systĂ©matisĂ©e en 1954. En effet, parlant de la sĂ©lection des langues vĂ©hiculaires africaines DIOP, 1960 20-29, cheikh Anta a soutenu que âUne telle tentative peut se heurter Ă un Ă©cueil psychologique la susceptibilitĂ© rĂ©gionale des minoritĂ©s bilingues ou non⊠cette susceptibilitĂ© est renforcĂ© par lâidĂ©e que la minoritĂ© en question est Ă©trangĂšre ethniquement par rapport Ă la masse au sein de laquelle elle se trouveâ. Alors âune Ă©tude ethnologique et linguistique appropriĂ©e, rĂ©vĂ©lant une parentĂ© insoupçonnĂ©e entre les groupements en prĂ©sence, revĂȘt une importance politique et sociale en ce sens quâelle contribue Ă aplanir les difficultĂ©s qui sâopposent Ă la rĂ©alisation de lâunitĂ© linguistiqueâ 1954 258. La consĂ©quence logique de cela pour un â africain conscient â câest quâil â doit se dĂ©gager de tout prĂ©jugĂ© ethnique et acquĂ©rir une nouvelle forme de fiertĂ©âŠla fiertĂ© dâĂȘtre africain, tant il est vrai que ces cloisons ethniques nâexistent que par notre ignorance â DIOP, 1954 321. PrĂ©venant lâaccusation dâexagĂ©ration du rĂŽle de la parentĂ© historique, culturelle et linguistique dans la rĂ©alisation d lâunitĂ© africaine, Cheikh Anta affirma ne pas exagĂ©rer ce rĂŽle et soutint, plutĂŽt, â quâon ne doit pas nĂ©gliger son importance â et quâil ânâexiste pas de clĂ© passe-partout, ni de pierre philosophale ; le secret du succĂšs rĂ©side dans lâusage judicieux et coordonnĂ© de tous les facteurs sans nĂ©gliger le moindreâ DIOP, 1954 321. EN GUISSE DE CONCLUSION Au total, la parentĂ© linguistique gĂ©nĂ©tique entre lâĂ©gyptien ancien et les langues africaines modernes est Ă©tablie, conquise et acquise. Quâen faire maintenant ? En vue de la promotion des langues nationales en Afrique, des actions sont Ă entreprendre sĂ©rieusement Ă court, moyen et long termes selon les domaines dâapplication de la linguistique. En linguistique appliquĂ©e et en politique linguistique, il faudra â RĂ©gler les problĂšmes de segmentation, dâharmonisation des orthographes et des terminologies ; â Choisir les langues transfrontaliĂšres vĂ©hiculaires et les Ă©lever au rang de langues sous rĂ©gionales et rĂ©gionales sur tous les plans. â Evaluer et harmoniser les politiques linguistiques et en constituer des banques de donnĂ©es ; â Lancer de vĂ©ritables campagnes de masse dâalphabĂ©tisation en langues nationales Ă lâĂ©chelle sous rĂ©gionale, etc. En linguistique synchronique, il faudra dĂ©velopper les savoirs endogĂšnes en matiĂšre de systĂ©matique de nos langues. Les trĂšs nombreuses lacunes des descriptions africanistes ne constitueront plus alors des obstacles Ă la promotion de ces langues. Il faudra en faire de mĂȘme pour la dialectologie et la phonologie. En matiĂšre de linguistique historique comparative, il faudra encourager la recherche en vue dâĂ©valuer les atlas linguistiques existants, en Ă©laborer lĂ oĂč il nâen existe pas, et dresser des cartes linguistiques plus pertinentes, plus prĂ©cises et plus opĂ©ratoires. La poursuite des Ă©tudes comparatives ne doit plus ĂȘtre considĂ©rĂ© comme luxueuse. Car celles-ci contribuent Ă crĂ©er, consolider et Ă©largir la conscience de lâunitĂ© linguistique, lâautre fondement indispensable de nos politiques dâintĂ©gration. Lâinterrogation prospective du nĂ©gro-africain OBENGA, 1973, ou du PalĂ©oafricain comme dit Cheik Anta 1977 constituera, donc, lâun des leviers historiques de lâunitĂ© africaine. NOTES BARRY, H. âContribution Ă lâĂ©tude de lâapport linguistique du professeur Cheikh Anta a PremiĂšre partie in le Malien Magazine n°83 du 4 fĂ©vrier 1999, b DeuxiĂšme partie in le Malien Magazine n°84 du 11 fĂ©vrier 1999, c TroisiĂšme partie in le Malien Magazine n°85 du 18 fĂ©vrier 1999, d QuatriĂšme partie in le Malien Magazine n°86 du 25 fĂ©vrier 1999, On lira avec grand profit les publications suivantes â UNESCO le peuplement de lâEgypte ancienne et le dĂ©chiffrement de lâĂ©criture mĂ©tĂ©orique-Actes du Colloque du Caire du 28 janvier au 3 fĂ©vrier 1974-UNESCO, 1978, 187p. â BARRY. H â Il y a vingt ans le Colloque du Caire⊠â les cahiers du CAEC n°4, mai 1994, â Anonyme âles vingt ans du Colloque du Caire 1974-1994â in Ankh, revue dâĂ©gyptologie et des civilisations africaines, n°3 juin 1994, â OBENGA Th Cheikh Anta DIOP, Volney et le Sphinx Contribution de Cheikh Anta DIOP, Ă lâhistographie mondiale, paris prĂ©sence Africaine/Khepera, 1996, DIOP, Ch A Nations nĂšgre et culture-Paris, prĂ©sence Africaine, 1954,390p. cet ouvrage a Ă©tĂ© depuis rééditĂ© en 1964 et en 1979. Le professeur Jean DEVISSE Ă©tait un des principaux contradicteurs du professeur DIOP voir lâarticle de Philippe DECRAENE dans le Monde du 4 Mars 1965, et la rĂ©ponse de Cheick Anta, 1967 277-278. Depuis le professeur DEVISSE a eu le temps dâĂȘtre rapporteur gĂ©nĂ©ral du Colloque du Caire. Il a, ains,i conclu son rapport Ă la page 100 âLa trĂšs minutieuse prĂ©paration des communications des professeurs Cheick Anta DIOP et OBENGA nâa pas eu, malgrĂ© les prĂ©cessions contenues dans le document de travail prĂ©paroire envoyĂ© par lâUNESCO, une contrepartie toujours Ă©gale. Il sâen suivi un rĂ©el dĂ©sĂ©quilibre dans les discutionsâ. Il a, aussi, tenu ces propos trĂšs touchants le 12 janvier 1986 moins dâun mois avant la mort de Cheikh Anta en la prĂ©sence de DIOP lui-mĂȘme ââŠil y a des chercheurs de bonne foi, et eux-lĂ ne se rallient pas forcĂ©ment dâun seul coup, ce nâest pas une reddition. Il ne sâagit pas dâune guerre ou dâune capitulation, ce qui serait de vous et de nous. Il ne sâagit pas de cela et je remercie beaucoup le professeur Cheikh Anta DIOP de mâavoir si clairement montrĂ© lâautre voieâ ESSOMBA, 1986 p88. BIBLIOGRAPHIE DES TRAVAUX LINGUISTIQUES DE CHEIKH ANTA DIOP Nations nĂšgres et culture. 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Voir aussi Joseph Marie ESOMBA textes recueillis, remis et commentĂ©s par Cheikh Anta DIOP son dernier message Ă lâAfrique et au monde Janvier 1986 Sorono Italie, MUSEAO GUISEPPPE GIANETTI, 149 p. III. CONFERENCES La nĂ©cessitĂ© dâun enseignement en langue vernaculaire*, organisĂ©e par lâassociation des Ă©tudiants africains de Paris, Paris, 6 Mercredi 6 Juillet 1949. Un enseignement est-il possible en Afrique dans la langue maternelle* ? Dakar, salle du cinĂ©ma Bataclan, Juillet 1950. NĂ©cessitĂ© et possibilitĂ© dâun enseignement dans la langue maternelle en Afrique* Saint-Louis du SĂ©nĂ©gal, 1950. Lâorigine du wolof et du Peuple qui parle cette langue* organisĂ©e par la sociĂ©tĂ© des africanistes SecrĂ©taires GĂ©nĂ©ral Marcel GRIAULE, Paris, MusĂ©e de lâhomme, Mercredi 9 Mai 1951. Y-a-t-il une unitĂ© culturelle de lâAfrique noire. ConfĂ©rence clĂŽturant les journĂ©es africaines de Rennes, sĂ©minaire organisĂ© par lâassociation des Ă©tudiants africains et lâAGER sur le thĂšme les langues vernaculaires en Afrique noire et structures sociales de lâAfrique noire en liaison avec le problĂšme des pays sous-dĂ©veloppĂ©s. Comment recrĂ©er Ă partir dâune langue, lâunitĂ© linguistique en Afrique noire* ConfĂ©rence organisĂ©e par le Centre rĂ©gional dâinformation de Diourbel SĂ©nĂ©gal, Samedi, 16 Avril 1960 voir le Bulletin du Centre dâinformation de Diourbel n°6, avril 1960. Lamminu rĂ©ew mi ak gestu* langues nationales et recherche scientifique, Samedi 28 Avril 1984, sĂ©minaire culturel de lâEcole Normale Germaine Legoff, ThiĂšs SĂ©nĂ©gal â voir le chercheur, revue scientifique de lâassociation des chercheurs sĂ©nĂ©galais, hommage Ă Cheikh Anta DIOP, Dakar n°1, 1990, pp. 13-48. Lâimportance de lâancienne Egypte pour les civilisations africaines, Paris, Centre Georges Pompidou, confĂ©rence-dĂ©bat organisĂ©e dans le cadre des âjournĂ©es des cultures africaines 2â, par lâassociation KalĂ©idoscope et le service des affaires internationales du Ministre de la culture, 7 Juin 1985 in Nomade, revue culturelle n° spĂ©cial 1-2 âla Bombeâ pp. 44-63. CONFERENCES DE PRESSE ConfĂ©rence de presse, le 10 AoĂ»t 1981, Chambre de Commerce de Dakar. ConfĂ©rence de presse, le 15 Mars 1984, le relais avenue Cheikh Anta DIOP. INTERVIEWS âLes intellectuels doivent Ă©tudier le passĂ© non pour sây complaire mais pur y puiser des leçonsâ, in la vie africaine, n°6 Mars-Avril 1960 pp. 10-11. Bulletin, CND n°5 Mai 1984 Niamey Niger, propos recueillis par Abdoulaye MAMADOU et Mamane MOUSTAPHA. pp. 10-17. âLa langue, Ă©lĂ©ment incontournable de tout dĂ©veloppement*â, propos recueillis par Tachar FAAKAREY, in le Sahel, quotidien nigĂ©rien dâinformation n°2976 du Lundi 14 Mai 1984, pp. 5-6. âLâoncle Bikâ propos recueillis par thĂ©rĂšse KEĂTA et DiouldĂ© LAYA, in Nomade, revue culturelle n° spĂ©cial Cheikh Anta DIOP, 1989, 1-2, pp. 208-231. PREFACE OBENGA ThĂ©ophile, lâAfrique dans lâantiquitĂ© Egypte pharaonique â Afrique noire, Paris, PrĂ©sence Africaine, 1973, p. IX-XII ; NB *Indique les titres uniquement consacrĂ©s Ă la langue et/ou la linguistique. Pour dâautres informations, consulter ThĂ©ophile OBENGA. Cheikh Anta DIOP, Volney et le sphinx â contribution de Cheikh Anta DIOP Ă lâhistoriographie mondiale, Paris, PrĂ©sence Africaine/Khepera, 1993, pp. 417-433. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES LIVRES FAUVELLE, LâAfrique de Cheikh Anta DIOP, Paris, Karthala, 1996, 237 p. 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NGOM, G. a * âLa parentĂ© gĂ©nĂ©tique entre pharaonique et les langues nĂ©gro-africaines modernes lâexemple de Dualaâ. Ankh, revue dâĂ©gyptologie et de civilisations africaines, n°2 â Avril 1993, pp. 29-83. b * âDu statut parental de lâEgyptien ancienâ, communication faite au colloque international sur lâĆuvre de cheikh Anta DIOP et la renaissance de lâAfrique au seuil du 3Ăšme millĂ©naire. Dakar â Caytu, 26 FĂ©vrier â 2 Mars 1996 voir RĂ©sumĂ© des communications, pp. 24-26. OBENGA, TH a * âParentĂ© linguistique gĂ©nĂ©tique entre lâĂ©gyptien ancien Ă©gyptien et copte et les langues nĂ©gro-Africaines modernesâ in le Peuplement de lâEgypte ancienne et le chiffrement du meroĂŻtique, Actes du Colloque tenu au Caire au 28 janvier au 3 fĂ©vrier 1974, b * âEn guise de prĂ©face⊠â Cheikh Anta DIOP Nouvelles recherches sur lâĂ©gyptien ancien et les langues nĂ©gro africaines modernes. Paris, PrĂ©sence Africaine, 1988. TERCAFS, J. âRapprochement entre les langues de certaines Populations du Nord Est de la colonie du Congo et de la langue Ă©gyptienne ancienne et identitĂ© de quelques objets et symboles rituels et magiques dâaprĂšs les recherches de Mlle Jane.â TERCAFS. IN IRCB, Bulletin des sĂ©ances X, I, 1939, TRILLES H. âAu sujet de la langue des fang et de ses lointaines originesâ in Revue Anthropologique, 45Ăšme annĂ©e, n°s 4-6, avril -juin 1935, Commentaires via Facebook
CâĂ©tait la tĂąche de lâenseignement colonial de vĂ©hiculer cette vision europĂ©enne de lâhistoire de lâAfrique. Mais entre 1946 et 1954, Cheikh Anta Diop va opĂ©rer la rupture Ă©pistĂ©mologique et philosophique »1 et restituer Ă l'Afrique et Ă lâhumanitĂ© leur vĂ©ritable histoire. Son audace devient le fondement de lâhistoriographie africaine contemporaine. Mais depuis a-t- on jamais fait le bilan de la nouvelle Ă©criture de lâhistoire dans lâenseignement ? Aussi cette Ă©tude tente â elle de rĂ©pondre aux questions suivantes Qui Ă©crit notre histoire ? Dans quel but dĂ©clarĂ© ? Quel est la matiĂšre historique abordĂ©e ? Le discours historique est- il un discours scientifique ? Lâhistoire est-elle Ă©crite dans une perspective afrocentrique 2 ? Quel pourrait ĂȘtre lâimpact de cet enseignement sur la sociĂ©tĂ© ? Quelles seraient les mesures correctrices Ă prendre ? LâĂ©tude cible les manuels scolaires dâhistoire des classes des collĂšges de la CĂŽte dâIvoire Ă©ditĂ©s par le groupe Hatier International 3 et qui sont utilisĂ©s Ă titre exclusif par lâEducation Nationale. Ces livres sont toujours en vigueur, depuis 16 ans pour les plus anciens dâentre eux. LâĂ©tude se limite aux pĂ©riodes de la prĂ©histoire et de lâhistoire ancienne. La pĂ©riode choisie est dĂ©cisive car elle prĂ©sente lâintĂ©rĂȘt dâĂ©valuer la place accordĂ©e Ă lâAfrique dans la genĂšse de lâhumanitĂ© et le rĂŽle inaugural que ce continent a jouĂ© dans lâĂ©laboration de la civilisation. Ainsi le plan de lâĂ©tude se prĂ©sente en trois parties - La premiĂšre partie examine les questions ; qui Ă©crit lâhistoire ? et pourquoi ? - La deuxiĂšme partie relative Ă la critique historique prĂ©sente chronologiquement les faits et les faits passĂ©s sous silence tout en Ă©valuant leur impact sur le discours. - La troisiĂšme partie dĂ©gage de ce qui prĂ©cĂšde les principes directeurs qui guident cette Ă©criture de lâhistoire. Tout au long de cette enquĂȘte », il y a lâintention avouĂ©e de traquer », de dĂ©manteler, de dĂ©construire » la falsification dans lâhistoire. Le but est de veiller Ă la transmission de la vĂ©ritĂ© historique aux jeunes gĂ©nĂ©rations pour que soit prĂ©servĂ© le patrimoine intellectuel de lâhumanitĂ©. 1 Obenga ThĂ©ophile, Cheikh Anta Diop, Volney et le sphinx ; Contribution de Cheikh Anta Diop Ă l'historiographie mondiale, Paris, Khepera, PrĂ©sence Africaine, 1996, page 27 Ă 32. 2 Molefe Kete Asante, lâafrocentricitĂ©, traduction Ama Mazama, Paris, Editions Menaibuc, 2003, page 18. 3 Une Ă©quipe dâenseignants africains, Histoire GĂ©ographie, 6Ăšme, Paris, CEDA/ Hatier international, 2001. Sophie Lecallennec coordination, une Ă©quipe dâenseignants africains, Histoire GĂ©ographie, 5Ăšme, Paris, CEDA/ Hatier international, 1998. Une Ă©quipe dâenseignants africains, Histoire 1 - LES AUTEURS ET LEURS MOTIVATIONS AVOUĂES Le chercheur français Henri â IrĂ©nĂ©e Marrou qui a rĂ©flĂ©chi Ă la question de la subjectivitĂ© et de lâhonnĂȘtetĂ© de lâhistorien recommande ceci Que lâhistorien se prĂ©sente lui-mĂȘme, dĂ©finisse sa propre orientation de pensĂ©e, explicite ses postulats »4 . Or les manuels qui font lâobjet de notre Ă©tude, sont signĂ©s par une Ă©quipe dâenseignants africains ». Qui sont ces enseignants anonymes ? Nous nâavons aucune information sur leur identitĂ©, encore moins sur leurs compĂ©tences. Le volet histoire 5 de chaque manuel est rĂ©alisĂ© sous la coordination » de Sophie le Callennec. Or Sophie le Callennec nâest pas africaine. Elle est française et par ailleurs elle est lâauteure de manuels dâhistoire actuellement en usage dans lâenseignement français pour le mĂȘme groupe dâĂ©dition français, Hatier. A ce propos voici la position de lâhistorien Joseph Ki â Zerbo. ⊠la confection des manuels dâhistoire de lâAfrique Ă lâusage des jeunes citoyens africains, doit incomber avant tout Ă des historiens africains ! Ceux â ci ont vocation pour Ă©duquer leurs concitoyens » 6 Aussi nous sommes autorisĂ©s Ă penser que par le biais dâune sociĂ©tĂ© dâĂ©dition privĂ©e et dâune historienne française, lâancienne puissance coloniale contrĂŽle la production de lâhistoire scolaire en CĂŽte dâIvoire. La suspicion est dâautant plus grande que les auteurs manquent Ă leur devoir en taisant leur intention historique ». Ils ne dĂ©finissent pas leur orientation de pensĂ©e » et nâexplicitent pas leurs postulats ». On ne sait pas le but quâils recherchent. Or ceci est une faiblesse pĂ©dagogique, mĂ©thodologique et Ă©thique impardonnable. Pourquoi taire lâ intention historique » ? Que veut â on cacher ? Pourquoi ? Mais nâallons pas trop vite en besogne, restons comme nous le recommande Cheick Anta Diop sur la voie sĂ»re de la science. Examinons au prĂ©alable le contenu du discours. GĂ©ographie, 4Ăšme, Paris, CEDA/ Hatier international, 2002. Une Ă©quipe dâenseignants africains Histoire GĂ©ographie, 3Ăšme, Paris, CEDA/ Hatier international, 1999. 4 Henri â IrĂ©nĂ©e Marrou citĂ© par Obenga ThĂ©ophile, Cheikh Anta Diop, Volney et le sphinx ; Contribution de Cheikh Anta Diop Ă l'historiographie mondiale, Paris, Khepera, PrĂ©sence Africaine, 1996 5 Les manuels sont des manuels dâhistoire et gĂ©ographie. 6 Joseph Ki-Zerbo, Histoire de l'Afrique noire d'hier Ă aujourd'hui, Paris Hatier, 1978, page 29 2 â LA CRITIQUE DES FAITS 21 - La prĂ©histoire et le palĂ©olithique 1 LâAfrique est le berceau de lâhumanitĂ©. La chaine complĂšte de lâĂ©volution humaine se trouve en Afrique. LâespĂšce humaine a une origine commune venue de lâAfrique de lâEst tant au niveau de lâhomo erectus, du NĂ©andertalien, et de lâhomo sapiens sapiens. Ce processus Ă©volutif et adaptatif de lâhomme Ă partir de la terre dâAfrique est pratiquement ignorĂ© dans les manuels. Aussi le mode de vie des envahisseurs homo sapiens africains en Europe et en Asie est tu. Les auteurs africains de lâart aurignacien aux magnifiques sculptures ne sont pas connus. 2 La naissance de lâhomme moderne en Afrique y est encore considĂ©rĂ©e sous forme trĂšs hypothĂ©tique. Or lâapparition de lâhomo sapiens sapiens ou homme moderne en Afrique est un fait vĂ©rifiable depuis la dĂ©couverte en 1967 par le palĂ©ontologue Louis Leakey de deux crĂąnes fossiles Omo 1 et Omo 2. La nouvelle datation faite en 2006 donne 195 000 ans plus ou moins 5 000 ans avant lâĂšre chrĂ©tienne. 3 Le palĂ©olithique et lâart sont nĂ©s en Afrique et non en Europe comme le laisse entendre les auteurs. Les derniĂšres dĂ©couvertes faites en 1991 par Henshilwood Ă partir des pierres gravĂ©es et des coquillages ayant servi de bracelets et de colliers trouvĂ©s dans la grotte Blombos en RSA montrent que lâart graphique et la pensĂ©e symbolique sont apparus depuis bien longtemps en Afrique, vers 77 000 ans avant lâĂšre chrĂ©tienne. Alors quâen Europe les auteurs confirment 35 000 ans avant lâĂšre chrĂ©tienne. 22 - La prĂ©histoire et le nĂ©olithique 4 Le nĂ©olithique apparait trĂšs tĂŽt en Afrique dans les sociĂ©tĂ©s pratiquant le mode de vie sur la base de graminĂ©es sauvages. Deux inventions au moins du nĂ©olithique africain sont incontestablement les plus anciennes du monde la cĂ©ramique et lâĂ©levage. Ces rĂ©alisations sont ignorĂ©es des manuels. Tout au contraire, les auteurs affirment que câest lâAsie occidentale qui a vĂ©cu les premiĂšres transformations 7. LâĂ©levage. Les Ă©tudes d'A. Close et F. Windorf en 1990 8 attestent de la domestication des bovins dans le courant du 9 Ăš millĂ©naire avant lâĂšre chrĂ©tienne en Basse-Nubie sites de Nabta Playa et de Kir Kiseiba, soit plus de 1000 ans avant la GrĂšce ou le Proche â Orient. La cĂ©ramique. Son anciennetĂ© en Afrique est scientifiquement attestĂ©e par lâhistoriographie contrairement Ă ce que disent les auteurs de manuels 9 Il y a la cĂ©ramique trouvĂ©e dans la grotte de Gamble Elmenteira, Ă l'est du lac Victoria Nyanza datĂ©e du 7 Ăš millĂ©naire avant lâĂšre chrĂ©tienne 10. Il y a celle du Sahara au sujet de laquelle J. Desange affirme que De lâEnnidi au Hoggar, les dĂ©buts de la cĂ©ramique peuvent ĂȘtre fixĂ©s au 8Ăšme millĂ©naire. 11». LâarchĂ©ologue Eric Huysecom, auteur dâune thĂ©orie sur lâexistence dâun nĂ©olithique africain, rĂ©vĂšle que les tessons de cĂ©ramiques dĂ©couverts Ă Ounjougou, au Mali, en 2003 ont Ă©tĂ© datĂ©s du XI millĂ©naire avant lâĂšre chrĂ©tienne 12, soit 2000 ans avant lâapparition de la cĂ©ramique au Proche-Orient. Lâagriculture. La date de son invention est plus ancienne en Afrique que ne le prĂ©tendent les manuels 8 Ăšme millĂ©naire avant lâĂšre chrĂ©tienne en Haute â Egypte et environ 1000 ans plus tard dans le Sahara central selon A. Close 13 alors que les manuels nâindiquent pas plus de 3000 ans avant lâĂšre chrĂ©tienne. Par ailleurs, les manuels ne mentionnent pas quâil existait une prĂ©-agriculture trĂšs ancienne. Selon F. Wendorf et R. Schild lâorge Ă©tait connue en Haute Egypte depuis et y faisait lâobjet dâune prĂ© - agriculture vers 12 000/10 000 avant lâĂšre chrĂ©tienne 14 La sĂ©dentarisation. Les auteurs passent sous silence la fondation dâune ville sur le site de Nabta playa en Basse Nubie dĂšs le 8 Ăš millĂ©naire avant lâĂšre chrĂ©tienne. Au total câest Ă tort que les manuels enseignent que la rĂ©volution du nĂ©olithique » a eu lieu en Asie Occidentale 15 5 Le plus ancien site dâobservation astronomique est attestĂ© Ă Nabta Playa autour de 4800 avant lâĂšre chrĂ©tienne. Ceci est ignorĂ© par les manuels. A lâinverse, le site mĂ©galithique de Stonehenge Wiltshire en Angleterre datĂ© entre 3000 et 1500 est mis en valeur par une photographie dans la leçon les civilisations du nĂ©olithique » 16. 6 Lâorigine de la civilisation Ă©gyptienne nâest ni europĂ©enne ni asiatique. Elle est Nubienne. Ce fait est passĂ© sous silence dans les manuels. En 1963-1964, Les fouilles menĂ©es par Keith Seele au cimetiĂšre de Qostul en Nubie mettent en Ă©vidence lâappartenance de ce cimetiĂšre au groupe A », c'est-Ă -dire Ă une culture nubienne du prĂ©dynastique rĂ©cent. 3500 â 3050. En 1978, Bruce Williams, qui travaillait sur les objets trouvĂ©s dans ce cimetiĂšre, attire lâattention sur les motifs gravĂ©s sur un encensoir cylindrique. Le chercheur y reconnait les symboles de la royautĂ© nubienne avec tous les futurs attributs essentiels de la monarchie Ă©gyptienne couronne blanche de la haute Egypte, le Dieu faucon Horus, la façade dâun palais rappelant celle du domaine funĂ©raire de Djoser et des signes hiĂ©roglyphiques annonçant lâĂ©criture. LâarchĂ©ologue Fred Windorf a mis Ă jour une ville prĂ©historique dans la rĂ©gion de Nabta Ă lâOuest de Abou Simbel 17 Basse â Nubie ; câest la plus vieille ville mise Ă jour dans le monde Ă ce jour. Ses dĂ©buts datent du 8Ăšme millĂ©naire avant lâĂšre chrĂ©tienne. Cette dĂ©couverte dĂ©montre que la Basse Nubie fut le berceau de la civilisation. 7 LâantĂ©rioritĂ© de la civilisation Ă©gyptienne sur celle dâAsie ne faisait aucun doute pour tous les anciens grecs comme HomĂšre, HĂ©rodote, Diodore de Sicile. Câest lâEgypte qui apporte les Ă©lĂ©ments de la civilisation au monde mĂ©diterranĂ©en dĂšs le XVI Ăš siĂšcle avant lâĂšre chrĂ©tienne 18. En effet câest sous ThoutmĂšs III en particulier que lâEgypte a conquis toute la MĂ©diterranĂ©e orientale CrĂšte, Chypre, les Cyclades.. et toute lâAsie Occidentale Khati, pays des hittites, le Mitanni, lâAmourrou, Kadhesh, la Syrie, le pays dâAkkad, la Babylonie. Au total 110 Ă©tats Ă©trangers furent intĂ©grĂ©s Ă lâempire Ă©gyptien 19. La civilisation nâest donc pas nĂ©e en Asie comme lâaffirme sans grande conviction les auteurs des manuels 20 8 LâantĂ©rioritĂ© historique et culturelle de la Haute â Egypte sur la Basse â Egypte. Cette thĂšse dĂ©fendue en 1954 par Cheikh Anta Diop, sur la base des dĂ©positions des anciens grecs comme le tĂ©moignage oculaire dâHĂ©rodote 21, sera confirmĂ©e par de nombreuses dĂ©couvertes ultĂ©rieures dont celle de Jacques Labeyrie 22 CEA/CNRSD en 1985 qui utilise la science physico-chimiste. Ce dernier prouve ainsi que le delta Ă©merge seulement Ă partir de 3500 ans avant lâĂšre chrĂ©tienne 23. 9 Il est aujourdâhui Ă©tabli que la Nubie est la matrice de lâAfrique. Câest le point de dĂ©part des premiĂšres migrations pour peupler lâAfrique et le monde. Câest aussi le foyer culturel de lâAfrique. Or la Nubie antique prĂ©dynastique, Kerma, Koush, Napata, MĂ©roĂ© est totalement absente des manuels. Les fouilles de C. Bonnet montrent que la civilisation de Kerma ignorĂ©e par les manuels sâest Ă©tendue de 2500 Ă 1500 annĂ©es avant lâĂšre chrĂ©tienne 24. 10 Les anciens Ă©gyptiens sont africains et nĂšgres. A la cĂ©lĂšbre confĂ©rence de lâUNESCO au Caire en 1974, deux gĂ©ants intellectuels africains » Diop et T. Obenga en sâappuyant sur la science, la linguistique, l'anthropologie, et l'histoire ont dĂ©montrĂ© que les Anciens Ăgyptiens Ă©taient des Noirs. Ils ont fait usage d'un test relatif Ă la mĂ©lanine sur la peau d'une momie, aux peintures murales des tombes, Ă la comparaison avec les autres langues africaines, ainsi qu'aux tĂ©moignages des Anciens 25. Or les auteurs des manuels ont dĂ©tachĂ© lâEgypte de lâAfrique. Ils nâenseignent pas aux enfants dâAfrique que la civilisation Ă©gyptienne a Ă©tĂ© lâĆuvre de leurs ancĂȘtres. Nous sommes ici au cĆur du projet occidental de falsification ; câest le crime contre lâhumanitĂ© » que Diop Ă©voque. 7 Une Ă©quipe dâenseignants africains, Histoire GĂ©ographie, 6Ăšme, Paris, CEDA/ Hatier international, 2001, p 26. 8 F. Wendorf, A. Close, A. Gautier et R. Schild, Les dĂ©buts du pastoralisme en Egypte, La Recherche vol. 21 n°220, avril 1990 pp. 436-446. 9 Une Ă©quipe dâenseignants africains, Histoire gĂ©ographie, 6 e. Paris, CEDA, Groupe Hatier internatidinational, 2001. Page 26. 10 Sutton, Chapitre 19, PrĂ©histoire de l'Afrique orientale, Histoire gĂ©nĂ©rale de l'Afrique, vol. 1, Paris, Jeune â Afrique/Unesco, 1980, Page 489 - 524. 11 J. Desanges, Chapitre 17, Les protoberbĂšres », Histoire GĂ©nĂ©rale de lâAfrique, vol 2, Jeune Afrique/Unesco, Paris, 1980, pages 455. 12 Ăric Huysecom, Un nĂ©olithique "trĂšs" ancien en Afrique de l'Ouest, Dossier Pour la Science n° 76, Juillet-septembre 2012. Le chercheur Ă©crit Or Ă Ounjougou, au Mali, en 2003, nous avons dĂ©couvert des fragments de cĂ©ramiques dans une strate du dĂ©but de l'HolocĂšne, la pĂ©riode couvrant les 12 derniers millĂ©naires. Notre Ă©tonnement a encore grandi lorsqu'Ă l'issue des campagnes de fouilles menĂ©es entre 2004 et 2006, nous avons obtenu pour ces tessons des datations nous renvoyant plus de 11 500 ans en arriĂšre, soit plus de 2 000 ans avant l'apparition de la cĂ©ramique au Proche-Orient et plus de 500 ans avant les plus anciens tĂ©moins du Sahara et de la vallĂ©e du Nil » 13 A. close, Journal of African history, 1984, vol. 25, page 4. 14 Louise â Marie Diop Maes, apport des datations physico â chimiques Ă la connaissance du passĂ© africain, Ankh 1999/2000, N°8 9, pages 144-169. 15 Une Ă©quipe dâenseignants africains, Histoire gĂ©ographie, 6 e, Paris, CEDA, Groupe Hatier internatidinational, 2001. Page 26. 16 Une Ă©quipe dâenseignants africains, Histoire gĂ©ographie, 6 e. Paris, CEDA, Groupe Hatier internatidinational, 2001. Page 29. 17 Louise Marie Diop-Maes, Afrique Noire DĂ©mographie, sol et histoire, Paris, PrĂ©sence Africaine/Kehepera, 1996, page 21. 18 Câest donc la XVIIIĂš dynastie Ă©gyptienne qui par la colonisation et lâintroduction de lâĂ©criture, a sorti de la Protohistoire, la CrĂšte, Chypre, la GrĂšce continentale ou mycĂ©enne, lâAsie mineure ». Diop Cheick Anta, Civilisation ou barbarie ; anthropologie sans complaisance. Paris, PrĂ©sence Africaine, 1981, p 128. 19 Ibidem, p. 110 et 119. 20 les villes les plus anciennes ont Ă©tĂ© retrouvĂ© en Asie Occidentale » Une Ă©quipe dâenseignants africains, Histoire gĂ©ographie, 6 e. Paris, CEDA, Groupe Hatier internatidinational, 2001. Page 28. 21 âŠtoute lâEgypte sauf le nome thĂ©baĂŻque Ă©tait un marĂ©cage, et que rien nâĂ©mergeait alors des parties du pays existant maintenant au-dessous plus au nord du lac de MoerisâŠil est Ă©videntâŠque la rĂ©gion de lâEgypte oĂč les Grecs se rendent en bateau est une terre qui sâajouta au pays des Egyptiens, un prĂ©sent du fleuve..»HĂ©rodote, Histoires, Livre II, 4-5, Paris, SociĂ©tĂ© dâĂ©dition les belles lettres, 1936, page 68 -69 22 Jacques Labeyrie, lâhomme et le climat, Paris, 1985. 23 Obenga ThĂ©ophile, Cheikh Anta Diop, Volney et le sphinx ; Contribution de Cheikh Anta Diop Ă l'historiographie mondiale, Paris, Khepera, PrĂ©sence Africaine, 1996. 24 Louise Marie Maes-Diop, Enseignement de la prĂ©histoire des rectifications qui sâimposent, ANKH, Revue dâEgyptologie et des civilisations Africaines, N°16 AnnĂ©e 2007. Page 233 Ă 237. 25 Molefe Kete Asante, L'Origine Africaine de la Philosophie Mythe ou RĂ©alitĂ© ? Vu sur le site de Afrocentricity le 11/07/201 ; 23 - L'histoire ancienne 11 Lâinvention du calendrier. Le plus vieux calendrier du monde est attestĂ© dĂšs 4236 av lâĂšre chrĂ©tienne en Egypte. Les Ă©gyptiens vont aussi introduire pour la premiĂšre fois dans lâhistoire de lâhumanitĂ© la notion dâĂšre avec la chronologie absolue. Ils vont utiliser le nombre de levers hĂ©liaques de Sirius pour servir de repĂšre et dâĂ©chelle de chronologie absolue. Les manuels ignorent ce fait et ne font point allusion aux anciens calendriers africains dont les vestiges persistent encore dans de nombreuses traditions alors mĂȘme quâils Ă©voquent les calendriers chrĂ©tiens et musulmans. 12 Lâinvention de lâĂ©criture. LâAfrique est le berceau de lâĂ©criture. En 1992, lâĂ©gyptologue allemand, G. Dreyer, dĂ©couvre que lâĂ©criture hiĂ©roglyphique ancienne, gravĂ©e sur environ 200 Ă©tiquettes » en ivoire trouvĂ©es Ă Abydos remonte au-delĂ de 3250 avant lâĂšre chrĂ©tienne, vers 3400. Câest la plus ancienne date attestĂ©e pour lâĂ©criture dans le monde. Or les auteurs en se contentant dâaffirmer que la civilisation Ă©gyptienne fut lâune des premiĂšres Ă utiliser une Ă©criture 26» ne rendent pas totalement justice aux anciens Ă©gyptiens qui sont les premiers Ă titre exclusif Ă utiliser lâĂ©criture. 13 La naissance de lâEtat. LâEtat pharaonique est le premier Etat actuellement connu selon lâĂ©gyptologue Bernadette Menu 27. Sa naissance se situe au passage de la dynastie 0 Ă la 1Ăšre dynastie, c'est-Ă -dire aux alentours de 3200 â 3100 avant lâĂšre chrĂ©tienne. Câest la monarchie absolue et sacrĂ©e instaurĂ©e par le Per aa Namer qui succĂšde Ă la FĂ©dĂ©ration dirigĂ©e par un souverain unique 28. Depuis lâantiquitĂ©, lâEtat pharaonique est un modĂšle pour lâhumanitĂ©. Il convient aussi dâinsister sur le fait que lâEtat Ă©gyptien est un Etat au sens moderne du terme ; bureaucratie, centralisation de lâEtat, modĂšle impĂ©rialiste, Ă©tendue du territoire, efficacitĂ© du systĂšme idĂ©ologique, Ă©galitĂ© des droits des femmes et des hommes, droit public , monnaie, armĂ©e nationale, diplomatie, grands travaux, systĂšme Ă©ducationnel et juridique fondĂ©e sur la MaĂąt. Ce fait important est passĂ© sous silence. 14 La religion dans lâantiquitĂ© Atoum le crĂ©ateur, Amon lâinvisible, Ptah le forgeron, Aton lumineux, Ra le soleil, le concept de Dieu est attestĂ© pour la premiĂšre fois en Afrique vers 2800 ans 29 avant lâĂšre chrĂ©tienne. Il apparaĂźt dâemblĂ©e en tant que dieu » unique, crĂ©ateur du ciel, de la terre et des hommes. Le monothĂ©isme est nĂ© en Afrique et non en Asie hĂ©breux comme le laisse entrevoir les manuels. La premiĂšre Ă©criture de lâhumanitĂ© est sacrĂ©e. Elle sâappelle les Mdw Ntr Paroles de Dieu traduit hiĂ©roglyphes » par les grecs. Elle contient tous les premiers concepts religieux quâon retrouvera plus tard dans les textes sacrĂ©s ultĂ©rieurs la Thora, la Bible et le Coran ; monothĂ©isme, sauveur, paradis, enfer, jugement dernier, fils de dieu, commandements, prophĂšte, immaculĂ©e conception, symbolisme des chiffres, etc. En particulier les anciens Ă©gyptiens sont les premiers Ă avoir créé lâidĂ©e de survie de lâĂąme des dĂ©funts au moins dĂšs 3300 avant lâĂšre chrĂ©tienne 30. Câest Ă Kemet Ă©galement quâon a dĂ©couvert le plus ancien code moral de lâhumanitĂ© â la Maat - qui date de 2 300 avant lâĂšre chrĂ©tienne 31. Tout ceci nâest pas enseignĂ© dans nos Ă©coles. Et pourtant cette spiritualitĂ© est la source des valeurs morales et Ă©thiques, du droit, des rapports sociaux et Ă©conomiques que partagent encore toute lâAfrique nĂ©gro-africaine. Or câest surtout ici que trouve sens cette importante remarque de Henri â IrĂ©nĂ©e Marrou Je continue Ă penser quâune fonction essentielle de lâhistoire est la rĂ©cupĂ©ration des valeurs du passĂ© au profit de la culture vivante aujourdâhui »32 . 15 Utilisation des mĂ©taux en Afrique La mĂ©tallurgie du fer en Afrique est non seulement autochtone mais semble ĂȘtre la plus ancienne du monde ; elle est attestĂ©e Ă une Ă©poque oĂč ce mĂ©tal Ă©tait encore inconnu en Europe Occidentale. La datation du fer dans le massif de Termit entre le lac Tchad et le massif de lâAir donne 1500 ans avant lâĂšre chrĂ©tienne. Celle de Egaro au Niger ouest de Termit donne 2500 avant lâĂšre chrĂ©tienne 33. Ceci nâest pas enseignĂ© dans les manuels. 16 Lâinvention de la monnaie La fonction de lâunitĂ© de compte Ă Kemet est attestĂ©e dans les documents comptables qui nous sont parvenus. Les unitĂ©s utilisĂ©es sont des contreparties comptables Ă©tablissant des valeurs entre les biens 34. DĂšs lâAncien Empire Egyptien, les Africains anciens ont Ă©laborĂ© le premier Ă©talon monĂ©taire de lâhistoire humaine, Ă savoir le ShĂąty ». Or les auteurs nient lâexistence en Egypte de la monnaie en la rĂ©duisant Ă des Ă©changes basĂ©s sur le troc 35. 17 Les sciences et la philosophie Les auteurs passent pratiquement sous silence les rĂ©alisations scientifiques et philosophiques des africains de la vallĂ©e du Nil 36. Pourtant les plus anciens documents Ă©crits, dĂ©couverts jusquâĂ nos jours, relatifs aux sciences, Ă la philosophie, Ă la thĂ©ologie, Ă la religion, proviennent, pour la plupart, de la vallĂ©e du Nil 37. Dans le papyrus de Moscou qui date de la XI Ăšme dynastie, les africains y ont Ă©tabli 2000 ans avant lâĂšre chrĂ©tienne, la formule rigoureuse de la surface d'une demi-sphĂšre et ont calculĂ© le volume de la pyramide tronquĂ©e, la longueur de la circonfĂ©rence du cylindre et la surface du rectangle. Le papyrus de Rhind est un traitĂ© mathĂ©matique de Ahmose Ahmes qui est luiâmĂȘme une duplication de rĂ©sultats encore plus anciens remontant au Moyen - Empire vers -2000. Il contient 87 problĂšmes rĂ©solus d'arithmĂ©tique, d'algĂšbre, de gĂ©omĂ©trie et d'arpentage. Au niveau philosophique, les auteurs font Ă©galement lâimpasse sur lâexistence des systĂšmes de pensĂ©e et de la philosophie dans lâEgypte antique. Or de nombreuses Ă©tudes sont disponibles ; Il sâagit notamment des travaux de Cheikh Anta Diop38, Mubabinge Bilolo39 , ThĂ©ophile Obenga40,41 et GrĂ©goire Biyogo42 La philosophie a commencĂ© Ă ThĂšbe au 3Ăšme millĂ©naire avant notre Ăšre, avec la philosophie des mystĂšres. Alors que le commencement de la philosophie grecque est datĂ© des premiers penseurs de lâAsie mineure, notamment au VII Ăš siĂšcle avant notre Ăšre 43. Les Ă©coles thĂ©baine, memphite, hĂ©liopolitainne, Amarnienne et Saite sont toutes des Ă©coles philosophiques avec lâidentification des leurs concepts et de leurs grands prĂȘtes. 18 Le rayonnement intellectuel de lâEgypte. DĂšs la haute antiquitĂ©, la civilisation Ă©gyptienne impliquait pour les grecs une grande avance intellectuelle, littĂ©raire, artistique », du pays de la vallĂ©e du Nil. Planton rapporte un imaginaire collectif » devenu une tradition acceptĂ©e, Ă savoir que câest le dieu Ă©gyptien Djehouty Thot qui inventa les arts, les sciences, la gĂ©omĂ©trie, lâastronomie, les lois, lâĂ©criture. Des gĂ©nĂ©rations de futurs savants grecs ont Ă©tĂ© dans la vallĂ©e du Nil pour apprendre et recevoir une Ă©ducation auprĂšs des prĂȘtes et savants de lâEgypte antique. 26 Une Ă©quipe dâenseignants africains, Histoire gĂ©ographie, 6 e. Paris, CEDA, Groupe Hatier international, 2001, page 62 27 Bernadette Menu, Egypte pharaonique, nouvelle recherche sur lâhistoire juridique, Ă©conomique et sociale de lâancienne Egypte, lâHarmattan, 2013, page 17. 28 Ibidem, page 20. 29 Extrait du papyrus Brenner Rhind. âŠAinsi parla le Seigneur de lâuniversâŠJe fis ce que je fis en Ă©tant seul, avant quâaucun autre ĂȘtre que moi ne vint Ă exister » 30 DâaprĂšs Jacques Pirenne dans Ăąme et vie dâoutre â tombe chez les Ă©gyptiens de lâancien Empire ». CitĂ© par Obenga. Obenga ThĂ©ophile, Cheikh Anta Diop, Volney et le sphinx ; Contribution de Cheikh Anta Diop Ă l'historiographie mondiale, Paris, Khepera, PrĂ©sence Africaine, 1996. Page 245. 31 ThĂ©ophile Obenga, la philosophie africaine de la pĂ©riode pharaonique 2780 â 330 avant lâĂšre chrĂ©tienne, Paris, lâharmattan, 1990, page 169-185. 32 Henri-IrĂ©nĂ©e Marrou, de la connaissance historique, Paris, Edition du Seuil, 1954, page 303. 33 G. QuĂ©chon et al, journal des africanistes, 62,2 1992, pp55-68 34 Un attendu de jugement datant dâenviron 2600 ans avant lâĂšre chrĂ©tienne atteste de lâexistence dâun Ă©talon monĂ©taire dĂšs lâAncien Empire. 35 Une Ă©quipe dâenseignants africains, Histoire gĂ©ographie, 6 e. Paris, CEDA, Groupe Hatier international, 2001, page. 54. 36 En effet on lit dans la leçon 39, intitulĂ©e lâart et la pensĂ©e dans la GrĂšce antique dâimportantes dĂ©couvertes ont Ă©tĂ© faites par les Grecs comme Pythagore et ArchimĂšde, qui posĂšrent les fondements de la gĂ©omĂ©trie et des Sciences physiquesâŠÂ». Une Ă©quipe dâenseignants africains, Histoire gĂ©ographie, 6 e. Paris, CEDA, Groupe Hatier international, 2001 37 Mubabinge Bilolo, Les cosmo-thĂ©ologies philosophiques de lâEgypte antique ; problĂ©matiques-prĂ©misses hermĂ©neutiques et problĂšmes majeurs, PUA/Editions Menaibuc, Paris, 1986, PrĂ©face, page V. 38 Diop, Cheick Anta, Civilisation ou barbarie ; anthropologie sans complaisance, Paris, PrĂ©sence Africaine, 1981. 39 Mubabinge Bilolo, Les cosmo-thĂ©ologies philosophiques de lâEgypte antique ; problĂ©matiques-prĂ©misses hermĂ©neutiques et problĂšmes majeurs, PUA/Editions Menaibuc, Paris, 1986. 40 ThĂ©ophile Obenga, La philosophie africaine de la pĂ©riode pharaonique -2780-330 avant notre Ăšre », lâharmattan, 1990, Paris. 41 ThĂ©ophile Obenga, lâEgypte, la GrĂšce et lâEcole dâAlexandrie; histoire interculturelle dans lâantiquitĂ© ; aux sources Ă©gyptiennes de la philosophie grecque, Paris, Khepera/LâHarmattan, 2005. 42 GrĂ©goire Biyogo, histoire de la philosophie africaine, Livre 1, le berceau Ă©gyptien de la philosophie, Paris, LâHarmattan, 2006. 43 Ibidem, p. 81. 3 â LE PRINCIPE DE BASE DE LA PENSĂE DES AUTEURS La critique historique des manuels nous permet maintenant de dĂ©gager clairement les principes de base sur lesquels repose le discours » des auteurs. 31 - La nĂ©gation du paradigme civilisationnel » africain Dans les annĂ©es 1940, Cheikh Anta Diop crĂ©e et dĂ©finit le concept de paradigme civilisationnel africain » ; Les nouvelles humanitĂ©s africaines devront reposer sur les fondements de la culture Ă©gypto-nubienne, de mĂȘme que les humanitĂ©s occidentales sâappuient sur la culture grĂ©co-romaine antique. Sans rĂ©fĂ©rence systĂ©matique Ă lâEgypte dans tous les domaines de la culture, il ne sera pas possible de bĂątir un corps de sciences humaines le spĂ©cialiste africain qui veut faire Ćuvre scientifique nâa pas le choix, il ne peut pas se contenter de flirter avec les faits culturels Ă©gyptiens »44 . Or lâanalyse des manuels dâhistoire examinĂ©s dans cette Ă©tude montre que les auteurs ne prennent pas Ă leur compte lâhĂ©ritage des humanitĂ©s classiques africaines. Tout au contraire, les auteurs sâemploient Ă couper lâEgypte ancienne du reste du monde africain pour la rattacher Ă lâOrient. 32 - Le temps historique et lâunitĂ© culturelle niĂ©s Ă lâAfrique. Lâhistoire africaine qui se donne Ă voir dans ces manuels nie lâunitĂ© historique et culturelle du continent. Et pourtant les travaux de Cheikh Anta Diop et ThĂ©ophile Obenga ont dĂ©finitivement rĂ©glĂ© la question. En effet, LâĆuvre de Cheikh Anta Diop a introduit le temps historique et lâunitĂ© culturelle dans les Ă©tudes africaines, sortant lâAfrique du carcan anhistorique et ethnographique dans lequel les historiens africanistes traditionnels lâavaient enfermĂ©e »45 . En 1993, ThĂ©ophile Obenga, dans un livre fondateur de la linguistique historique africaine 46, Ă©tablit lâunitĂ© culturelle Negro âAfricaine sur la base de la linguistique historique. Lâaspiration de tous les Ă©tats africains et des africains du continent et de la diaspora est de construire une fĂ©dĂ©ration politique panafricaine. Mais comment construire un avenir commun, si lâenseignement de lâhistoire dissimule et minorise le destin commun qui lie tous les africains depuis la naissance de lâhumanitĂ© ? 33 - La question de la pĂ©riodisation de lâhistoire Les auteurs appliquent le concept de Moyen Age Ă lâAfrique 47. Or tous les historiens africains sâaccordent Ă dire que la pĂ©riode du Moyen - Age en Europe correspond en Afrique Ă la pĂ©riode de lâĂąge dâor impĂ©rial. En ce qui concerne la pĂ©riode correspondante Ă lâantiquitĂ© europĂ©enne, les auteurs reprennent pour leur compte lâopinion de lâhistorien français Raymond Mauny qui parle pour la pĂ©riode en Afrique de siĂšcles obscurs au prĂ©texte que lâon connaĂźt imparfaitement lâhistoire du continent de cette Ă©poque 48. Câest lâexpression Afrique ancienne qui est couramment retenue pour dĂ©signer cette pĂ©riode correspondant Ă lâantiquitĂ© en Europe. 34 - Les postulats philosophiques et anthropologiques La thĂ©orie philosophique de Hegel qui exclut lâAfrique de lâhistoire 49 et la thĂ©orie anthropologique de Gobineau 50 qui classe la race nĂšgre » au bas de la hiĂ©rarchie des races humaines vont impliquer pour lâoccident savant que l'Afrique ne peut pas constituer "un champ historique intelligible " 51 Manifestement ces thĂ©ories constituent le fondement de la pensĂ©e des auteurs des manuels. Car en dĂ©finitif pour ces manuels lâAfrique nâa apportĂ© aucune contribution Ă la civilisation. CONCLUSION Lâexamen rigoureux des textes et illustrations des manuels dâhistoire des classes de la sixiĂšme Ă la troisiĂšme Ă©ditĂ©s par la maison française Hatier montre que ; 1 Lâhistoire est Ă©crite sous le contrĂŽle de lâancienne puissance coloniale ; la France. 2 La prĂ©histoire et lâhistoire ancienne continuent dâĂȘtre enseignĂ©es de façon erronĂ©e. La non - prise en compte dâimportantes dĂ©couvertes et connaissances fondamentales nie Ă lâAfrique la place qui lui revient dans la formation de lâhumanitĂ© et le rĂŽle quâelle a jouĂ© dans lâĂ©laboration de la civilisation. Or la falsification historique ne favorise pas la conscience historique. Elle est gĂ©nĂ©ratrice de complexe dâinfĂ©rioritĂ© pour les africains et de supĂ©rioritĂ© pour les occidentaux. Elle compromet lâavenir de notre sociĂ©tĂ©. Au-delĂ de la discipline histoire », ce qui est en cause ici mĂȘme câest la mise sous tutelle Ă©trangĂšre du systĂšme Ă©ducatif ivoirien dans son ensemble. Les africains qui sont conscients des intĂ©rĂȘts en jeux devraient sâorganiser collectivement pour protĂ©ger lâhĂ©ritage culturel africain. Il y va de lâavĂšnement de la renaissance africaine. TraorĂ© Adama 44 Cheick Anta Diop, AntiquitĂ© Africaine par lâimage, Paris, PrĂ©sence Africaine, 1967. Page 12. 45 ThĂ©ophile Obenga, Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx ; contribution de Cheikh Anta Diop Ă lâhistoriographie mondiale, Paris, PrĂ©sence Africaine/Khepera, 1996, 46 ThĂ©ophile Obenga, Origine commune de lâEgyptien ancien du copte et des langues Negro â Africaines modernes; introduction Ă la linguistique historique africaine, Paris, lâHarmattan, 1993. 47 Voir par exemple la table des matiĂšres du manuel de cinquiĂšme. 48 Pour ces auteurs, la pĂ©riode des siĂšcles obscurs couvre la prĂ©histoire et la premiĂšre partie de lâhistoire de 3500 av J-C Ă 600 aprĂšs J-C. 49 Georg Wilhelm Friedrich Hegel 1770-1831."L'Afrique est un monde anhistorique non dĂ©veloppĂ©, entiĂšrement prisonnier de l'esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l'histoire de l'universel ». 50 Comte de Gobineau 1816-1882. Câest lĂ ce que nous apprend lâhistoire. Elle nous montre que toute civilisation dĂ©coule de la race blanche, quâaucune ne peut exister sans le concours de cette race.» 51 La race » noire est la plus humble et gĂźt au bas de lâĂ©chelle. Le caractĂšre dâanimalitĂ© empreint dans la forme de son bassin lui impose sa destinĂ©e, dĂšs lâinstant de la conception» dans Essai sur lâinĂ©galitĂ© des races humaines », 1855 52 Comme le soutenait l'historien britannique Arnold Toynbee
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En1996, il publie Cheikh Anta Diop Volney et le Sphinx, consacrĂ© Ă lâapport de Cheikh Anta Diop Ă lâHistoriographie mondiale. En 1998, il est nommĂ© Ă la tĂȘte du dĂ©partement des Black Studies de lâUniversitĂ© de San Francisco. Il y restera prĂšs de dix ans avant dâĂȘtre dĂ©classĂ© de son titre de chef du dĂ©partement au profit de lâuniversitaire
Synopsis About this title Cet Essai explique, sous le signe de la rigeur el de la vigilance, cette naissance de l'histoire africaine, ce a quoi, et aussi ce pour quoi Cheikh Anta Diop, l'auteur de "Nations negres et Culture" et de "Civilisations our bararie", a consacre sa vie et protege pour nous la Memoire du Monde et de nous-memes. La forme generale de son inquietude est devenue notre audace. - Cet Essai voudrait presenter cette exigence scientifique, telle que Cheikh Anta Diop nous l'aura leguee, en signe d'amour de la patgrie Africaine et de la sokidaarite des hommes de notre planete. - Toutes les societes du monde, sans exception, ont toujours eu besoin de leur passe pour definir leur avenir. - Cheikh Anta Diop, arendu a l'Afrique noire entiere son passe, sa memoire collective, sa presence formelle et active dans les differentes etapes de l;hisoire universelle. - I'l appartient maintenant au genie createur des peuples d'Afrique noire, a leurs elites et a leurs dirigeants, a leur jeunnesse, a leurs paysans et ouvriers, a leurs hommes d'affaires, a leurs savants et ingenieurs, de faire ensemble tout le possible pour realiser - tel est l'enjeu capital - une Afrique contemporaine moins fragile et moins pauvre, dans la cooperation internationale et l;interdependance planetaire de tous le peuples et de toutes les nations du monde - Il est question de vie et de survive au rythme meme de l'hisotre actualle de l''humanite. - Poiur l'Afrique noire, assumer politquement et culturellement l''oeuvre de Chikh Anta Diop, c'estet entrer, debout, avec espoir, dans le XXe siecle. - L'auteur, d'origine congolaise, est actuellement professeur a Temple univaersity a Philadelphie, aux Etats-Unis. Il a ensigne pendant plusiers annes la langue pharanique et l;histoire ancienne a l'Universite marien Ngouabi de Brazzaville. "synopsis" may belong to another edition of this title. Language Notes Text French "About this title" may belong to another edition of this title. No Available Copies Advanced Search AbeBooks Home Search Books Create a WantIf you know the book but cannot find it on AbeBooks, we can automatically search for it on your behalf as new inventory is added. If it is added to AbeBooks by one of our member booksellers, we will notify you! Create a Want
L'histoire extraordinaire d'un savant africain qui a vaincu Ă lui seul, l'idĂ©ologie coloniale... L'historiographie africaine restera Ă jamais redevable au professeur Cheikh Anta Diop en ce sens qu'elle lui doit sa naissance, ses premiers balbutiements, sa maturitĂ© et son indĂ©pendance idĂ©ologique. Le site AfricaMaat souhaite rendre un nouvel hommage, non seulement Ă l'homme mais aussi Ă son Ćuvre remarquable qui associe savamment, approche mĂ©thodologique et rectifications historiques. C'est principalement en raison de sa dĂ©marche historiographique strictement scientifique que Cheikh Anta Diop doit son image de chercheur avant-gardiste. I - Sa jeunesse en Afrique... En 1923, lorsque Cheikh Anta Diop naĂźt de Magatte Diop et de Massamba Sassoum Diop dans un petit village nommĂ© Caytou, l'Afrique occidentale française AOF n'a pas encore accouchĂ© du SĂ©nĂ©gal. Le continent tout entier est soumis Ă la domination coloniale impĂ©rialiste qui impose ses lois politiques, culturelles, sociales, Ă©conomiques et pĂ©dagogiques aux populations. [page] Le temps des grands empires et de la prospĂ©ritĂ© a Ă©tĂ© balayĂ© par les nĂ©griers arabes et europĂ©ens qui ont finalement cĂ©dĂ© leur place aux armĂ©es et aux Ă©tats majors europĂ©ens en quĂȘte de nouvelles richesses terrestres, au mĂ©pris total de toute forme d'humanisme. BartholomĂ© de las Casas. Pour maximiser les profits liĂ©s au commerce nĂ©grier et lĂ©gitimer leurs dĂ©cisions inhumaines, les intellectuels occidentaux, sous la houlette de l'ecclĂ©siastique BartholomĂ© de las Casas, avaient crĂ©e de toute piĂšce depuis le XVIIĂšme siĂšcle, le concept philosophique du nĂšgre sauvage » qu'ils s'efforçaient d'injecter dans les consciences populaires du nord et du sud, en usant de force physique, de dĂ©clarations racistes et de travaux pseudo-philosophiques et pseudo-scientifiques. La nature n'a dotĂ© le nĂšgre d'Afrique d'aucun sentiment qui ne s'Ă©lĂšve au-dessus de la niaiserie », peut-on lire sous la plume du philosophe allemand Emmanuel Kant 1724-1804 . De telles idĂ©es furent encore vĂ©hiculĂ©es massivement par Hume, Renan, Voltaire, Gobineau, Hegel... et relayĂ©es mĂ©diatiquement par des scientifiques Buffon, Cuvier... . Pour ces derniers, le nĂšgre reprĂ©sentait la plus dĂ©gradĂ©e des races humaines, dont les formes s'approchent le plus de la brute et dont l'intelligence ne s'est Ă©levĂ©e nulle part au point d'arriver Ă un gouvernement rĂ©gulier » Georges Cuvier, zoologiste français . Alors jeune Ă©tudiant, Cheikh Anta Diop va ĂȘtre confrontĂ© Ă ces idĂ©ologues xĂ©nophobes chargĂ©s de dĂ©former et d'atrophier dans les Ă©coles coloniales, les jeunes consciences africaines. [page] Un incident l'opposant Ă un enseignant français ouvertement raciste, M. Boyaud, a d'ailleurs laissĂ© des traces encore visibles aux Archives Nationales du SĂ©nĂ©gal, dans son dossier scolaire. Il s'agit d'une lettre datĂ©e du 7 aoĂ»t 1941, adressĂ© Ă l'inspecteur gĂ©nĂ©ral en charge de l'enseignement en et rĂ©digĂ©e par la direction du lycĂ©e Van Vollenhoven de Dakar. Ce courrier fait Ă©tat de relations conflictuelles Ă caractĂšre raciste, entre Mr C. Anta Diop et Mr M. Boyaud son professeur. NĂ©anmoins en 1945, il obtient finalement son Brevet de capacitĂ© coloniale » Ă©quivalent du bac en mathĂ©matiques juin 1945 et en philosophie octobre 1945 . Lire " Cheikh M'backĂ© Diop " ; Ă©d. PrĂ©sence africaine. Ouvrage d'oĂč sont issues les photos de cet article . Ce climat d'hostilitĂ© idĂ©ologique va progressivement aiguiser la curiositĂ© historiographique du jeune Diop car il constate que dans les rĂ©cits historiques distillĂ©s dans les Ă©coles du blanc », les peuples africains sont systĂ©matiquement dĂ©crits comme non civilisĂ©s, sans histoire d'oĂč l'Ă©thographie, Ă savoir l'histoire des peuples sans histoire et sans liens culturels entre eux. Mais il ne se destine pas encore au mĂ©tier d'historien puisque son rĂȘve est de devenir ingĂ©nieur en constructions aĂ©ronautiques. II - Sa formation scientifique et philosophique Ă Paris... En 1946, Cheikh Anta Diop entame ses Ă©tudes supĂ©rieures Ă Paris oĂč il s'inscrit aux cours de mathĂ©matiques au lycĂ©e Henri IV. [page] Mais dĂ©sireux de parfaire ses connaissances en philosophie, il s'inscrit Ă©galement Ă la Sorbonne tout en poursuivant ses travaux en linguistique. Il rencontre alors le professeur Henri Lhote, le dĂ©couvreur des fresques du Tassili, avec lequel il se lie d'amitiĂ©. TrĂšs occupĂ©, il se focalise sur sa licence de philosophie qu'il termine en 1948 et dĂšs 1949, sous la direction du cĂ©lĂšbre philosophe des sciences Gaston Bachelard, il intitule son premier projet de thĂšse de doctorat Ăšs-lettres L'avenir culturel de la pensĂ©e africaine ». En 1950, la FacultĂ© des sciences de Paris le distingue en lui remettant deux Certificats de chimie en Chimie GĂ©nĂ©rale et Chimie AppliquĂ©e . En 1951, sa thĂšse secondaire, qu'il peaufine sous la direction de Marcel Griaule le rĂ©vĂ©lateur du savoir scientifique des Dogons , devient Qu'Ă©taient les Ăgyptiens prĂ©dynastiques ». [page] Mais, les enjeux d'un tel travail Ă©tant bien Ă©videmment lourd de consĂ©quences pour les thĂšses coloniales, aucun jury acadĂ©mique n'accepta la responsabilitĂ© d'examiner officiellement son travail. Plus tard, il dira dans une interview qu'au moment oĂč l'impĂ©rialisme atteint son apogĂ©e, dans les temps modernes, en tout cas au XIXĂšme siĂšcle, l'Occident dĂ©couvre que c'est lâĂgypte et une Ăgypte noire qui a apportĂ© tous les Ă©lĂ©ments de la civilisation Ă l'Europe et cette vĂ©ritĂ©, il n'Ă©tait pas possible de l'exprimer, voilĂ la rĂ©alitĂ© ! [page] L'Occident, qui se croyait chargĂ© d'une mission civilisatrice en direction de l'Afrique, dĂ©couvre en fouillant dans le passĂ©, que c'est prĂ©cisĂ©ment cette Afrique Noire ... qui lui a donnĂ© tous les Ă©lĂ©ments de la civilisation aussi extraordinaire que cela puisse paraĂźtre. Et cette vĂ©ritĂ©, tous les savants n'Ă©taient pas disposĂ©s Ă l'exprimer ». Il en prend acte et publie en 1954 aux Ă©ditions PrĂ©sence Africaine alors dirigĂ©es par son ami Alioune Diop, un ouvrage dĂ©tonant qui prĂ©sente ses principales thĂ©matiques de recherches et qui assĂšne dĂšs sa sortie, un coup fatal Ă l'idĂ©ologie eurocentriste de la supĂ©rioritĂ© des peuples nordiques sur les autres espĂšces humaines en gĂ©nĂ©ral et des NĂšgres en particulier. Il s'agit de Nations NĂšgres et Culture, De l'antiquitĂ© nĂšgre Ă©gyptienne aux problĂšmes culturels de l'Afrique noire d'aujourd'hui », dans lequel il fait la dĂ©monstration Ă©clatante non seulement de sa puissance de rĂ©flexion mais aussi des ruses et astuces utilisĂ©es par les plus grands spĂ©cialistes mondiaux en matiĂšre de falsification historique. " Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx " ; ThĂ©ophile Obenga ; Ă©d. Khepera/PrĂ©sence Africaine . [page] L'ouvrage est si avant-gardiste que les intellectuels nĂšgres, tous dĂ©sireux de ne pas se mettre Ă dos l'establishment intellectuel français, vont donc donner leur langue au... maĂźtre blanc. Seul AimĂ© CĂ©saire, dans un ouvrage qui restera Ă jamais comme la plus grande condamnation de l'impĂ©rialisme europĂ©en, Ă savoir Discours sur le colonialisme » Ă©crira en 1955 qu'il s'agit du livre le plus audacieux qu'un nĂšgre ait jamais Ă©crit » et qu'il comptera Ă ne pas douter dans le rĂ©veil de l'Afrique ». Question Avant les annĂ©es 2010, combien de familles panafricaines possĂ©daient chez elles ces deux ouvrages ? Trop peu ! les choses changent enfin et nous en sommes ravis [page] Nations nĂšgres et culture » faisait suite Ă la publication en 1948, d'une premiĂšre Ă©tude intitulĂ©e Ătude linguistique wolof, Origine de la langue et de la race valaf », publiĂ© dĂ©jĂ par Cheikh Anta Diop dans la revue PrĂ©sence africaine. Ce dernier va alors se spĂ©cialiser en chimie et en physique nuclĂ©aire au Laboratoire Curie de l'Institut du radium, sous la direction du prix Nobel de Chimie FrĂ©dĂ©ric Joliot-Curie. En 1956, il se rĂ©inscrit en thĂšse dâĂtat de Lettres et soutien finalement en 1960 Ă la Sorbonne, sous la direction du professeur AndrĂ© Leroi-Gourhan professeur au CollĂšge de France , assistĂ© de AndrĂ© Aymar prĂ©sident du jury, spĂ©cialiste de l'antiquitĂ© grecque, doyen de la facultĂ© des Lettres , Roger Bastide Sociologue , Hubert Deschamps ethnologue et Georges Balandier Africaniste deux thĂšses pendant prĂšs de 6 heures Ătude comparĂ©e des systĂšmes politiques et sociaux de l'Europe et de l'Afrique Noire, de l'AntiquitĂ© Ă la formation des Etats modernes, thĂšse principale . [page] Domaines du patriarcat et du matriarcat dans l'AntiquitĂ© classique, thĂšse secondaire . Une foule immense se dĂ©place pour suivre en direct les dĂ©bats, sans oublier les mĂ©dia qui ne manquent pas de recueillir les avis enthousiastes » du jury et du jeune diplĂŽmĂ©. Ce dernier dĂ©clare alors Ă la Radiodiffusion d'Outre-Mer j'ai voulu dĂ©gager d'une façon gĂ©nĂ©rale, l'unitĂ© culturelle africaine et d'un autre cĂŽtĂ©, animer l'histoire de tout le continent sur une pĂ©riode de 2000 ans au moins ». Il ne manque pas non plus, de confirmer son dĂ©sir de rentrer au pays pour servir au dĂ©veloppement gĂ©nĂ©ral du continent. Le PrĂ©sident de sĂ©ance, Mr AndrĂ© Aymar, concĂšde Ă son tour Votre Ćuvre, Ćuvre d'une pensĂ©e africaine est pour nous dans son ensemble, un travail prĂ©cieux qu'on lit avec vif intĂ©rĂȘt ». Akhenaton et Nefertiti musĂ©e de Neues, Berlin . [page] Conscient du danger » intellectuel que reprĂ©sente Cheikh Anta Diop pour les idĂ©aux coloniaux français, le jury lui dĂ©cerne la mention Honorable » et non pas TrĂšs Honorable », ce qui lui interdira d'accĂ©der au poste d'enseignant universitaire. Au SĂ©nĂ©gal, le prĂ©sident Senghor se chargea par la suite de veiller personnellement pour la France, Ă ce que Diop n'enseigne jamais aucune matiĂšre. Chose qui finira nĂ©anmoins par arriver aprĂšs son dĂ©part du pouvoir en 1981. III - Le combat scientifique contre la falsification de l'histoire de l'Afrique et la victoire Ă©clatante... Chercheur averti et grand milit.